Tous les résultats
Publicité

Un cycle olympique parsemé d’embûches pour un entraîneur québécois qui a songé à tout abandonner

Photo fournie par NATATION CANADA, YANNICK LÉGARÉ
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-07-25T18:26:23Z

Partager

PARIS | Les deux dernières années ont été particulièrement rock and roll pour l’entraîneur Greg Arkhurst, qui est venu bien près de tout abandonner.

Arkhurst, qui vivra ses premiers Jeux olympiques comme entraîneur après les éditions de 2000 et 2004 comme nageur sous les couleurs de la Côte d’Ivoire, a perdu son père décédé en novembre 2022. Il a pu assister aux obsèques tout juste avant de s’envoler vers Melbourne pour les mondiaux.

L’an dernier, il a été pris dans la tourmente au sein du club CAMO alors que tous les membres du conseil d’administration ont remis leur démission et qu’il a écopé d’une suspension de deux semaines.

Cet hiver, au retour du championnat mondial à Doha, Katerine Savard a coupé les ponts avec Arkhurst et a déménagé à Québec où elle a retrouvé son premier entraîneur, Marc-André Pelletier.

«Je suis très fier de ne pas avoir lâché parce que c’est venu très près, a-t-il confié. Il n’y a jamais de cadeaux dans la vie et ce n’est jamais facile.»

Des appuis de taille

Dans cette tempête, Arkhurst a reçu des appuis importants qu’il n’oubliera jamais. Trois entraîneurs de CAMO ont démissionné en guise d’appui à leur collègue dont le contrat n’avait pas été renouvelé. Les nageuses vedettes Mary-Sophie Harvey et Katerine Savard se sont également rangées dans le camp d’Arkhurst.

Publicité

«Ce fut un geste fort de leur part que je n’oublierai jamais, a-t-il souligné. Ils sont allés au bâton pour moi. Mary, Kat et tout le groupe de nageurs m’ont soutenu et ce fut une belle façon de me renvoyer la balle. Malgré les événements, je n’ai gardé aucune rancœur, aucune haine et c’est ce dont je suis le plus fier. Les événements sont derrière moi.»

L’Officier des plaintes lui a décerné une suspension de deux semaines. «Je ne suis pas parfait, l’humain n’est pas parfait, mais je ne répéterai pas les mêmes erreurs. J’ai beaucoup appris et j’ai fait un tri dans mon entourage.»

Le boulot lui a permis de s’accrocher. «J’aime tellement mon travail et c’est ce qui m’a permis de garder la tête hors de l’eau, a-t-il illustré. C’est le seul endroit où je me sentais totalement bien quand ça allait mal.»

Son plus grand fan

Arkhurst a perdu son plus grand fan quand son père est décédé. «Marié à une Française de race blanche, mon père comprend la réalité d’une personne de race noire et il est fier que je travaille dans un milieu où je suis très minoritaire. Depuis son décès, il m’accompagne dans ce cheminement. Je ne veux pas lâcher et je suis fier. Dans l’adversité, j’aurais pu me révolter, mais j’ai tenté de garder une attitude exemplaire.»

Un départ pas facile à accepter

Entraîneur de Savard après les Jeux de Tokyo en 2021, Arkhurst a difficilement encaissé la décision de la nageuse de Pont-Rouge de retourner à Québec. «J’ai toujours respecté le choix de mes athlètes, mais ce ne fut pas facile, a-t-il résumé. Sa décision n’a pas été une surprise. J’aurais voulu être présent pour l’accompagner dans sa tentative de se qualifier pour ses 4e Jeux, mais je ne pouvais pas choisir pour elle. Kat restera toujours une grande championne. Après la déception de ne pas se qualifier pour Paris, elle sera en mesure, avec le recul, d’être très, très fière de ce qu’elle a accompli.»

Publicité
Publicité