Un mois de guerre au Moyen-Orient: les signes d’escalade se multiplient

Mina Collin
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Alors que le conflit atteint son premier mois, les frappes aériennes, le déploiement de troupes américaines et les menaces sur l’île de Kharg illustrent que la guerre pourrait encore s’intensifier, soutient un ancien officier des Forces armées canadiennes.
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« Il y a vraiment des signes d’escalade », a décrété l’ex-officier des Forces armées canadiennes et président d’Innovigo, Éric Sauvé, sur les ondes de LCN, samedi.
Selon lui, plusieurs éléments montrent que le conflit au Moyen-Orient est loin de s’essouffler, notamment « l’envoi de troupes qui n’étaient pas prévues, les militaires, les Marines américains qui viennent du Japon, le 82e Airborne [les parachutistes] qui a vu ses exercices annulés pour être envoyé », a-t-il noté.

L’escalade du conflit se reflète également dans le fait que les Américains mobilisent jusqu’à 17 000 soldats militaires dans la région du Moyen-Orient.
« Au départ, c’était des frappes aériennes directement des porte-avions. Et puis, ces forces-là n’étaient pas mobilisées. Donc deux détachements de 2500 Marines, un autre 2000 aéroporté. Je ne suis pas au courant des 10 000 de plus d’où ils proviennent, mais ça veut dire que ça donne des options au président pour escalader la situation », a-t-il noté.

Ce dernier se questionne sur la possibilité que cette mobilisation s’inscrive dans une tactique de bluff du président américain pour forcer l’Iran à la table des négociations.
« Peut-être, mais la décision revient au président Trump. Et puis, en ce moment, il est assez mal avisé par son état-major qui lui dit que les objectifs sont prenables et faciles, ce qui n’est peut-être pas la vraie réalité », a-t-il ajouté.
Une possible escalade sur l’île de Kharg
Le fait que la stratégie américaine se tourne désormais vers l’île de Kharg, petite île située à près de 50 km de la côte iranienne, où ont lieu 90 % des exportations de pétrole de l’Iran, ne présage rien de bon, estime M. Sauvé.
« On veut frapper fort pour bloquer, dans le fond, le trésor iranien. Ce n’est vraiment pas des signes de désescalade », a-t-il déclaré.

L’ex-officier précise toutefois qu’une offensive terrestre sur l’île serait loin d’être simple pour les Américains.
« L’île de Kharg, on peut l’atteindre, mais il faut passer par le détroit d’Ormuz avec les Marines, où il faut justement débarquer par aéroportée. Un débarquement aéroporté, dans le fond, c’est les parachutistes qui descendent sur l’île, mais ensuite de ça, il faut les maintenir, il faut ramener la logistique », a-t-il expliqué.
Et l’Iran, sachant que les États-Unis ont déployé des troupes sur l’île de Kharg, ferait tout pour les affaiblir, estime-t-il.
« L’Iran rendrait la vie extrêmement difficile aux Américains en peut-être laissant les Américains embarquer sur l’île, mais ensuite de ça, en frappant avec des missiles, avec des drones, pour forcer les Américains à quitter l’île avec des pertes peut-être massives dans les prochains jours », a-t-il affirmé.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus.