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Un opposant russe renommé visé par une enquête pour «fausses informations» sur l'armée

Agence France-Presse

2022-04-22T11:18:19Z
2022-04-22T19:17:20Z

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L'opposant russe Vladimir Kara-Mourza, féroce détracteur du Kremlin, a été placé vendredi en détention provisoire jusqu'en juin dans le cadre d'une enquête pour «fausses informations» sur les activités de l'armée en Ukraine, selon son avocat.

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Un tribunal de Moscou «a envoyé Vladimir Kara-Mourza en détention jusqu'au 12 juin», a déclaré l'avocat Vadim Prokhorov dans un communiqué publié sur Facebook.

Le tribunal a confirmé cette mesure dans un communiqué publié par les agences de presse russes.

Dans la matinée, Vadim Prokhorov avait annoncé que M. Kara-Mourza était interrogé par le puissant Comité d'enquête russe dans le cadre d'une investigation pour diffusion de «fausses informations» sur l'armée.

La diffusion de «fausses informations sur l'emploi des forces armées russes» est passible en Russie de 15 ans de prison, en vertu d'un nouvel article du Code pénal adopté début mars par les autorités russes.

Les autorités ont renforcé leur arsenal juridique pour contrôler la communication sur l'opération militaire en Ukraine. D'autres enquêtes similaires ont été ouvertes contre des critiques du conflit.

Utiliser les mots «guerre» ou «invasion» pour décrire l'intervention en Ukraine suffit pour être poursuivi.

M. Kara-Mourza, 40 ans, a plusieurs fois critiqué l'intervention militaire ces dernières semaines, notamment sur les réseaux sociaux.

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Avant même son placement en détention provisoire, il se trouvait derrière les barreaux après avoir été condamné, le 12 avril, à 15 jours de prison pour «insoumission aux forces de l'ordre».

Cet ancien journaliste était proche de l'opposant Boris Nemtsov, assassiné non loin du Kremlin en 2015. Il a également travaillé pour les organisations de Mikhaïl Khodorkovski, un ex-oligarque russe devenu détracteur de Vladimir Poutine.

M. Kara-Mourza, qui est l'un des derniers opposants d'envergure vivant en Russie, affirme avoir été empoisonné à deux reprises, en 2015 et en 2017, en raison de ses activités politiques.

Outre ses ennuis judiciaires, M. Kara-Mourza a été placé vendredi sur la liste des «agents de l'étranger», une désignation infamante qui rappelle celle d'«ennemi du peuple» sous l'Union soviétique.

Le statut d'«agent de l'étranger» oblige les personnes et organisations visées à se présenter comme telles dans toutes leurs publications et à se plier à de fastidieuses démarches administratives, sous peine de sanctions en cas de manquement.

Outre M. Kara-Mourza, plusieurs personnalités, dont Alexeï Venediktov, ancien rédacteur en chef de la célèbre radio indépendante Ekho Moskvy (Écho de Moscou), et un lieutenant de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, Léonid Volkov, ont été placés vendredi sur cette liste publiée sur le site du ministère de la Justice.

MM. Kara-Mourza et Volkov sont présentés sur cette liste comme étant des «agents» menant des «activités politiques» au service de l'Ukraine.

La répression du gouvernement russe, déjà forte avant l'intervention en Ukraine, s'est considérablement durcie après celle-ci, avec notamment la fermeture de la plupart des médias indépendants et d'ONG, ainsi que le blocage de plusieurs réseaux sociaux, comme Facebook, Instagram et Twitter.

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