Un duo de gardiennes qui «fait peur»

Patric Laprade
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Quand la saison inaugurale de la LPHF a débuté et que l’on regardait les différentes formations, on pouvait déjà tirer certaines conclusions.
Du côté du Minnesota, deux choses ressortaient: plusieurs joueuses avaient déjà évolué ensemble, donc la cohésion allait se faire plus rapidement. Et l’équipe avait probablement le meilleur duo de gardiennes de la ligue avec Maddie Rooney et Nicole Hensley.
C’était peut-être sous-estimer le talent d’Elaine Chuli. L’Ontarienne n’a jamais joué pour l’équipe nationale chez les séniores et même si elle avait remporté le titre de meilleure gardienne dans la défunte PHF en 2021-22, elle n’avait pas été aussi dominante l’an dernier lorsque de nouvelles gardiennes s’étaient ajoutées à la ligue.
Malgré cela, Chuli enchaîne les grosses sorties cette saison. Si plusieurs considèrent Ann-Renée Desbiens comme la meilleure gardienne au monde en ce moment, Elaine Chuli est présentement la meilleure gardienne numéro deux au monde.
En plus d’être la seule gardienne invaincue cette saison, sa moyenne de buts alloués est de 1,,24 et son taux d’efficacité est de ,961 surpassent toutes les gardiennes de la ligue, incluant Desbiens. Oui, elle n’a que quatre matchs à son actif contrairement à sept, neuf et même 10 pour certaines de ses collègues, mais ce sont tout de même des statistiques impressionnantes.
Et Chuli l’a encore une fois prouvé hier en accordant qu’un seul but sur 22 tirs, permettant à son équipe de battre Minnesota par la marque de 2 à 1. Plus tôt cette saison, Chuli avait aussi offert toute une performance contre Minnesota avec 45 arrêts.
«C’est plaisant d’avoir ce tandem de gardiennes parce que je peux dormir sur mes deux oreilles. D’autres choses m’empêchent de dormir, mais pas ça, a rigolé l’entraîneuse-cheffe Kori Cheverie après la rencontre. Elles rendent notre travail beaucoup plus simple et nous donnent un peu de marge de manœuvre quand notre défensive ne joue pas comme on le voudrait. Chuli a encore fait le boulot aujourd’hui et quand tu as un duo de gardiennes comme celui-ci, je pense que ça fait peur aux autres équipes.»
Cette victoire bonne pour trois points au classement permet à Montréal de demeurer au deuxième rang, à un seul point maintenant de Minnesota et avec un match en main. Elle permet aussi à l’équipe de se distancer de Toronto contre qui l’équipe de Kori Cheverie a perdu vendredi soir devant une foule record de 19 285 personnes au Scotiabank Arena de Toronto. De plus, Montréal n’a toujours pas subi la défaite deux fois de suite cette saison.
Catherine Dubois enfin sous contrat!
Le dossier de Catherine Dubois a fait jaser tout au long de la saison. Elle a été la première à signer un contrat à court terme de 11 jours, elle a marqué un but à son premier match et a été la première à signer un deuxième et dernier contrat à court terme. Ce qui fait qu’au total, elle a joué huit parties sur une possibilité de 11. Pas mal pour quelqu’un qui n’était que réserviste lorsque la saison a débuté.
«Ce qu’elle amène dans une équipe, c’est ce que chaque équipe espère avoir : quelqu’un qui n’a pas peur, qui va aller dans les coins, va aller chercher la rondelle, va demeurer devant le filet, a expliqué Cheverie. C’est ce qu’elle amène sur la patinoire, mais à l’extérieur de celle-ci, dans le vestiaire, tout le monde l’aime et c’est quelque chose qu’on était vraiment content de pouvoir faire.»
Pour y arriver, Dubois a travaillé fort, s’est présentée aux entraînements et a eu une bonne attitude autant sur la patinoire qu’à l’extérieur. Alors lorsque Danièle Sauvageau l’a appelé vendredi soir pour lui dire qu’elle serait signée à un contrat régulier, ce fut un moment touchant pour l’attaquante.
«J’ai immédiatement appelé mes parents, c’était tellement un moment émotionnel, on a tous pleuré ensemble, a raconté Dubois. Je viens d’une famille émotionnelle, une famille de travaillants et on n’a rien de facile dans la vie et on réussit malgré tout. Je pense que c’est l’accomplissement de plusieurs années de travail et je ne pourrais pas être ici sans mes parents.»
Malgré l’heure tardive à laquelle elle a su qu’elle jouerait, elle a quand même eu le temps d’aviser sa famille pour qu’elle puisse assister à la rencontre.
«Il était genre 21h quand j’ai appelé mes parents pour leur dire que je jouais et ils étaient comme on va venir, on va venir! Et on s’est arrangé pour que ça fonctionne. Ça faisait 15 ans que ma grand-mère ne m’avait pas vu jouer!»
L’avantage numérique débloque
«Enfin, l’avantage numérique!»
C’est de cette façon et en français que Kori Cheverie a accueilli les journalistes présents au point de presse après le match de dimanche.
C’est que depuis le but de Catherine Dubois le 10 janvier, l’équipe n’avait pas marqué en avantage numérique. Avant le match de dimanche, elle était 1 en 32, le pire taux de succès de la ligue.
Toutefois, la Québécoise Sarah Lefort a profité du premier avantage numérique de la rencontre pour marquer son premier de la saison en première période, mettant ainsi fin à cette disette. Montréal demeure dernière dans la ligue avec un taux d’efficacité de 5,9%, mais ce premier but en plus de cinq semaines vient tout de même enlever de la pression sur Cheverie et surtout, plusieurs questions sur le sujet.
«Parlez-moi de notre désavantage numérique!» a-t-elle lancé à la blague.
Situation déplorable: des partisans manquent la première période
L’entrée au match a été difficile pour bien des amateurs dimanche. Il y avait plusieurs sièges vides lorsque la rencontre a débuté à 13h et alors qu’il restait cinq minutes à la première période, plusieurs personnes arrivaient tout juste à leurs sièges. Certains ont même manqué la première période au complet.
Il y avait une frustration de la part des partisans et je la comprends. Toutefois, il ne faut pas blâmer l’équipe ici, mais plutôt la Place Bell. Contrairement à d’autres endroits, les portes n’ouvrent qu’une heure avant le match. Et j’en parlais avec le descripteur des matchs du Rocket de Laval, Anthony Marcotte, et il me disait que ça arrive souvent que l’entrée dans l’amphithéâtre soit difficile. Par contre, les amateurs du Rocket sont maintenant habitués et arrivent plus tôt.
Il y a deux entrées à la Place Bell: l’entrée principale et celle située près de la Cage aux Sports. Certaines personnes m’ont écrit pour me dire que des agents de sécurité ont empêché les gens d’entrer par celle située près de la Cage et les dirigeaient plutôt vers l’entrée principale, ce qui n’a certes pas aidé la situation.
Bref, personnellement, je trouve la situation inacceptable et déplorable. Quand tu sais que tu vas recevoir plus de 10 000 personnes, et ce n’est pas la première fois que la Place Bell en reçoit autant pour une partie de hockey, tu t’arranges pour que tout le monde puisse être à son siège à l’heure, et ce, même si ça demande d’ouvrir les portes 90 minutes avant le match.
Une foule record
C’est une foule de 10 172 personnes qui étaient présentes, dimanche, à la Place Bell, établissant un record pour un match de hockey féminin dans l’histoire du Québec.
Ce qui m’impressionne surtout, c’est que les assistances ne font qu’augmenter. Le 16 janvier dernier, ils étaient 6 334 à assister au match de Montréal, alors que onze jours plus tard, l’assistance était de 8 646.
À titre comparatif, le record pour un match du Rocket de Laval est de 10 290 partisans. Le Centre Bell, pour un match des séries éliminatoires, devra être considéré, comme à l’époque où le Canadien Junior de Verdun, avec Pat Lafontaine, avait joué la série finale au Forum, fracassant des records d’assistance pour la LHJMQ.
La chance de prendre le premier rang
Montréal jouera deux matchs cette semaine. Le premier aura lieu au UBS Arena face à New York et le second, samedi prochain, à l’Auditorium de Verdun. Minnesota ne jouera qu’une seule fois, soit dimanche, permettant à Montréal de reprendre le match en main qu’elle détient sur Minnesota.
C’est la chance pour l’équipe de prendre seule le premier au classement et même, de prendre une certaine avance sur ses rivales. Montréal a une fiche d’une victoire, une défaite contre New York, ainsi que deux victoires en autant de rencontres contre Ottawa.