Gestion de la pandémie: un expert en santé mentale dans la cellule de crise svp

Marc-André Ouellette, Geneviève Dorval-Douville, Kimberlee Desormeaux, Héléna Bureau et Jean-François Gingras
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Monsieur Legault,
Nous sommes conscients que vous avez le dos large. C’est une réalité que chaque chef politique doit accepter. Cette pandémie est loin d'être simple à gérer. Mais il y a toujours lieu de s’améliorer, et nous souhaitons vous partager des solutions en ce sens.
Depuis le début de la pandémie, votre gouvernement s’est tourné vers l’expert de la santé publique, et avec raison, puisque la priorité est de sauver des vies. Dr Horacio Arruda et, depuis quelques semaines, Dr Luc Boileau nous explique l’évolution du virus, ses effets sur la santé ainsi que sur notre système et nous aident à comprendre plusieurs décisions de votre gouvernement.
Malheureusement, nous percevons que la santé mentale est souvent dans l’angle mort de vos politiques, la santé physique dominant les décisions.
nous intéresse.
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Un Québécois sur 4 aurait demandé de l’aide
Contrairement aux décès et hospitalisations, l’impact psychologique de la COVID est difficile à quantifier. Selon un sondage paru dans Le Journal de Montréal le 29 janvier, près d’un Québécois sur quatre aurait demandé de l’aide pour leur santé mentale durant la pandémie. Ce n’est pas surprenant.
Non seulement la demande en aide pour la santé mentale augmente, mais elle peut aussi devenir un facteur de vulnérabilité prédisposant à l’hospitalisation en cas de COVID. Chez nos voisins du Sud, la CDC inclut la dépression comme facteur de risque. Serions-nous sur un chemin dangereux?
Lorsque le gouvernement a à prendre des décisions par rapport à la pandémie, la cellule de crise compte 19 personnes, dont un expert en santé publique, quatre relationnistes, des ministres, sous-ministres et chefs de cabinets. Dans un contexte où la situation est complexe, on se serait attendu à une plus grande diversification d'expertise scientifique.
En ajoutant au minimum un expert en santé mentale, cela favoriserait une meilleure analyse des avantages et inconvénients face aux décisions du gouvernement.
Perte de confiance
Ce manque de sensibilité face à la complexité de la santé, dont l’aspect mental est primordial, engendre une perte de confiance atteignant des niveaux de méfiance sans précédent chez des milliers de citoyens. Notre impatience, notre fatigue, notre perte de repères, notre manque de contacts humains et plusieurs autres facteurs psychologiques et sociaux doivent être traités avec le même niveau de sérieux que la santé physique.
Il en va de notre cohésion sociale et de notre démocratie.
Merci de diversifier votre cellule de crise pour mieux répondre aux besoins de la population.
Marc-André Ouellette, Geneviève Dorval-Douville, Kimberlee Desormeaux, co-auteurs de Raviver la Démocratie, et Héléna Bureau, Jean-François Gingras, co-auteurs de Rétablir la Santé