Un coup de poignard

Nicolas Cloutier
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Si vous saviez à quel point ce dernier épisode est souffrant pour Kirby Dach. Son genou et sa tête allaient mieux. Il s’était pris en main. Et les dieux du hockey lui ont planté un couteau dans le cœur.
Personne ne mérite de se blesser, mais parmi les 757 joueurs de la Ligue nationale de hockey, Dach était pas mal celui qui le méritait le moins.
Dommage est un mot faible pour résumer cette absence de quatre à six semaines quand on réalise tout l’effort que Dach avait mis dans sa réadaptation.
Kaiden Guhle a passé l’été avec lui. Il l’a vu passer des heures dans un gym, sans interruption.
Dach a eu une sorte d’éveil après sa dernière blessure au genou. Le genre de manifestation soudaine que tout le monde peut avoir dans sa jeune vingtaine.
Il avoue lui-même avoir tiré des leçons et avoir beaucoup appris de sa première rééducation, moins concluante.
On racontait aussi que ça allait mieux dans la vie personnelle de Dach. Cole Caufield en a glissé un indice récemment en suggérant qu’on n’avait aucune idée de ce qu’il pouvait avoir traversé.
En début de saison, on a eu droit à un Dach qui avait la tête au hockey. Les dépisteurs qui se présentaient au Centre Bell ne voyaient pas le même joueur que celui de l’an dernier.
Les chiffres offensifs de Dach n’ont rien de renversant. Elle n’était pas là, la lueur d’espoir. Mais il y avait de quoi s’emballer avec le fait que Dach avait envie de s’impliquer dans les trois zones.
Les statistiques avancées démontraient une amélioration nette par rapport à ses pairs. Il était deuxième chez les joueurs de centre du CH pour le taux de buts attendus, derrière Nick Suzuki. La saison dernière, il avait fini dernier parmi ceux qui avaient joué au moins 20 matchs.
Position faible
Pour l’heure, Kent Hughes se retrouve en position de faiblesse.
Le regain de vie de Dach lui donnait des options. Le gros Albertain a disputé un fort match contre les Bruins devant le dépisteur en chef des Flames samedi dernier.
Des centres droitiers avec certaines habiletés et son gabarit, il n’y en a pas une tonne sur le marché. À part Charlie Coyle, combien de joueurs de ce genre ont été échangés dans les derniers mois, la dernière année?
Dach, c’était un as dans la manche de Hughes.
Seul, Emil Heineman n’aurait jamais attiré Noah Dobson à Montréal. Jumelé à d’autres éléments d’importance, par contre, il faisait partie d’un très précieux pactole.
C’était le même principe pour Dach. Une équipe qui opère un reset, et non une reconstruction complète, aurait pu le voir dans sa soupe.
Tout ça est dans les limbes.
Parlons de 2026
Martin St-Louis a tenté d’encourager Dach du mieux qu’il pouvait en lui prédisant que 2026, c’était son année.
Parlons-en, justement, de 2026.
Dach deviendra joueur autonome avec compensation le 1er juillet. Autrement dit, s’il n’est pas échangé, il reste à Montréal.
On ne veut pas vous endormir avec la convention collective, mais comme Dach n’a pas joué assez de saisons de 40 matchs, il n’a pas droit à l’autonomie complète avant 2028.
Tout ce que vous devez comprendre, c’est que pour plusieurs raisons, Dach coûterait un peu moins cher, car le CH n’a pas à acheter une seule année d’autonomie complète sur un contrat de deux ans.
Avant que Dach ne se blesse, on avait demandé à un gourou de la fiscalité sportive de nous fournir une projection de contrat sur deux ans. On nous a soumis une moyenne annuelle de 4,75 millions $ si Dach améliore sa production.
À moins que Dach n’explose début 2026, Hughes devrait déjouer ces projections.
Détrompez-vous, ce contrat serait aussi très intéressant pour Dach.
Parce qu’en 2028, le plafond salarial risque d’être très élevé. «Je prédis un plafond de 130 M$ pour 2028-2029», m’a récemment confié un influent agent de joueurs.
Il y a sûrement un avenir dans les millions de scénarios de Doctor Strange dans lequel Dach gagne son pari.
Dach doit s’accrocher au fait qu’il n’a que 24 ans. Maintenant, les dieux du hockey doivent lui donner un break.