Un doublé doré pour le Canada au lancer du marteau: Après Ethan Katzberg, Camryn Rogers devient reine mondiale du marteau


Stéphane Cadorette
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Le Canada avait couronné son roi du lancer du marteau, dimanche, en Ethan Katzberg. Deux jours plus tard, Camryn Rogers a complété le tandem royal canadien en prenant place, elle aussi, sur le trône avec l’or olympique.
La souveraine a distancé ses sujets avec un lancer de 76,97 mètres à son cinquième essai. Jusque-là, elle suivait de tout près, à 4 minimes centimètres, l’Américaine Annette Nneka Echikunwoke. Celle-ci avait pris les devants dès le troisième lancer avec un résultat de 75,48 mètres. Rogers a maintenu le cap pour procurer une 18e médaille au Canada, à Paris.
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L’exploit de Rogers est un cas rare au Canada. En athlétisme, les seules médailles d’or féminines olympiques dans l’histoire du pays avant la sienne remontent à 1928, en saut en hauteur et en relais 4 x 100 m.
Lorsqu’elle a vu que l’Américaine n’est pas parvenue à battre sa marque à son sixième lancer, Rogers a compris qu’elle ramenait l’or au pays et s’est tout de même exécutée pour un dernier jet sans importance, fondant ensuite en larmes.
«Je n’arrivais pas à réaliser que j’avais le dernier lancer et que c’était réglé. Même si ce dernier lancer ne voulait rien dire et que ça n’a pas super bien fonctionné, j’ai laissé aller le marteau et tout m’a frappé en même temps. Je ne savais pas quoi faire et j’ai pris un moment pour réaliser», a-t-elle confié après coup aux médias sur place.
Une pensée pour sa mère

Après avoir fait de chaleureuses accolades à toutes ses compétitrices, l’athlète de Richmond, en Colombie-Britannique, a couru vers les estrades pour enlacer ses parents, son entraîneur et son compatriote Ethan Katzberg.
Elle a eu une pensée particulière pour sa maman, qui l’a élevée seule, devant faire beaucoup de sacrifices en tirant un revenu modeste de son emploi de coiffeuse.
«J’ai entendu mon entraîneur crier dans les gradins et ma famille qui perdait la tête. C’est là que tout est devenu clair pour moi. C’était fini et j’avais réussi», a lancé la championne.
À Tokyo, en 2021, Rogers était devenue la première Canadienne à se qualifier pour une finale olympique dans cette épreuve. Elle avait terminé au cinquième rang et l’athlète de 25 ans n’a cessé de progresser depuis.
Elle est devenue championne du monde en 2023 à Budapest et, dans les 12 derniers mois, elle a perdu une seule compétition.
Place aux viennoiseries!

À Paris, la finale a été extrêmement relevée et la preuve est que cinq des huit finalistes de la dernière phase ont obtenu leur meilleur lancer de la saison.
Après le triomphe, l’athlète avait le cœur... et l’estomac à la fête!
«C’était la dernière compétition de ma saison et je peux vous assurer que je vais quitter le stade pour aller manger 80 croissants et 900 pains au chocolat», a-t-elle lancé à la SRC, au sujet des fameuses viennoiseries françaises.
C’est la troisième fois seulement dans l’histoire des Jeux olympiques que deux athlètes d’un même pays remportent l’épreuve de lancer du marteau du côté masculin et féminin lors des mêmes Jeux. La Pologne avait réussi le coup en 2000 et 2020.