COVID-19 : Un malade sur trois a des effets à long terme, montre une étude

AFP
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Après une hospitalisation pour la COVID-19, au moins un malade sur trois voit sa santé affectée de façon durable, avec des atteintes à différents organes et des problèmes d’ordre psychologique, montre une étude publiée lundi.
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Cet article, qui dresse la synthèse de différents travaux de recherche publiés récemment sur le sujet, pointe l’épuisement, l’essoufflement, l’anxiété, la dépression et les troubles du stress post-traumatique comme les symptômes les plus fréquents chez les patients atteints de « COVID long ».
Selon les chercheurs, les données disponibles dessinent une urgence de santé publique sous-estimée, et les gouvernements devraient s’en préoccuper davantage et réfléchir aux moyens de la prendre en charge.
« Étant donnés les millions de personnes infectées par le Sars-CoV-2 dans le monde, le fardeau à long terme sur la santé physique, cognitive et mentale reste devant nous. Nous ne détectons sans doute que la pointe de l’iceberg », a expliqué à l’AFP l’auteur principal de l’article, Kartik Sehgal, oncologue médical et enseignant à la faculté de médecine de Harvard (Boston).
La COVID-19 s’attaque principalement aux poumons des malades, avec parfois des difficultés respiratoires qui persistent à long terme. Mais des études ont montré que le virus s’attaque aussi à d’autres organes, entraînant des complications allant de troubles cardiovasculaires à des inflammations chroniques.
L’article publié dans la revue Nature Medicine a analysé neuf études menées en Europe, aux États-Unis et en Chine, qui ont suivi des patients sur le long terme.
Une étude italienne conclut ainsi que sur 143 malades, près de 90 % présentent au moins un symptôme, et plus de la moitié, plusieurs, deux mois après leur sortie de l’hôpital.
Les symptômes les plus fréquents sont une fatigue intense (53,1 %), un essoufflement (43,4 %), des douleurs aux articulations (27,3 %) ou dans la poitrine (21,7 %).
Selon trois études menées en France, au Royaume-Uni et en Chine, 25 % à 30 % des patients rapportent des troubles du sommeil plusieurs semaines après avoir guéri de la phase aiguë de la COVID-19. Environ 20 % évoquent des pertes de cheveux, selon plusieurs articles.
Les résultats en matière de santé mentale sont tout aussi inquiétants : sur 402 patients italiens, un mois après leur sortie de l’hôpital, 56 % s’étaient vus diagnostiquer au moins un problème psychiatrique (troubles du stress post-traumatique pour environ 30 % d’entre eux, dépression, anxiété...)
« Il est très important de ne pas oublier les effets sur la santé mentale du ''Covid long'' lorsqu’on prend en charge les symptômes physiques, car on peut facilement passer à côté », observe Kartik Sehgal.
Pour les auteurs, leur étude montre qu’empêcher les décès par Covid-19 n’est pas un résultat suffisant en terme sanitaire, qu’il y a besoin d’approfondir la recherche sur le « COVID long » et de multiplier les consultations pour prendre en charge ces symptômes handicapants.