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Un manque de jugement flagrant

Photo d’archives, Martin Chevalier
Photo portrait de Renaud Lavoie

Renaud Lavoie

2023-12-20T05:00:00Z

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Marc-André Fleury a joué son 997e match hier soir à Boston, c’est donc dire qu’il va atteindre le plateau des mille matchs sous peu. Un exploit digne de la personne qui a toujours fait passer l’équipe en premier et non ses intérêts personnels. 

Cette philosophie a permis au gardien de 39 ans d’être un athlète facile à diriger et un coéquipier apprécié, peu importe le logo devant son chandail, et c’est pour cette raison qu’à sa dernière saison dans la LNH, on peut s’attendre à ce que sa tournée d’adieux se passe dans les normes.

GROS MATCH À MONTRÉAL

Le 17 octobre, le Wild est à Montréal et l’entraîneur-chef Dean Evason n’hésite pas une seconde à envoyer Marc-André Fleury devant le filet, alors qu’il risque de disputer son dernier match au Centre Bell devant parents et amis. Le match s’est déroulé exactement comme le gardien de Sorel l’avait imaginé. Il est sorti de la rencontre avec la première étoile (sous les applaudissements de la foule) dans une victoire de 5 à 2. 

On sentait que ses coéquipiers voulaient absolument gagner cette rencontre pour lui, alors que les Canadiens n’ont jamais été dans le coup, eux qui semblaient assommés par la perte de Kirby Dach pour le reste de la saison. Cette victoire était la 27e de sa carrière contre le Canadien, et ce, en 46 matchs.

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À QUOI PENSAIT JOHN HYNES ?

On peut facilement imaginer que Marc-André Fleury avait une autre date encerclée dans son calendrier et que c’était celle du 18 décembre, alors que le Wild était à Pittsburgh. C’est 691 matchs en saison régulière que Marc-André Fleury a disputés dans l’uniforme des Penguins dans sa glorieuse carrière. On parle ici d’un des athlètes les plus populaires dans l’histoire du sport à Pittsburgh qui a en plus aidé les Penguins à remporter trois autres Coupes Stanley. Ce n’est pas rien. 

Lundi matin, tout le monde s’attendait à ce que l’entraîneur-chef du Wild confirme que Marc-André Fleury allait disputer une dernière rencontre en carrière à Pittsburgh, mais non. John Hynes a plutôt dit que le plan (établi au début du mois) était que Filip Gustavsson dispute le match face aux Penguins et que Fleury soit le gardien le lendemain à Boston. Comment justifier une telle décision ?

Est-ce que la fiche de Gustavsson est si incroyable face aux Penguins ? Elle était d’une victoire et deux défaites (avec une moyenne de buts accordés de 4,02) avant le match de lundi.

Alors, celle de Fleury devait être désastreuse face à son ancienne équipe pour justifier une telle décision ? En réalité, elle est meilleure que celle de Gustavsson avec quatre victoires et autant de défaites en huit matchs et une moyenne de 3,19. 

LA CLASSE DE FLEURY 

Questionné à son retour au vestiaire des visiteurs lundi matin, Fleury s’est dit « un peu déçu » de ne pas disputer la rencontre le soir même. Il aurait pu facilement se délier la langue un peu plus que personne ne lui en aurait voulu. Mais comme un très bon coéquipier, il a décidé de ne pas en rajouter.

Pourtant, il est fort probable que la présence de « Flower » devant le filet aurait inspiré ses coéquipiers, comme ce fut le cas en octobre à Montréal. Mais John Hynes a cru, à tort, que tout ça était de la foutaise et que ses chances de gagner étaient meilleures avec Filip Gustavsson. Quelle erreur !

John Hynes a privé Marc-André Fleury d’un beau moment. John Hynes a empêché les amateurs de hockey de voir Marc-André Fleury jouer une dernière fois à Pittsburgh. John Hynes a privé Marc-André Fleury de recevoir une dernière ovation comme gardien à Pittsburgh. Mais encore plus important, John Hynes a probablement fait coûter une victoire à son équipe.

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