Un jeune arbitre demande aux parents de se calmer un peu

Benoît Rioux
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Âgé de 15 ans, Félix Savage ne rêve pas d’arbitrer un jour dans la Ligue nationale de hockey. Il souhaiterait plutôt devenir policier, d’où l’idée de sensibiliser la population à ce qu’il a vécu, il y a quelques semaines, à sa sortie d’une patinoire dans la région de Québec.
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L’adolescent était payé un peu moins de 30$, ce jour-là, pour être l’arbitre en chef d’un match de niveau M13 C, communément appelé pee-wee C, au Centre sportif Marc-Simoneau, à Beauport. Insulté par quelques parents de joueurs durant la partie, il n’a pu contenir ses émotions et a fondu en larmes après la rencontre.
«Le plus important, pour moi, comme arbitre, c’est d’assurer la sécurité des joueurs sur la patinoire, dit-il, spontanément. Je suis quelqu’un de calme et de respectueux sur la glace. Je m’attends à la même chose de la part des entraîneurs et des parents dans les estrades... Parce que derrière l’arbitre, il y a quelqu’un qui a des sentiments et s’il n’y a pas d’arbitre, il n’y en a pas de hockey.»
L’histoire de Félix n’est malheureusement pas unique, mais les appels au respect et à la civilité envers les arbitres ne seront jamais trop nombreux pour certains entraîneurs de même que pour certains parents. Le sujet de la pénurie d’arbitres au Québec est d’ailleurs récurrent depuis quelques années et ne touche pas seulement le hockey.
Violence verbale
C’est Stéphanie Denis, la mère de Félix, qui a d’abord contacté Le Journal pour raconter la récente mésaventure de son fils. Vivant à Sainte-Brigitte-de-Laval, l’adolescent aime donc le hockey, mais il a également d’autres intérêts semblables à ceux des jeunes de son âge. Étudiant en concentration musique à l’école secondaire de La Seigneurie, il mentionne aimer tout ce qui concerne la création, dont le populaire jeu Minecraft.
«En tant qu’être humain, il peut commettre des erreurs, mais est-ce si grave? demande sa mère. Personnellement, je ne le pense pas. Il doit souvent faire face à la frustration des entraîneurs qui, malheureusement, lui manquent de respect. Il est important de se rappeler qu’il n’a que 15 ans et qu’il débute dans ce domaine.»
«Lors du dernier match auquel j’ai assisté, j’ai été profondément troublée par les propos tenus à l’encontre de mon fils, ajoute-t-elle. Une mère, visiblement mécontente de la défaite de l’équipe de son garçon, s’en est prise à lui de manière inappropriée. Cela va au-delà du simple mécontentement et entendre de tels propos sur son propre enfant est déchirant pour une mère.»
Pour s’amuser...
En plus de la violence verbale, Félix aurait été victime de menaces physiques de la part de la mère en question.
«On fait de notre mieux comme arbitre, déclare pour sa part le jeune homme. Comme les joueurs, nous sommes encore en développement. Ce qui me dérange, c’est qu’il y a des parents qui veulent parfois plus que leurs enfants et ils oublient que le but principal est de s’amuser.»
Félix est catégorique: ce n’est pas un ou deux matchs plus difficiles qui vont l’empêcher de continuer d’arbitrer. Il espère plutôt se servir de ce rôle pour bâtir sa confiance, lui qui, admet-il, a parfois tendance à douter de lui-même. Tout ce qu’il demande, en retour, c’est un minimum de respect.