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Un candidat libéral rejette la nation québécoise et sa langue dans la Constitution

2022-09-05T15:55:46Z
2022-09-05T17:55:44Z

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Le candidat libéral dans Laurier-Dorion, Deepak Awasti, conteste la légitimité du Québec d’inscrire dans la Constitution canadienne que le peuple québécois forme une nation et que le français est son unique langue officielle. La cheffe du PLQ assure qu’elle n’épouse pas les opinions de son candidat.

Dans une lettre au journal anglophone montréalais The Suburban, le 26 mai 2021, Deepak Awasti affirme que Justin Trudeau et son gouvernement ont tort de soutenir que le Québec a le droit de modifier la Constitution canadienne. Il soutient que le gouvernement Trudeau se trompe avec son interprétation de la loi 96.  

Le fédéral se trompe sur «l’interprétation des pouvoirs permettant la modification constitutionnelle du projet de loi 96», écrivait-il. 

Awasti estime que le gouvernement Legault n'a pas la légitimité de définir le Québec comme une «nation» ni celle d'inscrire dans sa constitution que le français est sa « seule et unique » langue officielle et «commune». 

Pourtant, en septembre 2021, le PLQ a reconnu le droit du Québec de modifier la Constitution canadienne pour y inscrire ces deux caractéristiques (nation et français comme seule et unique langue officielle).  

Risques juridiques

Deepak Awasti soutient qu’il y a des risques juridiques dans l’application des articles inscrits par le Québec dans la Constitution. 

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«Si la langue française est la seule et unique langue de l'État québécois, alors pourquoi est-il encore obligé de légiférer, d'opérer ou de servir le public dans des langues autres que la langue de l'État?», s'interroge le candidat.  

Il dit y voir une contradiction, car la Constitution oblige aussi le Québec à permettre l’usage de l’anglais dans les lois, les règlements et le système de justice. 

Une interprétation contestée par le constitutionnaliste Patrick Taillon: «L’article (133) ne dit jamais que l’anglais est une langue officielle au Québec.» 

Plus radical que Trudeau

«Il est plus radical que Justin Trudeau sur la question. L’écart avec le PLQ est a fortiori plus grand», ajoute le constitutionnaliste. 

L’ancien ministre libéral Benoît Pelletier est d’ailleurs un ardent défenseur des modifications opérées par la loi 96, indique M. Taillon. 

«Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre de la Justice du Canada David Lametti ont dit que Québec pouvait faire ça, le PLQ a soutenu ces dispositions et le PLQ a rejeté in fine PL96 pour d’autres motifs», note M. Taillon. 

Il fait remarquer que la cheffe du PLQ «a dit du bien récemment de 90q.1 (nation) elle parle moins de 90q.2 (seule langue officielle)». 

Anglade désapprouve 

Lors d’un point de presse lundi, Dominique Anglade a affirmé qu’elle n’était «absolument pas» d’accord avec son candidat dans Laurier-Dorion. «Évidemment nous avons voté, même pour le projet de Loi 96, pour cette notion-là (...) Nous étions en faveur», a signalé Mme Anglade, prétextant que Deepak Awasti, qui a été nommé lors d’une investiture ouverte, défend aujourd’hui les positions du PLQ sur la langue. 

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La Loi 101 : «une calèche»

Par ailleurs, dans The Gazette en 2016, Deepak Awasti a aussi écrit que la Loi 101 est aujourd’hui une «ancienne calèche à l’ère de la voiture hybride», déclarait-il, demandant plus de protection dans la loi pour mieux protéger la minorité anglophone. 

Encore une fois, la cheffe libérale a admis qu’elle n’était pas d’accord avec les propos de son candidat. «Absolument pas. La Loi 101 elle est claire par rapport au Parti libéral du Québec», a-t-elle relaté. 

«Les seuils du « statut bilingue » sont trop élevés, leur atteinte est impossible. La présence de la communauté anglophone se contracte sans relâche. Le mandat de l'Office québécois de la langue française est de promouvoir et de protéger uniquement la langue française. Quel Office protège et promeut la langue anglaise et les droits de sa communauté, une « nation fondatrice » du Québec?», affirme Awasti. 

Encore une fois, la cheffe libérale a admis qu’elle n’était pas d’accord avec les propos de son candidat. 

Elle plaide qu’elle a eu «plusieurs» «discussion» avec lui et qu’il est maintenant parfaitement «en ligne avec» la position du PLQ. 

Sur notre entière adhésion de la Loi 101 et l’importance de faire la promotion et la protection du français. D’où les 27 mesures qu’on a mises de l’avant. Je rappelle qu’on est 2% en Amérique du Nord. Si on veut continuer à évoluer de manière forte au Québec, on a besoin de mesures pour aller de l’avant», a-t-elle déclaré.   

Deepak Awasti s’est récemment fracturé un bras et une jambe. Il n’était pas disponible pour une entrevue. 

Ouvrir les Lois

Néanmoins, le PLQ ne compte plus seulement attendre le renouvellement de la clause dérogatoire, incluse dans les lois 21 sur la laïcité et 96 sur la langue, pour la retirer. 

Si elle prend le pouvoir, Mme Anglade compte ouvrir les deux lois pour rapidement les modifier. 

«Dans le cas de la loi 21, c’est l’ouverture pour permettre aux enseignants d’enseigner. Et pour 96, effectivement on a dit qu’on enlèverait la clause dérogatoire pour faire en sorte qu’on ait de jeunes qui étudier là où ils le souhaitent et qu’on enlève la question des six mois [pour que les immigrants puissent recevoir des services dans leur langue] ainsi que d’autres éléments qui sont là-dedans», a-t-elle expliqué. 

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