Les pensionnats du Québec soulèvent aussi des questions
Des communautés doutent du nombre officiel de décès d’enfants

Nora T. Lamontagne
Partager
La découverte d’un charnier de 215 corps d’enfants autochtones près d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique soulève des questions sur le sort réservé à ceux qui ont fréquenté des établissements semblables au Québec.
• À lire aussi: Restes d’enfants autochtones: une découverte qui ébranle le Canada
• À lire aussi: Les restes de 215 enfants autochtones découverts en Colombie-Britannique
Depuis dimanche, tous les drapeaux des édifices fédéraux sont en berne pour souligner la mort de ces élèves de la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc qui ont séjourné à l’ancien pensionnat de Kamloops. Les plus jeunes avaient 3 ans.
- Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:
« Comme maman, c’est difficile de croire que ça fait partie de notre histoire », dit Daisy House, cheffe de la communauté crie de Chisasibi, dans le Nord-du-Québec, dont plusieurs membres ont fréquenté les pensionnats.
Avant la découverte de cette fosse commune, la Commission de vérité et réconciliation du Canada avait dénombré 3201 décès d’enfants dans ces établissements, dont 38 dans 12 pensionnats du Québec.
Cependant, des communautés autochtones doutent de l’exactitude de ce chiffre.
« Il y en a peut-être plus. Ce sont les familles qui pourraient le relater. Dans les communautés autochtones, il y a bien des choses qui ne se disent pas, mais qu’on sait », dit Jean-Marie Vollant, chef de la communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord.
Recherches difficiles
« Il y en a ici qui cherchent leur tante ou leur oncle [qui ne sont jamais revenus du pensionnat]. On ne sait pas s’ils sont en vie ou non », ajoute la cheffe anishnabée Adrienne Jerôme de Lac-Simon, en Abitibi-Témiscamingue, dont la communauté compte environ 375 ex-pensionnaires.
« Nos aînés nous disent que c’est plus que [38] », affirme Mme House, depuis Chisasibi.
Tous trois aimeraient voir des recherches plus poussées ou des fouilles pour retracer les enfants autochtones qui manquent toujours à l’appel, une demande aussi formulée par l’Assemblée des Premières Nations.
Lancer de telles recherches est une option, a reconnu Justin Trudeau lors d’un point de presse, lundi.
- Écoutez l’entrevue de Viviane Michel, présidente de l’organisation Femmes Autochtones du Québec
« En tant que père, je ne peux imaginer ce que cela me ferait de me faire enlever mes enfants. Et en tant que premier ministre, je suis consterné par la politique honteuse qui a arraché les enfants autochtones à leurs communautés », a affirmé le premier ministre.
En attendant des actions concrètes, plusieurs communautés autochtones ont organisé lundi des commémorations émouvantes devant 215 petites paires de souliers.
Le premier ministre François Legault et la mairesse Valérie Plante ont aussi témoigné de leur désarroi face à cette nouvelle.
– Avec Raphaël Pirro, Agence QMI
LES 12 PENSIONNATS AUTOCHTONES AU QUÉBEC
