Un Juraj Slafkovsky débordant de confiance crève l’écran: «Ce que vous avez vu en deuxième moitié, ce n’est que le début»

Nicolas Cloutier
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Devant notre caméraman à Prague dans le cadre de la tournée européenne des médias de la Ligue nationale de hockey, Juraj Slafkovsky crève l’écran. «Ce que vous avez vu en deuxième moitié de saison, ce n’est que le début. Il fallait bien que je commence quelque part», affirme-t-il le plus sérieusement du monde.
On ne sentait pas un iota d’arrogance dans ces propos, plutôt imprégnés d’une conviction profonde.
«Parce qu’il faut le dire, les quelque 70 premiers matchs que j’ai joués dans la Ligue nationale de hockey, ils n’étaient pas terribles, poursuit Slafkovsky en entrevue avec TVA Sports. J’ai eu seulement 50 bons matchs. Ce n’est pas suffisant.»
Après vérification, l’imposant attaquant slovaque vise en plein dans le mille. Après 68 matchs dans la LNH, il revendiquait seulement 17 points. Dans les 53 suivants, il en a empilé 43. Et, comme il le mentionne, il ne fait que se réchauffer...
Que deviendra Slafkovsky? La question fait rêver. Et si c’était un monstre à la Mikko Rantanen, un gros bonhomme capable d’amasser une centaine de points?
«Je veux construire ma propre identité, s’empresse de répondre le principal intéressé. Je veux être moi-même. Je ne désire pas être le prochain Mikko Rantanen.»
Pourquoi être Rantanen quand on peut être Slafkovsky? Pas de doute, le jeune a une aura... cette même aura qui a soufflé les dirigeants des Canadiens lors des entrevues précédant le repêchage de 2022.
Pas d’expériences scientifiques
La quête de Slafkovsky pour passer au prochain niveau n’est plus la même que l’été dernier. Il fallait revenir à la base. À pareille date l’an passé, les images de lui patinant avec des lunettes stroboscopiques et s’adonnant à un entraînement futuriste digne d’Ivan Drago faisaient fureur sur les réseaux sociaux.

Slafkovsky a depuis pris ses distances avec ce genre de méthodes. Les machines extravagantes ont été jetées aux oubliettes.
«Non, non, non! L’été dernier, c’était trop! lance-t-il, catégorique. Les lunettes, c’était juste trop. Rien de spécial cette année, tout ce qu’il y a de plus normal. J’ai travaillé fort, voilà tout. Vous ne verrez pas de photos loufoques de moi circuler!»
Avec le recul, le jeune homme de 20 ans admet qu’il s’est cassé la tête à tenter de réinventer la roue.
«Il y a tellement de trucs que tu peux essayer et j’ai compliqué excessivement les choses. Pour aucune raison! Il y a des façons bien plus simples d’arriver à mes fins. L’été dernier, j’avais en tête d’améliorer mes capacités aérobiques, entre autres, mais je peux m’y prendre de bien d’autres façons.
«Alors, non, aucune grande expérience cette année.»
La vérité sur les qualifications olympiques
Vous avez été nombreux à faire part de vos inquiétudes lorsque votre humble serviteur a rapporté sur X que Slafkovsky ne participerait pas aux qualifications olympiques avec la Slovaquie, début septembre, en raison d’un inconfort au dos.
Faisons le point.
La décision de Slafkovsky de faire l’impasse sur le tournoi, prise de concert avec les Canadiens et les docteurs en Slovaquie, est de nature préventive, sachant qu’il y a un très court délai entre la compétition et le début du camp d’entraînement.
«Je veux être prêt à 100% pour la saison», justifie Slafkovsky, qui vient de signer un important contrat de 60,8 millions $ sur huit ans.
L’inconfort au dos ressenti par Slafkovsky est un malaise qui peut être soigné à l’aide de certains exercices ciblés, concoctés par son préparateur physique.
Or, prendre part au tournoi n’aurait pas permis à Slafkovsky de suivre ce programme à la lettre et d’arriver au camp du CH au meilleur de ses capacités.
«J’essaye de travailler sur mon dos, explique-t-il. Je traîne ça depuis quelque temps. Je travaille de sorte que ça ne m’embête plus. J’ai besoin de ces semaines supplémentaires. J’ai un plan avec mon entraîneur et nous devons garder le cap. C’est une décision qui a été prise en groupe.»
Un problème qu’il traîne depuis quelque temps. Voilà qui a de quoi faire peur. Les partisans qui ont vu les blessures se défiler au cours des dernières saisons restent traumatisés. Mais il n’y a pas de quoi s’en faire, semble-t-il.
«Ce n’est rien de sérieux, assure Slafkovsky. Je vais jouer les 82 matchs! Je peux jouer... je peux jouer demain! Je ne veux simplement pas courir le risque d’aggraver quoi que ce soit avant la saison.»

Mesar, dans tout ça
Le 7 juillet 2022, à Montréal, les Canadiens repêchaient deux Slovaques: Slafkovsky, mais aussi son bon ami Filip Mesar, au 26e échelon.
Comme c’est le cas présentement pour Michael Hage, il y avait un enthousiasme bien palpable pour la ténacité et les habiletés individuelles de Mesar au sein des partisans à l’époque. Enthousiasme qui s’est évanoui depuis, Mesar enchaînant les performances acceptables, mais sans plus, dans le junior majeur canadien.
Slafkovsky a bien voulu se porter à la défense de son compatriote, qu’il ne faudrait pas écarter trop rapidement.
«Je persiste à croire qu’il peut surprendre, soutient-il. Il n’a certainement pas oublié comment jouer au hockey. Je crois que le junior, c’était différent pour lui. Il est passé de la ligue slovaque contre des adultes, l’année de son repêchage, à jouer dans le junior et ça lui a demandé une période d’adaptation. Ç’a été un peu dur pour lui, probablement, sur le plan psychologique.»

Plusieurs chemins mènent à Rome, cependant, rappelle le numéro 20 du Tricolore.
«Chaque joueur trace différemment son chemin vers la Ligue nationale. Je crois qu’il va batailler ferme et qu’il finira par gagner un poste.»
Slafkovsky, en vrac
Sur l’identité de son joueur de centre avec le retour de Kirby Dach...
«Je suis, moi aussi, curieux. Pour être honnête, je n’ai aucune idée de ce qui va se passer. Mais nous avons plein de bons joueurs. Ça ne m’inquiète pas trop. L’important est de développer une chimie.»
L’arrivée de Patrik Laine
«J’étais heureux, car c’est un excellent joueur. S’il marque 50 buts, ça va certainement nous aider à gagner plus de matchs. Dans l’équipe, on s’envoyait des messages textes et on était tous gonflés à bloc. Il a tellement de talent. J’ai vraiment hâte de le voir sur la glace.»