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Un footballeur universitaire devenu proxénète

L’homme reconnu coupable de traite de personne a empoché jusqu’à 1800$ par jour

André Bryan Rose
André Bryan Rose MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
Photo portrait de Erika Aubin

Erika Aubin

2022-06-16T23:28:37Z

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Un ancien footballeur à l’Université de Concordia a été reconnu coupable de traite de personne et proxénétisme mardi, après avoir notamment récolté jusqu'à 1800 $ par jour d'une jeune montréalaise qui offrait des services sexuels dans des spas et chambres d'hôtels, à Montréal et Toronto.  

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« Non seulement l’accusé contrôlait les mouvements [de sa victime], il a également contrôlé sa personnalité. Dans ses mots, elle aurait tout fait pour lui plaire », a résumé la juge Josée Bélanger avant de déclarer André Bryan Rose coupable au palais de justice de Montréal.

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L’Ontarien a fait la rencontre de celle qui allait devenir sa victime dans un bar montréalais en 2010. À ce moment, il étudiait la sociologie à l’Université Concordia, où il jouait aussi au football. Il était d’ailleurs déménagé à Montréal après avoir reçu une bourse d’études pour jouer dans l’équipe universitaire.

La femme qui avait 19 ans à l’époque est tombée en amour « au premier regard », avait-elle témoigné au procès.

Ils ont d’abord eu une relation amicale, qui s’est ensuite développée en relation amoureuse sur une période d’environ huit ans.

C’est lors d’une conversation sur l’application Skype, au printemps 2013, que Rose a commencé à faire allusion à des services sexuels qu’elle pourrait offrir dans des salons de spa et massage. L’homme désormais âgé de 31 ans lui avait fait miroiter l’idée qu’ils deviendraient tous les deux riches.

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Vulnérable

Au début, elle a refusé l’offre. Puis, elle s’est finalement ravisée et elle a accepté par amour et afin de lui faire plaisir.

« [La victime] était vulnérable en raison de son grand amour pour l’accusé. En insistant auprès d’elle, qui était dans une position de vulnérabilité, il exerçait une influence sur elle et l’encourageait à se prostituer », a déploré la juge Bélanger.

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Au cours de leur relation, Rose la manipulait et la menaçait pour qu’elle continue à se prostituer, détaille le jugement. Par exemple, quand la victime essayait de se défaire des griffes de son pimp, il la complimentait pour qu’elle retourne vers lui.

Si elle voulait continuer à le voir, elle devait lui ramener de l’argent. À un moment, Rose avait même fixé l’objectif de lui rapporter 1000 $ par jour, a raconté la victime. 

Pendant une période de sept mois en 2015, elle a gagné entre 300 $ et 1800 $ par jour. Parfois, quand elle ne ramenait pas assez d’argent à la fin d’une journée, Rose se fâchait contre elle.

La jeune femme devait travailler six jours par semaine et son seul congé était « une journée d’entretien » pour sa manucure, ses cheveux et ses sourcils. Elle a même raconté la fois où elle a dû retourner au travail deux jours après s’être fait arracher une dent, alors qu’elle avait encore des saignements. 

Rose la surnommait d’ailleurs « Brinks » tellement elle rapportait de l’argent. C'est en référence à un camion qui transporte de l’argent. Par ailleurs, l’accusé avait une machine pour compter les billets qu’il empochait de la prostitution.

Menace de la tuer

Quand elle est finalement parvenue à quitter Toronto en février 2018, il lui a fait des menaces de mort. « Je vais venir à Montréal et te tuer », lui a-t-il dit dans une conversation téléphonique.

La juge Josée Bélanger a cru à la version de la victime, et ce, même si son témoignage n’était pas parfait, a-t-elle souligné. L’Ontarien a ainsi été reconnu coupable d’une kyrielle de chefs d’accusation, dont proxénétisme, traite de personne, menaces de mort et de voies de fait.

Visiblement contrarié, celui-ci a dit devant le tribunal être « pissed off » par le verdict. Son dossier reviendra en septembre prochain pour la sentence.

- Avec la collaboration de Michaël Nguyen

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