«Je me suis remis beaucoup en question»: Vincent Desharnais a mis du temps à s’acclimater aux Canucks


Dave Lévesque
Partager
Vincent Desharnais s’est rendu à une victoire de gagner la Coupe Stanley avec les Oilers d’Edmonton, mais il a choisi de se mettre en danger l’été dernier.
• À lire aussi: Miller et Pettersson pourraient tous les deux être échangés
• À lire aussi: «C’est la job des médias d’amplifier ça»
À 28 ans, le défenseur format géant de 6 pi et 7 po avait besoin de relever un nouveau défi, c’est pourquoi il a accepté une entente de deux ans d’une valeur de 4 M$ avec les Canucks de Vancouver. Il croit que sa décision lui a permis de devenir un meilleur défenseur.
«Je pense que suis déjà un meilleur défenseur que je l’étais il y a six mois, et pour moi, c’est un peu la raison pour laquelle j’avais besoin d’un nouvel environnement», a-t-il expliqué près du vestiaire que les Canucks occupaient au Centre Bell lundi.
«J’étais dans l’organisation d’Edmonton depuis huit ans et j’étais dans le confort. En arrivant ici, c’était l’inconfort. Dans les premiers mois, il y avait beaucoup d’inconnu. Mais je pense que c’est quand ce n’est pas facile que tu t’améliores et j’ai fait de grands pas autant sur le plan personnel que sur la patinoire.»
Laissé de côté
Et de l’inconfort, on peut dire qu’il en a vécu, parce qu’après avoir disputé presque tous les matchs des Oilers la saison dernière, il a vu une large part des rencontres de la tribune de presse, étant laissé de côté une dizaine de fois depuis le début de la saison.
«Au début, tu te dis: “Comment je passe de jouer 78 matchs en étant constant à être ici et ne pas avoir un certain rôle?” Mais je crois que rien n’arrive pour rien et j’ai tellement appris sur moi dans les derniers mois.
«Quand je vais regarder la situation dans laquelle j’étais, je pense que je vais être content d’avoir passé par là, parce que tu apprends sur toi et sur la personne que tu es et tu t’améliores.»
À travers tout ça, il a eu à supporter des rumeurs qui l’envoyaient sous d’autres cieux, quelques mois à peine après son arrivée.
«Il y a eu 24 heures d’anxiété, et ensuite, j’ai parlé à des personnes de confiance et j’ai laissé aller. J’ai demandé à ma famille de ne même pas m’en parler.»
Confiance
Desharnais avait besoin de reprendre confiance, et ça lui a pris du temps.
«Quand je suis arrivé, on dirait que je voulais trop changer la personne que j’étais pour avoir cette confiance-là plutôt que de rester moi-même.»
Son entraîneur, Rick Tocchet, estime qu’il fait du bon boulot depuis les dernières rencontres. Son temps de jeu a d’ailleurs augmenté.
«Dans les trois ou quatre dernières semaines, il a vraiment travaillé sur son jeu. Il patine mieux, et sa prise de décision est meilleure. On le voit beaucoup plus bouger ses pieds, et je pense que ça explique pourquoi il joue mieux.»
Le principal intéressé estime qu’il a retrouvé son identité depuis un mois.
«Ça n’a pas été facile, ç’a été trois bons mois où je me suis remis beaucoup en question [...] Ça s’est mieux passé dans les dernières semaines, et je me suis plus senti comme moi-même, comme Vincent Desharnais.»
Motivation
Le fait qu’il ait connu une très longue saison avec les Oilers qui s’est terminée par une grosse déception n’est peut-être pas entièrement étranger aux difficultés du défenseur.
«Ça s’est passé tellement vite que je n’ai pas vraiment eu le temps de vivre le deuil, admet-il. En début de saison, ç’a été difficile de retrouver non pas la motivation de jouer, parce que j’aime jouer au hockey, mais la motivation de recommencer à zéro.
«On a joué 115 matchs l’an passé avec la présaison et on a perdu le dernier match de la saison pour ensuite changer d’équipe et recommencer à zéro. C’est une autre expérience que je n’avais jamais vécue, et ça n’était pas facile.»