Un but parfait dans un match imparfait

Jonathan Bernier
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Le Canadien a le don de se compliquer la vie. Après avoir blanchi les Hurricanes, mardi, il a éprouvé toutes les difficultés du monde à vaincre les pauvres Sharks de San Jose, 32es et bons derniers du classement général.
Mais comme l’a déjà dit un vieux sage, ce n’est pas comment, c’est combien. Et dans cette bataille éreintante pour une place en séries éliminatoires, tous les points de classement sont importants. Même s’ils sont acquis en prolongation comme ce fut le cas jeudi soir.
D’ailleurs, il a fallu une superbe pièce de jeu individuelle de Cole Caufield pour que le Canadien se sauve avec une victoire de 4 à 3.
«À part le résultat, je ne suis pas réellement satisfait de la façon dont on a joué, a déclaré Martin St-Louis, après le match. Notre niveau de risque était trop élevé.»
Se sauver, c’est le bon mot, considérant que la troupe montréalaise a tiré de l’arrière trois fois par un but au cours de la rencontre. Force est d’admettre qu’elle a affiché une belle résilience.
«On a trouvé une manière dans un match imparfait d’aller chercher deux points, mais on aurait dû avoir plus de maturité pour ne pas se retrouver dans cette situation», a lancé l’entraîneur-chef du Canadien.
Anderson inspirant
Au niveau de la résilience, le Canadien a bien sûr été guidé par Nick Suzuki. Le capitaine a récolté deux buts et une passe, ce qui lui permet maintenant d’afficher une moyenne supérieure à un point par match (60 points en 59 matchs).
Mais il ne faudrait pas passer sous silence la ténacité de Josh Anderson. Une façon plus effacée, mais tout aussi importante d’inciter ses coéquipiers à ne pas abandonner.
On ne compte plus le nombre d’entraînements que l’attaquant a ratés, depuis la fin du mois de janvier, pour se plier à des séances de traitements. Mardi, il a terminé la rencontre au vestiaire après avoir solidement embrassé la bande.
Face aux Sharks, on croyait que le même sort attendait Anderson lorsqu’il a quitté le match, pendant la deuxième période, après une chute en apparence banale près de la ligne bleue des visiteurs.
Pourtant, il était bel et bien à son poste pour le début de la troisième période. Il a sauté sur la patinoire à son tour régulier. Et pas seulement pour faire acte de présence.
Il a bloqué un tir, amorcé une contre-attaque. Il a également offert une supériorité numérique à son équipe en forçant Shakir Mukhamadullin à le retenir, alors qu’il pénétrait en zone adverse.
Un exemple à suivre.
Fidèle à son habitude, Anderson a raté la cible sur plusieurs occasions de marquer à partir de l’enclave. Ce qui, cependant, n’a rien à voir avec son état de santé.
Pas un grand match de gardiens
Ce qu’il y a également d’intéressant, c’est que le Canadien est parvenu à ajouter deux points au classement général sans avoir besoin d’une grande soirée de Samuel Montembeault.
Le gardien de Sainte-Gertrude a repoussé 23 tirs, mais il a souvent semblé éprouver des ennuis à suivre la trajectoire de la rondelle.
C’est la beauté d’affronter une équipe qui en arrache. Le même genre de performance face à une formation de premier plan aurait renvoyé tout le monde à la maison avant la prolongation. Et à l’autre bout de la patinoire, Alexandar Georgiev n’a pas été mieux.
Un groupe en pleine possession de ses moyens aurait également été sans merci sur les occasions de marquer à haut risque qui lui auraient été offertes. Selon le site naturalstattrick, en première période seulement, les visiteurs ont obtenu huit de ces occasions. Contre une seule pour le Canadien.
Mais encore une fois, ce n’est pas comment, c’est combien. Profitons-en. En raison de la victoire des Blue Jackets, à Detroit, le Tricolore demeure à cinq points de la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires.
Au moins, il n’a pas perdu de terrain.