L’école de demain | Un milieu de vie à transformer
Mercredi 9 décembre à 20 h, Canal Vie

Marie-Hélène Goulet
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Les progrès de la technologie sont au cœur de nos vies. Pourtant, l’aménagement des écoles, ces lieux d’apprentissage pour les futurs citoyens, est resté à peu près le même depuis des décennies. Kim Rusk s’est investie auprès d’une d’entre elles pour y améliorer l’espace de vie des élèves et des professeurs.

Après la diffusion de son documentaire TDAH: Réussir autrement, Kim Rusk a été inondée de commentaires. Plusieurs de ces messages s’insurgeaient contre l’environnement scolaire peu approprié à la stimulation des élèves. Ce constat a poussé l’animatrice à mettre la main à la pâte directement sur le terrain. « J’ai eu envie de suivre un établissement pendant une année scolaire complète pour essayer de le moderniser. Je voulais découvrir ce qui ressortirait de l’expérience d’une école qui décide de se prendre en main avec peu de budget », explique la jeune maman, qui a transformé sa démarche en un documentaire de 60 minutes.
Une école comme les autres

Kim a donc lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux afin de trouver la parfaite école à transformer. « Nous avions besoin que le personnel soit motivé afin qu’il s’implique dans le projet. Nous étions là pour orienter les gens, leur donner un coup de pouce et filmer, mais il fallait que ce soit eux qui fassent les démarches. Nous avons trouvé le bon endroit à Beauharnois: il s’agit de l’école Saint-Paul, dont la directrice, Lyne Valade, est une femme exceptionnelle. J’ai eu un grand coup de cœur pour elle », affirme Kim. De plus, quand on considère le niveau de défavorisation des établissements scolaires québécois, l’école Saint-Paul se situe à peu près dans la moyenne, ce qui la rend représentative aux yeux de la plupart des téléspectateurs.

Afin de trouver la meilleure façon d’adapter l’établissement à une réalité plus actuelle, Kim a non seulement interrogé les professeurs et les enfants qui le fréquentent, mais aussi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, ainsi que les porte-parole du LAB-École, Ricardo Larrivée, Pierre Thibault et Pierre Lavoie. Elle présente également plusieurs modèles inspirants. « Je voulais qu’on montre ce qui fonctionne, parce qu’on prend déjà des initiatives au Québec et ailleurs dans le monde. »
Des embûches importantes

Malgré la bonne volonté de chacun, Kim ne cache pas que son équipe et elle ont rencontré beaucoup d’embûches. Une institution comme une école primaire n’est pas facile à faire bouger, entre autres à cause des syndicats représentant les corps de métier qui y travaillent. « Une école, c’est un projet de société, pas un projet de syndicat », souligne Kim Rusk. Malgré sa grande persévérance et son aplomb, cette dernière a réalisé qu’elle ne pouvait s’opposer aux chartes établies. Par exemple, il n’était pas question d’engager des volontaires au lieu de personnel qualifié pour réorganiser un local.
L’arrivée de la pandémie, en mars, ne l’a certes pas aidée à mettre toutes ses idées en place. « Nous avions organisé un souper spaghetti pour amasser des fonds, mais il n’a jamais pu avoir lieu à cause de la COVID-19 », soupire-t-elle. Et des changements comme ceux dont Kim rêve pour les jeunes Québécois nécessitent beaucoup d’argent. « Pour le moment, le gros du budget d’aménagement des écoles est consacré à l’entretien. Il y a toujours un dégât d’eau ou un toit à refaire; il y a très peu d’argent pour les améliorations locatives », explique-t-elle.
Un constat difficile
Son implication dans L’école de demain a forcé Kim à faire un bilan bien plus pessimiste qu’elle l’aurait imaginé. « C’est un constat auquel je ne m’attendais pas du tout, mais qui m’a fait réaliser bien des choses. Je souhaite que le documentaire serve de reality check, parce que la situation est assez triste. On dirait que toute lueur d’espoir est écrasée par la lourdeur d’un système complexe instauré il y a longtemps. J’espère que le gouvernement actuel le changera, car nous sommes à la croisée des chemins. Ce qu’on fait en ce moment, c’est épuiser les gens qui travaillent dans ce système », conclut-elle.