Un documentaire sur l'ancêtre des tout-inclus
Samedi 12 juillet 19 h 55, TV5
Alexe-Sandra Daigneault
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Depuis sa création, en 1950, le Club Med s’est imposé comme un géant de l’industrie du tourisme grâce à une vision unique des vacances. À l’occasion de son 75e anniversaire, on découvre les hauts et les bas de cette marque devenue mythique dans un documentaire en deux parties qui fleure bon les mojitos et la crème solaire!
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Si on en croit les acteurs de la troupe Le Splendid, il faisait bon travailler au Club Med dans les années 1970. Invités à y présenter leurs premières pièces comiques, en début de carrière, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Josiane Balasko et Bruno Moynot ont en effet vécu les belles années du Club Méditerranée, dont ils se sont inspirés pour créer la pièce à l’origine du légendaire film «Les bronzés». Témoins de l’esprit convivial et un tantinet débauché qui y régnait, ils ont contribué à forger sa réputation internationale... au grand dam du PDG de l’époque, Gilbert Trigano.
Pourtant, l’humour un peu cru et plutôt moqueur du film n’était pas si loin de la réalité. Patrick Bruel, qui a démarré sa carrière de chanteur dans un Club Med de Cancun, se rappelle en effet que ces lieux de villégiature étaient de véritables clubs de rencontre à ciel ouvert: avec leurs tablées collectives, leurs nombreuses activités sportives et culturelles ainsi que leurs Gentils Organisateurs (G.O.), dont la seule mission était de rendre les gens heureux et de créer des liens, il n’aurait pu en être autrement!
Rêver d’utopie
D’une certaine façon, c’était l’accomplissement ultime du rêve de Gérard Blitz, qui fonde le Club Méditerranée en 1950. Animé par l’idée de réinventer le bonheur par le sport et la nature en offrant des vacances accessibles à tous, ce Belge idéaliste a une idée simple: ériger un petit village de tentes dans le village idyllique d’Alcudia, à Majorque, avec le soutien de la compagnie d’articles de camping Trigano et fils.
Même si l’organisation laisse à désirer et que l’administration est catastrophique, le projet est un succès. Impressionné, Gilbert Trigano propose à Blitz de prendre ses finances en main, et convainc son père d’investir davantage. Avec Blitz aux idées et Trigano à la caisse, le Club Méditerranée devient si populaire que la compagnie multiplie les succursales et augmente la qualité de ses installations, sans jamais sacrifier les idéaux de son fondateur. Lorsque ce dernier se retire afin de se consacrer à sa vocation spirituelle, les Clubs Med restent des destinations vacances abordables où règnent plaisir, égalité des classes et contact social.
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À la conquête du monde
Ce concept de communauté égalitaire est au cœur du succès de la compagnie. Dans les Clubs Med, tout le monde porte le maillot de bain, le tutoiement est de rigueur et l’argent n’existe plus, puisque les Gentils Membres (G.M.) paient avec les billes colorées qui composent leur «collier-barre». Les grands décideurs comme les petits ouvriers se servent aux mêmes buffets, dorment sous les mêmes palmiers et chantent les mêmes chansons — dont le célèbre hymne Agadou et Y’a du soleil et des nanas, dont on découvre les mystérieuses origines.
La formule, à l’origine des tout-inclus qu’on connaît aujourd’hui, fait mouche partout. Dans les années 1980, lorsque le Club Méditerranée devient officiellement le Club Med, la compagnie a conquis tous les continents, permettant à des millions de vacanciers de découvrir le monde.
Malheureusement, dans les années 1990, une série de catastrophes provoque le déclin de l’industrie du tourisme et de la réputation du Club Med. Dans la deuxième partie de «La folle histoire du Club Med», qui s’intéresse également aux campagnes de publicité marquantes de la compagnie et au travail de G.O., qui a propulsé la carrière de plusieurs vedettes françaises, on apprend comment l’entreprise a été forcée de renoncer à ses belles valeurs, tournant la page sur un chapitre magnifique et un peu fou de l’histoire du tourisme en France et à travers le monde.