Tous les résultats
Publicité

Un patineur québécois réussit un exploit unique en se qualifiant pour la première Coupe du monde de sa carrière à l’âge de 28 ans

Photo Bartlema Photographie
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2025-01-10T21:20:51Z

Partager

Moins d’un an après avoir jonglé sérieusement avec l’idée d’accrocher ses longues lames au clou de la retraite, le patineur de vitesse Antoine Roger, dans un renversement de situation complètement inattendu, a réussi un exploit unique en se qualifiant pour une Coupe du monde pour la première fois de sa carrière à l’âge de 28 ans.

«C’est un cas unique, a résumé le directeur général de Patinage de vitesse Québec Robert Dubreuil, qui est un véritable historien de son sport. On n’a pas d’autres exemples de ce genre. C’est très surprenant. Il a connu une énorme amélioration.»

Au cœur de sa maîtrise en économie, Roger a reçu une invitation inattendue en mai dernier, qui a transformé la tangente de sa carrière. Au lieu de possiblement remiser ses patins, il a accepté l’offre de l’entraîneur-chef Gregor Jelonek de se joindre à l’équipe nationale comme partenaire d’entraînement des sprinters Laurent Dubreuil, Christopher Fiola et Cédrick Brunet.

«Je pensais à la retraite, mais j’ai décidé de prolonger ma carrière d’un an en me disant que j’allais vivre une belle expérience, a-t-il expliqué. Cette décision d’accepter l’offre de Gregor a plutôt propulsé ma carrière. J’ai eu l’opportunité de passer un été d’entraînement avec des patineurs de haut niveau et d’être plus encadré. Je me suis entraîné fort et tous ces facteurs m’ont permis de débloquer. J’ai pris une coche sur les plans technique et physique.»

Publicité

«J’ai été le chercher pour aider le groupe, mais ce fut payant pour lui, renchérit Jelonek. Il a connu la meilleure saison de sa carrière. C’est évidemment une surprise qu’il se soit qualifié pour la Coupe du monde.»

Un record personnel par près d’une seconde

En vertu de sa quatrième place aux Essais nationaux à l’Ovale olympique au début janvier sur 500 m, Roger a obtenu son billet pour la Coupe du monde de Calgary du 24 au 26 janvier.

Roger a réalisé le meilleur chrono de sa carrière au moment où ça comptait le plus. «J’ai réussi une course quasi parfaite, a-t-il résumé. Pour la première fois de ma vie, j’ai patiné sous les 35 secondes. Si quelqu’un m’avait dit avant de partir que je réussirais un temps de 34 s 8, je lui aurais demandé s’il était malade et d’oublier ça.»

Le patineur de 28 ans a retranché près d’une seconde à son record personnel, ce qui est énorme. Il avait réalisé son meilleur temps de 35 s 72 il y a cinq ans.

«Après ma course, j’ai immédiatement appelé mes parents, a-t-il souligné. Quand je leur ai dit que j’avais fait un temps dans les 34 s, ils ont fait le saut. Ils m’appuient depuis très longtemps. Compte tenu que les résultats n’étaient pas au rendez-vous, il aurait été facile pour eux de me dire de passer à autre chose et que c’était assez, le patin.»

Il patinera sur la scène internationale pour la première fois depuis 2016, alors qu’il s’était qualifié pour le Championnat mondial junior en compagnie notamment de Fiola. Depuis ce fait d’armes, plus rien et aucune sélection sur l’équipe nationale.

En rentrant de Calgary, il a dû contacter son employeur afin qu’il modifie son horaire. Un deuxième voyage dans l’Ouest n’était évidemment pas dans les plans.

La retraite n’est plus dans les plans

Très fébrile à l’idée de vivre son baptême de la Coupe du monde, le patineur de 28 ans en veut plus. «Ça me donne des ailes en prévision des sélections olympiques de Milan Cortina, qui auront lieu à Québec en janvier prochain. Après Calgary, la prochaine étape sera d’assurer ma place sur l’équipe canadienne lors de la dernière Coupe Canada en mars. À 28 ans, je pourrais me retrouver sur l’équipe Next Gen et obtenir un brevet de Sport Canada pour la première fois. J’espère que mon histoire va motiver des jeunes au début de la vingtaine à ne pas abandonner. Ça débloque à un moment donné.»

Publicité
Publicité