Un organisme soutenant les hommes croit qu'il y aura un «effet Price»
Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles
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La situation du gardien de but du Canadien de Montréal Carey Price risque d'avoir un effet d'entraînement chez les hommes qui vivent des problèmes de santé mentale ou de détresse.
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Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le directeur général du Centre de ressources pour hommes Optimum, Sébastien Ouellet, en est persuadé. Il juge que Carey Price démontre son côté humain même s’il a toujours été perçu comme étant imperturbable.
«Le gardien de but, c'est probablement le rôle où on a le plus de pression, a dit M. Ouellet, vendredi. Où toutes les erreurs aboutissent en buts. Donc, c'est quelqu'un qui n'a pas droit à l'erreur. On parle du gardien de but du Canadien de Montréal qui est un monument, surtout quelqu'un qui avait la réputation d'être très stoïque. On peut dire: "il y a plein de problèmes dans cette équipe-là" ou on peut dire que les gens se donnent le droit d'être humains.»
En allant chercher de l'aide, le numéro 31 de la Sainte-Flanelle devient un exemple, selon lui.
«Ça donne une tribune à la demande d'aide parce que c'est un tabou la demande d'aide chez les hommes. La position que la famille Price a prise, c'est de dire: "regardez, nous autres aussi on a le droit d'avoir de l'aide. On est des privilégiés dans la société, mais on a aussi le devoir de dire c'est important d'aller chercher de l'aide".»
M. Ouellet s'attend donc à voir l'«effet Price», car des hommes se référaient déjà au cas de Jonathan Drouin, qui a pris une pause de hockey l'hiver dernier pour traiter ses problèmes d'anxiété et d'insomnie.
«Dans les groupes qui étaient ensemble, on en a parlé de Jonathan Drouin. [Les hommes] disaient: "ça n'a pas de bon sens, on n'avait jamais pensé cela, des athlètes du Canadien". Carey Price va avoir le même effet.»
Des félicitations
Le directeur général d'Optimum félicite le gardien vedette d’avoir brisé le silence sur sa situation.
«On ne peut pas être inquiet pour Carey Price parce que le pire est fait. Il est sorti. Il a dit: "j'ai besoin d'aide". C'est toujours le moment le plus difficile et c'est la même affaire avec les hommes qui viennent chez nous.»
Un sondage mené en 2018 pour un regroupement de ressources démontrait que 25 % des hommes constataient avoir des signes de détresse. Et parmi eux, seulement 10 % avaient l'impression de devoir obtenir du soutien.
«L'image qu'on utilise avec les gars, c'est quand le "check engine" est allumé, il y en a beaucoup qui mettent un "tape" sur le "check engine" pour ne pas le voir dans l'auto. Mais à un moment donné, le problème il ressort plus fort.»
C’est pour cela qu’il invite ceux qui ont l’impression de vivre une difficulté de faire un pas en avant. «Vous avez une petite intuition? Il y a peut-être de quoi qui cloche? Eh bien, appelez.»
Le CH sera-t-il proactif?
M. Ouellet espère aussi que le Canadien de Montréal jouera un rôle social pour convaincre les hommes qui vivent la même situation que le gardien étoile de demander de l'aide.
Le Centre de ressources pour hommes Optimum, qui compte trois points de services au Lac-Saint-Jean, a soutenu environ 300 hommes l’an dernier. Cette année, le nombre de personnes aidées pourrait atteindre les 400.