Le projet d’accord entre l’Iran et les États-Unis pourrait ramener les deux parties et le monde entier pratiquement au même point qu’avant les frappes israélo-américaines de fin février, croit un expert en politique internationale.
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« Ce qui est assez fascinant dans l’idée qu’il pourrait y avoir un accord, c’est que Trump ne parle que [de] toutes les concessions que ferait l’Iran. Mais s’il y une négo, oublions l’idée d’une reddition inconditionnelle puis de défaire le régime, s’il y a une négo, on n’imagine pas les Iraniens ne pas avoir quelques demandes. En échange de quoi ils vont lever le blocus ? », s’est interrogé Guillaume Lavoie, membre associé à la chaire Raoul-Dandurand, en entrevue à LCN, vendredi.
Selon plusieurs observateurs, Téhéran toucherait environ 24 milliards de dollars en avoirs gelés à l’étranger.
Si le montant du « chèque » fait l’objet de spéculations, c’est aussi le cas pour le moment où cette somme sera versée.
« Il n’y a pas de confiance mutuelle importante entre les deux. Imaginez si vous pensez que je suis un tricheur absolument de mauvaise foi et que vous me donnez tout mon chèque le jour un ; là, vous n’avez plus de marge de manœuvre », souligne Guillaume Lavoie.
« Est-ce qu’ils vont l’avoir par petites gouttes ? Mais ce qui circule, c’est dès qu’ils ouvrent le détroit, arrive un énorme chèque. Et les autres questions – le Liban, le nucléaire et autres – il y a une petite clause en bas qui dit : “on s’entend qu’on s’entend pour en parler plus tard” », ajoute-t-il.

La priorité de Donald Trump ne pourrait être plus claire : l’Iran doit rouvrir le détroit d’Ormuz. Et le reste demeure secondaire, croit le membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand.
« Si demain matin le détroit rouvre, on est exactement où on était au 27 février dernier, à la différence que les Iraniens ont 24 milliards de dollars de plus dans leurs poches. Alors ce n’est pas exactement le grand négociateur », résume-t-il.
Selon ce dernier, les demandes américaines sont constamment revues à la baisse depuis le début du conflit.
« Au début, c’est : le régime, c’est terminé. Ensuite, c’est : on ne négocie pas, ce sera une reddition inconditionnelle. Ensuite, c’est le nucléaire et rien d’autre. Ensuite, c’est d’abord le détroit. Si vous êtes de l’autre côté de l’équation, vous dites : plus j’attends, moins il est exigeant. C’est un peu la lecture que font les Iraniens », clame Guillaume Lavoie.
Promesse tiède sur le nucléaire
Selon les fuites d’informations dans les médias, l’Iran pourrait accepter de cesser le développement de l’arme nucléaire pour une période de 60 jours.
« Ce n’est pas une promesse qui engage beaucoup, puisque c’est quelque chose qu’on envisage sur des années », affirme le spécialiste de la politique internationale.
Le conflit actuel a par ailleurs démontré que l’Iran était en mesure de se défendre et de résister aux attaques de Washington et Jérusalem sans avoir recours à l’arme nucléaire.
« L’Iran d’être capable de bloquer le détroit, d’avoir bombardé les pays arabes au pourtour avec des missiles de faible qualité – mais en nombre, ça compte – avec des drones de faible qualité – certains avec des ailes en contreplaqué – mais en très grand nombre, et capables de terroriser les voisins et le commerce », soutient Guillaume Lavoie.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
