Un joueur qui dort dans le parc à Evansville...


Benoît Rioux
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EVANSVILLE, Indiana – Le visage de Michel Laplante, président des Capitales de Québec, s’est illuminé quand on l’a informé, vendredi matin, que le Québécois Claude Raymond avait déjà lancé en 1956, au Bosse Field, là même où se conclut la finale de la Ligue Frontière de baseball contre le club d’Evansville.
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« On prendra une photo pour Claude quand on va arriver au stade », a-t-il enchaîné.
Aujourd’hui âgé de 86 ans, Raymond n’avait que 19 ans quand il a joué pour les Braves d’Evansville, club-école des Braves de Milwaukee.
« Je garde de merveilleux souvenirs d’Evansville et du Bosse Field, a raconté monsieur Raymond, vendredi, lorsque joint au téléphone. On avait tellement une bonne équipe cette année-là qu’à mi-chemin dans le calendrier, il avait été décidé de [sic] couper la saison en deux. On avait trop d’avance au classement... Le club qui allait gagner la deuxième moitié allait nous affronter en finale. Finalement, c’est aussi Evansville qui avait gagné la deuxième moitié et il n’y a pas eu de matchs éliminatoires. »

Les souvenirs de Claude Raymond au Bosse Field semblent innombrables. Il se rappelle d’avoir été à l’origine d’un triple jeu dans un match contre les Kernels de Keokuk après avoir saisi au vol une tentative d’amorti. Il se souvient aussi très bien de son coéquipier Mike Krsnich qui, parfois, préférait dormir dans un parc aux abords du Bosse Field alors qu’il trouvait que l’hôtel de l’équipe était trop loin du stade.
Pantalons gratuits!
S’il ne gagnait alors que 225 $ par mois pour jouer à Evansville, la fierté de Saint-Jean-sur-Richelieu note par ailleurs qu’il avait réussi à épargner sur l’achat de pantalons, cette saison-là.
« Il y avait une mercerie, dont le propriétaire, monsieur Strouse, était un mordu de baseball, a-t-il indiqué. Il donnait une paire de pantalons quand, par exemple, un joueur frappait un circuit ou quand un lanceur était crédité d’une victoire. »
Après vérification, celui qu’on surnomme « Frenchie » avait conclu cette saison de 1956 avec une fiche de 9-3 et une moyenne de points mérités de 2,57.
« Je devais donc avoir eu neuf paires de pantalons gratuites », s’est souvenu monsieur Raymond.
En relève
De son passage au Bosse Field, le lanceur québécois se souvient aussi très bien de son gérant Bob Coleman et de son chien Silver, qui l’accompagnait régulièrement au stade.
« C’est notamment grâce à Bob Coleman que je suis devenu un pionnier comme releveur au baseball », a souligné monsieur Raymond, qui allait connaître une carrière de 12 saisons dans le baseball majeur, incluant 111 matchs avec les Expos de Montréal.
En rappelant ces quelques souvenirs d’Evansville à Michel Laplante, plus tard dans la journée de vendredi, son visage s’est à nouveau illuminé.
« J’espère que les Capitales vont revenir avec le championnat », souhaitait pour sa part Claude Raymond avant de raccrocher.