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Un moment qui ne s'achète pas à l'UFC 300

Photo portrait de Anthony Martineau

Anthony Martineau

2024-04-15T18:24:06Z

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Avance rapide.

J’ai 75 ans. Je suis un ancien journaliste maintenant retraité depuis 10 ans.

Je profite d’un moment de quiétude à mon chalet, sur le bord du lac.

Le silence m’inspire et me donne envie de replonger dans mes souvenirs. Je me repasse les événements sportifs les plus marquants que j’ai couvert au fil de mes quelques 50 ans de carrière.

Je lance alors à voix haute, avec un grand sourire :

«L’UFC 300, en 2024. C’était fou! Ce K.-O. de Max Holloway. Et cette fameuse entrevue...»

Le monde entier débarque à Vegas

Je n’ai pas 75 ans. J’en ai 29. Et je suis encore loin de la retraite.

Mais la mise en situation que vous venez de lire n’est là que pour vous illustrer à quel point les derniers jours auront été mémorables, pour l’amateur de sport et ancien boxeur que je suis. Je ne les oublierai jamais.

Dès mon arrivée à Vegas, mercredi, j’ai senti que la soirée de samedi s’annonçait spéciale.

Des gens de partout à travers le monde avaient fait le chemin vers la capitale du jeu spécifiquement pour l’UFC 300. Ils arboraient non seulement les couleurs de leur pays, mais aussi des items à l’effigie de l’UFC. Et nous étions encore à plus de 72 heures du plat de résistance...

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J’ai discuté avec des Slovaques, des Anglais, des Italiens, des Brésiliens, des Chinois. Tous avaient une prédiction pour l’un ou l’autre des combats. Tous étaient également très excités. Mais peut-on vraiment les blâmer?

Trois ceintures en jeu dans le cadre de la carte principale. Six champions ou ex-champions se faisant face à l’occasion des trois derniers combats de la soirée. Tout ça sans compter la qualité des pugilistes performant lors des combats préliminaires.

Parmi les 26 combattants prenant part au gala, 20 figuraient parmi le top 15 de leur division. 12 détenaient des ceintures ou en avaient déjà détenu une. Du jamais-vu.

Un K.-O. d'anthologie...

Le président de l’UFC Dana White avait souvent, ces dernières semaines, qualifié l’UFC 300 de «plus grande carte de l’histoire». Il promettait un spectacle «divertissant au possible».

Des propos pas trop surprenants dans le contexte où le bon Dana doit vendre son produit, me direz-vous.

Mais l'affaire, c'est que tout ce que le grand Manitou de l'UFC s'était risqué à dire s'est matérialisé. Et pas à peu près.

Du sanglant combat du recordman Jim Miller, en passant par la spectaculaire victoire de la double-championne olympique Kayla Harrison face à Holly Holm, l’action a été au rendez-vous de la première à la dernière seconde des combats préliminaires.

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Et le meilleur restait à venir lors de la carte principale...

L’espace me manque pour vous résumer en détails les belles victoires de Zhang Weili et d’Alex Pereira (dès le premier round!), mais de toute façon, c’est l’aussi improbable que percutant K.-O. de Max Holloway sur Justin Gaethje qui aura (j’ai envie de dire «à jamais») marqué les esprits.

Déjà largement en avance sur les cartes des juges dans ce combat pour la ceinture du «plus mauvais garçon», l’Américain a, pour le spectacle, risqué sa victoire en invitant Gaethje à «valser» au centre de l’octogone pour les dix dernières secondes de l’affrontement.

Alors que les coups pleuvaient, une violente droite d’Holloway a fini par «fermer les lumières» de Gaethje... à la toute dernière seconde (littéralement!) de la fin de leur duel. Une fin hors de tout doute digne du type de ceinture pour lequel les deux pugilistes se battaient. Une fin que l’on reverra pendant des années.

...et une entrevue qui ne s'oublie pas

Sur le plan personnel, j'aurai pour toujours en tête le fait que Max Holloway et l’organisation de l’UFC aient décidé de m’accorder la première entrevue du champion, à peine quelques minutes après son sacre.

Alors que des médias de partout à travers le monde étaient sur place et attendaient leur tour, c’est à TVA Sports qu’est revenu l’honneur de récolter les premiers commentaires de la coqueluche de la soirée. Et pas n'importe comment.

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«Suis-moi», m’a indiqué l’un des représentants de l’UFC dès le moment où Holloway venait de regagner son vestiaire.

Il faut comprendre que l’organisation est excessivement stricte en ce qui a trait aux déplacements dans les corridors des amphithéâtres où elle tient ses événements.

Tous les membres de la presse reçoivent un emplacement auquel ils doivent se coller pour la soirée en entier. Toutes les entrevues doivent se faire depuis cet endroit.

Les journalistes doivent carrément (je vous le jure) être escortés pour toute visite à la salle de bain.

Vous comprenez maintenant pourquoi cette invitation à me diriger vers le vestiaire du champion m’a renversé...

En sortant de la pièce, ceinture sur l'épaule, Holloway, avec qui j’avais discuté la veille, m’a accueilli en souriant, puis l’entretien s’est mis en branle.

Ce genre de moment ne s’achète pas, surtout en cette ère où la course à l'information et aux entretiens n'a jamais été aussi intense. 

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Il y a quelques heures, l’UFC a annoncé avoir réalisé, dans le cadre de son gala de samedi, plus d’un million de ventes «pay per view» à la télé à la carte. Une première depuis 2018.

Les ventes aux tourniquets auront aussi généré plus de 16,5M$, le troisième plus haut total de l’histoire de l’organisation, mais le plus haut pour un événement n’impliquant pas le légendaire Conor McGregor.

Des chiffres spectaculaires qui témoignent parfaitement d’une réalité selon laquelle l’UFC 300 fut regardé par une quantité astronomique de personnes, et ce partout à travers le monde.

Et moi, j’étais là. 

Oui, j’en parlerai encore à 75 ans.

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