L'Allemagne se prépare à un nouveau tour de vis contre la COVID-19
Agence France-Presse
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Les autorités allemandes s’apprêtent lundi à donner un nouveau tour de vis pour contrer la troisième vague de COVID-19, au risque de plonger un peu plus le pays dans le marasme et de nourrir la grogne.
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Angela Merkel et les régions allemandes se retrouvent à cette occasion pour une nouvelle réunion sur la stratégie anti-pandémie.
Mais alors qu’elle devait être consacrée il y a quelques semaines encore à de nouveaux assouplissements du confinement partiel, l’ordre du jour a complètement changé face à la propagation du variant britannique du virus.

Dans un document préparatoire à la rencontre, rédigé par plusieurs États régionaux et obtenu dimanche par l’AFP, il est demandé que toutes les restrictions et fermetures en vigueur dans le pays, en théorie jusqu’à fin mars, soient « prolongées » en avril. La date exacte devant être déterminée lundi.
Le document parle d’une « dynamique exponentielle » des infections.
Freinage d’urgence
Cette prolongation paraît désormais acquise, car la chancelière s’est elle-même déjà prononcée en ce sens.
Le taux d’incidence national est en effet passé dimanche au-dessus du seuil symbolique de 100 (à 103,9), qui déclenche des « freins d’urgences », à savoir de nouvelles restrictions au niveau local ou annulations d’assouplissements récemment décrétées.
« Nous allons malheureusement devoir utiliser ces freins », a prévenu vendredi Angela Merkel.
En trois semaines, la donne a complètement changé en Allemagne, « bonne élève » européenne de la gestion pandémique au printemps dernier et désormais menacée d’être submergée par une troisième vague.
Les réouvertures envisagées le 4 avril dans la restauration en plein air ou de lieux culturels et sportifs notamment, paraissent désormais des perspectives très lointaines.
Sans attendre, la ville de Hambourg, a décidé vendredi de revenir sur les assouplissements décidés début mars et les réouvertures annoncées de zoos, musées ou de certains commerces.

Des districts du Land du Brandebourg, qui entoure Berlin, un des plus touchés par la pandémie, devraient emprunter la même voie.
« Il est tout à fait possible que nous ayons à Pâques une situation similaire à celle que nous avons connue avant Noël, avec un nombre très élevé de cas, de nombreux cas graves et de décès, et des hôpitaux débordés », prévient Lars Schaade, de l’institut de veille sanitaire RKI.
L’Allemagne table sur la montée en puissance de sa campagne de vaccination pour stopper cette dynamique. Les vaccinations avec le vaccin AstraZeneca ont ainsi repris vendredi, après quatre jours d’interruption, et plus de 7 millions de personnes ont au moins reçu une dose, soit moins de 10% de la population.
120 000 magasins menacés
Mais « une analyse honnête de la situation montre qu’il n’y a pas encore assez de vaccins en Europe pour arrêter la troisième vague par la seule vaccination », admet le ministre de la Santé, Jens Spahn.
C’est lorsque les groupes à risques seront vaccinés « que nous pourrons parler d’ouvertures plus larges de la société », prévient-il.
« Vous pouvez le tourner comme vous voulez, nous devons revenir au verrouillage », assène Karl Lauterbach, expert sanitaire du parti social-démocrate.
Mais comme ailleurs en Europe, l’usure de la population et des secteurs économique et culturel se fait sentir un an après les premières fermetures provoquées par la pandémie.
Si les fermetures d’une grande partie des magasins perdurent, quelque 120 000 d’entre eux pourraient ainsi disparaître, estime l’Association allemande du commerce de détail.
Le monde de la culture appelle lui aussi à l’aide ou tente de proposer des protocoles permettant de rouvrir des lieux. Une dizaine de grandes scènes berlinoises ont ainsi entamé vendredi un projet-pilote permettant de faire des représentations devant un public préalablement testé.
La popularité de la chancelière et surtout de son parti conservateur, plombé par des scandales d’enrichissement de députés grâce à des achats de masques, en pâtit.
La victoire de la droite aux élections de septembre, qui semblait acquise, n’est ainsi plus du tout assurée, selon de récents sondages.
Les manifestations d’opposants aux restrictions sont elles de plus en plus violentes, à l’image d’un rassemblement organisé samedi à Cassel, dans le centre de l’Allemagne, émaillé d’incidents avec la police.

Plusieurs régions allemandes plaident pour une prolongation des restrictions
Plusieurs régions allemandes plaident pour une prolongation des restrictions anti-COVID en place actuellement dans le pays en raison de la troisième vague de la pandémie, selon un document obtenu dimanche par l’AFP.
En raison de « la dynamique actuelle de l’infection accélérée par les variants de la COVID-19 », il est nécessaire que le pays « prolonge » jusqu’à une date encore à déterminer précisément en avril toutes les restrictions de déplacement en vigueur, souligne ce document, préparé en vue d’une réunion prévue lundi sur le sujet entre la chancelière et les régions allemandes.
Angela Merkel a déjà fait savoir vendredi qu’elle entendait elle-même prolonger, voire durcir les restrictions anti-COVID en place actuellement en Allemagne en raison de la troisième vague de la pandémie. Celles-ci sont actuellement programmées jusqu’à la fin mars.
Le taux d’incidence sur les 7 derniers jours et pour 100 000 habitants a dépassé dimanche la marque symbolique de 100 à l’échelle du pays, à 103,9, selon l’institut de veille sanitaire Robert Koch. Un seuil qui en principe doit déclencher de nouvelles restrictions.
Le document préparatoire stipule que « les contacts à l’intérieur » de bâtiments « doivent être évités dans la mesure du possible en raison du risque accru d’infection ».
Dans les entreprises, une large part de travail à domicile reste indispensable et « au moins deux tests rapides par semaine » pourront être menés pour les salariés devant se rendre sur leur lieu de travail.
Le projet ouvre la possibilité dans des régions de tester des « modèles temporaires » pour « ouvrir des espaces individuels de la vie publique », en fixant comme critères d’accès des « résultats de test négatifs » et le suivi informatique des contacts.
Les voyages transfrontaliers doivent eux continuer à « être limités au strict minimum », en devant être combinés à une mise en quarantaine et à une obligation de test avant le retour en Allemagne.
Le gouvernement Merkel a appelé mercredi les Allemands à être « responsables » en période pandémique et à ne pas se rendre dans la très prisée île espagnole de Majorque lors des congés de Pâques, malgré l’affrètement de nombreux vols.