Un exemple de patience et de détermination
Le centre format géant du Rouge et Or n’a pas abandonné malgré un parcours en dents de scie


Richard Boutin
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TORONTO | Cyrille Hogan-Saindon a vécu une saison 2021 qui restera gravée dans sa mémoire pour encore très longtemps.
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Recruté par le Rouge et Or de l’Université Laval en 2017, le centre de 6 pi 5 po et 300 livres a dû patienter trois ans en plus de la saison annulée de 2020 avant de revêtir l’uniforme pour la première fois.
Hogan-Saindon a obtenu son premier départ par la même occasion, s’est établi comme partant et a mérité une sélection au sein de l’équipe d’étoiles
du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ).
« Naturellement, j’ai eu des doutes à savoir si le football était pour moi et si ça valait la peine de continuer, a raconté le produit des Élans de Garneau. Je suis resté attaché au groupe parce que je suis passionné par le football et que j’avais de très bons amis dans l’équipe. Même si je n’ai fait que pratiquer pendant trois ans, j’ai toujours eu du plaisir. »
Recruté comme garde après avoir disputé sa dernière saison collégiale sur la ligne défensive, Hogan-Saindon s’est retrouvé à la position de centre en 2018.
Même s’il a dû exercer sa patience, il n’a jamais eu de doutes sur son potentiel. Le départ des vétérans Samuel Lefebvre, Kétel Assé, Samuel Thomassin et Pierre-Karl Lanctôt lui a ouvert les portes.
« J’ai toujours su que j’étais bon et que j’allais être capable de compétitionner quand l’opportunité se présenterait, a-t-il raconté. C’est difficile de ne pas obtenir de temps de jeu, mais je savais que j’avais toutes les habiletés nécessaires pour dominer dans le réseau universitaire. »
Sentiment de loyauté
Hogan-Saindon assure qu’il n’a jamais envisagé la possibilité de regarder ailleurs pour se dénicher une nouvelle équipe. Parce qu’il n’était pas en uniforme, il aurait pu changer d’endroit sans
être pénalisé.
« Ce ne fut pas toujours facile, a-t-il confié, mais le PEPS est ma maison. Je suis très attaché au Rouge et Or. Je m’étais engagé envers l’équipe à ma sortie des rangs collégiaux parce que c’était l’endroit où je voulais jouer et je voulais rester loyal. D’affronter des joueurs de la trempe de Mathieu Betts et Vincent Desjardins à l’entraînement m’a permis de progresser et de bien me préparer pour ma première saison. »
Des choses à prouver
Parce qu’il ne compte qu’une saison derrière la cravate, l’étudiant en administration des affaires a-t-il l’impression qu’il doit se faire connaître par les recruteurs ?
« Ils savent déjà qui je suis, mais j’ai des choses à prouver parce qu’ils ont peu de films de moi, a-t-il expliqué. Je veux montrer que je suis un athlète complet et un bon joueur de football avec de bonnes connaissances du jeu. »
« Parce que j’ai peu joué, l’équipe qui me choisira pourra me développer à sa façon, d’ajouter le gaillard qui sera reçu en entrevue par sept des neuf équipes. En 2021, les recruteurs n’ont vu qu’un début de ce que je peux faire. J’ai le potentiel pour me développer encore plus. Je ferai ce qui est le mieux pour l’équipe qui me choisira. Si on me dit que ça serait préférable de disputer une dernière saison universitaire, je le ferai, mais je suis aussi prêt à faire le saut si c’est leur décision. Je suis prêt à tout. »
En plus des sept entrevues effectuées à Toronto, Hogan-Saindon a déjà parlé aux Alouettes. Seus les Elks d’Edmonton qui n’ont pas démontré d’intérêt.
- Le repêchage 2022 de la LCF aura lieu le 3 mai prochain.
Une autre année difficile à prévoir
On retrouve un seul joueur issu du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) dans le dernier classement du top 20 des meilleurs espoirs du Bureau de recrutement de la LCF.
L’an dernier, le RSEQ avait été blanchi en première ronde pour la première fois depuis 2018, et seulement cinq joueurs au total avaient été sélectionnés, en plus des trois Québécois évoluant dans la NCAA.
Après des années de sept sélections en 2009 et 2012, qui étaient le plus petit nombre de joueurs choisis avant les cinq de l’an dernier, le RSEQ a connu de belles années.
« Le calibre est habituellement beaucoup plus fort et j’espère qu’il s’agit d’une année de transition, a mentionné Maciocia, qui a dirigé les Carabins de l’Université de Montréal de 2011 à 2019 avant de retourner dans la LCF. Je n’ai pas de réponses pour expliquer cette situation. Il s’agit d’un échantillon de deux ans seulement et il ne faut pas paniquer. »
Un dirigeant d’une autre formation de la LCF nous a mentionné que la jeunesse des équipes du RSEQ est une piste de réponse pour expliquer le faible nombre de joueurs susceptibles de trouver preneur.
Makonzo absent
L’ailier défensif Joshua Archibald, des Redbirds de McGill, pointe actuellement au 17e rang du top 20 des plus beaux espoirs. Le Québécois le mieux classé est le demi défensif Enock Makonzo, mais il évolue dans la NCAA avec les Chanticleers de Coastal Carolina.
Makonzo, dont le frère Ethan a été repêché par les Alouettes en sixième ronde l’an dernier, est identifié comme le troisième plus bel espoir en prévision du repêchage, un gain de trois positions en comparaison au classement de l’automne, mais il n’a pas fait le voyage à Toronto. Contrairement à d’autres Canadiens évoluant dans la NCAA, le demi défensif, qui peut aussi évoluer comme secondeur, n’a pas repoussé son admissibilité au repêchage d’un an.
L’ancien des Spartiates du Vieux-Montréal est toutefois inscrit au portail des transferts de la NCAA. Les dirigeants questionnés à son sujet croient qu’il disputera une dernière saison dans la NCAA s’il signe avec une nouvelle équipe, sinon il pourrait faire le saut dans la LCF dès cette année.
Au 20e rang, on retrouve le Montréalais Shaquille St-Lot, un demi défensif des Black Bears de l’Université du Maine. L’ancien des Cheetahs de Vanier est présent dans la Ville Reine, mais il se remet d’une opération et sera disponible uniquement pour les entrevues.
En plus de Makonzo, Maciocia est persuadé que l’ailier défensif Philippe Lemieux-Cardinal, des Carabins, et le centre Cyrille Hogan-Saindon, du Rouge et Or de l’Université Laval, seront repêchés.