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Un maigre 2,5 M$ en comptant pour la cimenterie McInnis

La Caisse de dépôt a jugé que de recevoir des actions était une meilleure option

La cimenterie McInnis, une des installations industrielles les plus polluantes du Québec, se trouve à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie.
La cimenterie McInnis, une des installations industrielles les plus polluantes du Québec, se trouve à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie. Photo courtoisie
Photo portrait de Sylvain  Larocque

Sylvain Larocque

2021-09-01T04:00:00Z

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La Caisse de dépôt et placement a reçu à peine 2,5 millions $ en argent comptant en cédant le contrôle de Ciment McInnis au géant brésilien Votorantim Cimentos.

C’est ce qu’indiquent les plus récents états financiers de Votorantim, qui donnent plusieurs chiffres inédits sur la transaction annoncée en décembre et bouclée le 30 avril. 

Rappelons que la Caisse a investi près d’un demi-milliard de dollars dans McInnis, qui exploite une cimenterie à Port-Daniel–Gascons, en Gaspésie. 

Perte de 472 M$ pour Québec

De son côté, le gouvernement du Québec a dit adieu aux 472 millions $ qu’il a injectés dans ce projet lancé en 2011 par la famille Beaudoin-Bombardier.  

Pour sa participation de contrôle dans McInnis, la Caisse a également reçu pour 643 millions $ d’actions de la filiale canadienne de Votorantim, St. Marys Cement. Cela représente une participation de 17 % dans cette coentreprise qui exploite désormais McInnis et cinq autres cimenteries en Amérique du Nord.

Notons que le ministre de l’Économie au moment de la transaction, Pierre Fitzgibbon, n’a jamais expliqué pourquoi le gouvernement a renoncé aux actions qu’il détenait dans McInnis au profit de la Caisse. Beaudier, le holding de la famille Beaudoin-Bombardier, a aussi cessé d’être actionnaire de McInnis au cours des derniers mois.

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Dans un courriel, un porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon, a par ailleurs précisé, hier, que l’institution a touché 25,2 millions $ en « liquidités » de la part de Votorantim au cours des dernières semaines et qu’une autre somme de 7,8 millions $ était payable en 2025.

« La Caisse a choisi la meilleure option qui s’offrait à elle, soit de posséder 17 % des actions de la coentreprise comprenant cinq cimenteries profitables. Cette décision a été prise dans le meilleur intérêt du capital de ses déposants et de [McInnis] » a soutenu M. Chagnon. L’institution n’exclut pas de réaliser un « rendement » avec McInnis, a-t-il ajouté.

À la fin de 2019, la Caisse attribuait une valeur de 300 à 500 millions $ à ses placements dans McInnis. Un an plus tard, ce chiffre avait fondu à tout au plus 100 millions $. La prochaine évaluation sera publiée en avril 2022.

Toujours déficitaire

Pour l’instant, Ciment McInnis demeure largement déficitaire. Au deuxième trimestre de 2021, l’entreprise a enregistré une perte de 6,3 millions $ sur des revenus de 51,2 millions $, a précisé Votorantim dans un document de divulgation.

Le cimentier brésilien estime qu’en regroupant McInnis à St. Marys, il pourra dégager des « synergies substantielles », sans toutefois les chiffrer.

Rappelons que McInnis s’est classée au quatrième rang du plus récent Top 100 des pollueurs du Québec, que Le Journal a publié en mars. En 2019, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, la cimenterie gaspésienne a accru de 18 % ses émissions de gaz à effet de serre, lesquelles ont dépassé un million de tonnes, soit l’équivalent de la pollution générée par près de 318 000 voitures.   

La saga de la cimenterie McInnis en quelques dates 

  • 2011 : Beaudier acquiert McInnis
  • 2014 : Pauline Marois confirme que Québec investira dans le projet
  • 2016 : La Caisse prend le contrôle de McInnis à la suite de dépassements de coûts de 450 M$
  • 2018 : La Caisse met McInnis à vendre
  • 2019 : La Caisse réinjecte 150 M$ dans McInnis
  • 2021 : Votorantim prend le contrôle de McInnis
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