Un nouveau départ pour le prometteur espoir Jérémy Pilon


Benoît Rioux
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En même temps que les Rays de Tampa Bay retrouvent leur site d’entraînement, à Port Charlotte, c’est la carrière professionnelle du jeune lanceur gaucher Jérémy Pilon qui prendra réellement son envol dans le baseball professionnel en 2024.
Si les installations du Charlotte Sports Park avaient été ravagées par l’ouragan Ian, en septembre 2022, Pilon a lui-même traversé une tempête en subissant, en mai dernier, une intervention chirurgicale visant à déplacer son nerf ulnaire au niveau de son coude gauche. Dans un cas comme dans l’autre, les réparations sont achevées.
Avant même le début des camps d’entraînement dans le baseball majeur, plus tard ce mois-ci, le Québécois de 18 ans a déjà effectué un séjour préliminaire en Floride, à la mi-janvier, afin de réconforter les Rays.
«L’objectif était de prouver que mon nom allait pouvoir être retiré de la liste des joueurs devant suivre un programme de réadaptation», a résumé Pilon.

Âgé de 18 ans, l’artilleur originaire de Salaberry-de-Valleyfield est fin prêt, ayant quitté le Québec pour la Floride, le week-end dernier.
Aucune douleur
Preuve que les Rays croient énormément au potentiel du Québécois, ils savaient très bien que Pilon venait d’être opéré lorsqu’ils l’ont sélectionné, en 18e ronde, lors du repêchage de juillet 2023. Cela a été le point culminant d’une année fertile en émotions pour le lanceur gaucher.
«Malgré l’intervention chirurgicale, ç’a été une année extraordinaire, a estimé Pilon. J’ai eu la chance d’aller m’entraîner en Arizona avec Éric Gagné, puis après l’opération, lorsque j’ai été repêché par les Rays, c’était complètement fou! C’est une journée que je ne vais jamais oublier.»
Comme c’est parfois le cas au baseball, Pilon avait d’abord été repêché une première fois, en 2022, par les Blue Jays de Toronto. Il n’avait toutefois pas été en mesure de s’entendre avec l’équipe concernant une prime d’engagement. À 16 ans, le lanceur ne se sentait pas non plus prêt à faire le saut.
Chez les Rays, le gaucher, qui fait maintenant 6 pi. 1 po et 220 livres, attend désormais avec impatience la prochaine saison de baseball. Il voudra alors prouver à la formation floridienne qu’elle ne s’est pas trompée en misant sur lui.

«Je peux maintenant lancer sur une longue distance sans ressentir aucune douleur, a précisé Pilon, convaincu de pouvoir retrouver sa balle rapide de 94 milles à l’heure au cours de la prochaine campagne. Il faut être prudent et je ne connais pas encore le plan précis, mais je vais certainement pouvoir disputer des matchs, cette année.»
Gravir les échelons
En raison de son jeune âge, Pilon devine qu’il devra inévitablement commencer son parcours avec les recrues, dans la Florida Complex League. Il aimerait toutefois imiter un autre espoir des Rays, soit le lanceur Gary Gill Hill.
Après avoir été repêché en 2022 en provenance d’une école secondaire de la région New York, celui-ci a joué avec les recrues, l’an dernier, avant d’obtenir un court séjour avec les RiverDogs de Charleston, au niveau A. S’il doit identifier un objectif pour cette saison, Pilon espère suivre un cheminement semblable.
Même s’il n’était pas en mesure de lancer, Pilon a déjà fait connaissance avec le monde du baseball professionnel, l’an dernier. Il s’est notamment entraîné physiquement avec les recrues de l’équipe, à Sarasota, au complexe que les Orioles de Baltimore ont bien voulu partager temporairement avec les Rays.
À la prochaine Classique mondiale?
Pour la nouvelle saison, Pilon ne demande pas mieux que de fouler le monticule durant des parties, possiblement vers la fin du mois de mars. Ainsi pourra s’amorcer plus concrètement son parcours chez les pros. S’il souhaite naturellement percer la formation des Rays dans quelques années, le Québécois avoue qu’il a aussi un autre objectif en tête : représenter le Canada à la prochaine Classique mondiale de baseball, en 2026.
«En 2023, il y a Mitch Bratt qui a représenté le Canada à 19 ans. Moi, en 2026, j’aurai 20 ans donc, je crois que c’est possible», a affirmé Pilon, avec confiance.