La nouvelle — et unique — voix de l’opposition à Lévis entend jouer un rôle actif au conseil municipal, d’autant plus que son parti se qualifie pour la constitution d’un cabinet.
Seul élu de Repensons Lévis, Serge Bonin pourra néanmoins compter sur des moyens dont aucune autre opposition n’a pu bénéficier depuis au moins huit ans à Lévis.
Le jeune parti est allé chercher 20,5 % des voix à la mairie et près de 35 % dans l’ensemble des districts, dépassant le seuil de 20 % requis pour permettre la formation d’un cabinet.
Tout indique qu’il pourra réclamer le tiers des crédits alloués aux partis par la Ville et ainsi embaucher du personnel, comme un directeur de cabinet, des agents de recherche ou un attaché de presse. Il aura aussi droit à un bureau.
« On va être outillé pour exercer notre rôle le mieux possible », se réjouit M. Bonin, qui a délogé par 72 voix le président de la Société de transport de Lévis, Mario Fortier, dans le district de Saint-Étienne.
La formation du maire Gilles Lehouillier, elle, recevra les deux tiers de l’enveloppe, qui n’est pas connue encore. À titre de comparaison, son cabinet avait une rémunération globale de 457 000 $ en 2019.
« Je suis ravi que la démocratie recommence à vivre », s’exclame M. Bonin, en référence aux dernières années où Lévis Force 10 régnait sans partage à la table du conseil.
« Fouiller »
Le comédien et directeur de la Chaire publique AELIÉS n’a aucune intention de faire de l’opposition systématique, mais s’engage à « fouiller » et à « poser des questions ».
« C’est important qu’il y ait ce regard critique là », dit-il. Il entend parler au nom des gens de Saint-Étienne, mais aussi de tous les électeurs de Repensons Lévis à travers la ville.
« Je vais demander le vote si j’ai à le demander. Ça va me faire plaisir juste d’exercer la démocratie, même si je suis conscient que je risque de tous les perdre », lance-t-il, au fait aussi des difficultés inhérentes à son statut très minoritaire.
Porte-parole
L’un de ses chevaux de bataille sera d’assurer une meilleure écoute des citoyens.
« Je me considère comme le porte-parole de la voix citoyenne qui a envie de ne pas juste rester aveugle devant l’administration, mais au moins de savoir ce qui se passe », résume-t-il.
Gilles Lehouillier a rencontré le nouveau venu cette semaine. Il parle d’une réunion « très cordiale » où il lui a offert « des fonctions », qui seront dévoilées ultérieurement.
M. Bonin a obtenu la garantie que cela ne remettrait pas en question son affiliation avec Repensons Lévis, qui lui tient à cœur.
« L’important, c’est de respecter la démocratie et de travailler ensemble », souhaite M. Lehouillier.
♦ De son côté, Elhadji Mamadou Diarra demeure chef de Repensons Lévis, même s’il a perdu à la mairie.
Qui est Serge Bonin ?
- Sera assermenté demain à titre de conseiller municipal de Saint-Étienne
- Élu avec 50,42 % du vote
- 45 ans et résident de Saint-Étienne
- Comédien à temps plein pendant une dizaine d’années, il est aujourd’hui directeur de la Chaire publique AELIÉS à l’Université Laval
- Candidat péquiste dans Chutes-de-la-Chaudière lors de l’élection provinciale de 2018
- Est aussi narrateur pour divers projets (publicités, vidéos corporatives, etc.)

