Un été déterminant pour Hughes et co

Jean-Charles Lajoie
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Réglons le plus important d’entrée de jeu : le Canadien a connu une saison extraordinaire, doublée d’un printemps franchement remarquable. Là-dessus, il n’y a aucun débat.
La vraie question, c’est plutôt celle-ci : le bilan arrive-t-il deux semaines trop tôt... ou deux semaines plus tard que prévu ? La réponse se situe quelque part entre les deux. Difficile de ne pas être mi-figue mi-raisin. Lorsqu’on s’approche autant du but, on ne peut pas rater son coup.
Les comparaisons avec les Hurricanes de la Caroline n’ont jamais trouvé écho ici. Peu importe qu’ils gagnent ou non la coupe Stanley, ils ne représentent pas un modèle à suivre. Sept ans de séries éliminatoires avant d’atteindre une grande finale, c’est peut-être acceptable dans un marché qui n’est pas naturellement un marché de hockey, mais pas à Montréal.
D’ailleurs, durant ce parcours, les Hurricanes ont longtemps tardé à se doter d’une véritable ligne de centre. Jesperi Kotkaniemi occupait encore un rôle de deuxième centre il y a à peine un an.
Des ajustements... et des limites
Les critiques envers Martin St-Louis sont nombreuses — et souvent justifiées — concernant son incapacité à s’ajuster durant les séries, particulièrement en finale d’association. Cela dit, plus le parcours avançait, moins les options étaient nombreuses.
Les ajustements qui ont manqué au troisième tour trouvent en réalité leur origine au 6 mars dernier, à la date limite des transactions. On ne saura peut-être jamais quelle était cette fameuse transaction avortée. Reste à voir si elle se concrétisera bientôt.
Une chose est certaine : jouer les séries avec Jake Evans comme deuxième centre n’est pas une solution viable.
Jeff Gorton et Kent Hughes misaient sur le retour de Michael Hage pour les séries. Sa blessure, combinée à son refus de se rapporter, a privé le CH d’un attaquant top-6 jeune, mais immensément talentueux.
À l’heure actuelle, le dossier Hage trône au sommet de la pile chez les architectes du Canadien.
L’équipe a élevé ses standards cette saison. Les attentes seront donc encore plus élevées l’an prochain. Le Tricolore devra absolument trouver un centre de deuxième trio durant la saison morte. Les vétérans de location sont une option, mais une solution structurante correspond davantage à la philosophie de gestion de Gorton et Hughes.
Si les dirigeants décident d’y aller pour un coup de circuit, en visant par exemple un centre du calibre de Robert Thomas, une question devient incontournable : Pat Brisson encouragera-t-il Hage à envisager l’option de ne jamais s’entendre avec le Canadien et de devenir joueur autonome sans restriction le 15 août 2028 ?
Hage peut toutefois encore changer d’idée, s’entendre avec le CH et rejoindre l’équipe dès le prochain camp. Après une saison complète au centre ou à l’aile d’un deuxième trio, il serait prêt pour les séries de 2027.
Jakub Dobes : gardien d’avenir ou monnaie d’échange ?
L’autre dossier majeur concerne Jakub Dobes. Encore sous contrat, le gardien qui s’est révélé au cours des trois derniers mois est admissible à une prolongation cet été.
Est-il devenu le gardien d’avenir de Gorton et Hughes, autant qu’il l’est aux yeux des partisans et observateurs ? Si la réponse est non, le Canadien pourrait tenter de tirer profit de sa valeur qui n’a jamais été aussi élevée.
On se rappellera que Jaroslav Halak avait permis au CH d’obtenir Lars Eller après le printemps 2010. La différence ? Carey Price attendait déjà, prêt, après trois saisons dans l’organisation.
Jacob Fowler est-il Carey Price ? Avec tout le respect possible, rien ne permet de l’affirmer. A-t-il un potentiel supérieur à Dobes ? Pas certain non plus.
Si Dobes peut faire passer un « non » à un « oui » dans une transaction majeure, Fowler deviendra alors le pari. Mais si la meilleure valeur de Dobes est à Montréal, la patience sera de mise.
Nous sommes le 1er juin. Et une chose est sûre : le prochain mois s’annonce des plus excitants pour le Canadien de Montréal.