Un bon humain derrière le «tough»: John Tortorella aura toujours la cote, selon l’un de ses anciens joueurs


Stéphane Cadorette
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L’embauche de John Tortorella par les Golden Knights de Vegas a généré une onde de choc et, pourtant, personne ne devrait s’étonner que le bouillant entraîneur-chef compte autant de vies, selon l’un de ses anciens protégés.
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Depuis dimanche, plusieurs se posent des questions sur la décision des Golden Knights, qui connaissaient des ennuis même s’ils s’accrochent au troisième rang dans la faible division Pacifique.
Les amateurs de hockey et analystes sont nombreux à décrier le fait que Tortorella n’a pas obtenu de bons résultats avec les Flyers, à sa cinquième opportunité comme entraîneur-chef. La conclusion toute tracée est que le style rugueux et dur de Tortorella ne serait plus compatible avec les joueurs d’aujourd’hui.
« Torts a été capable d’évoluer dans les 15-20 dernières années. Il va toujours amener quelque chose de différent et c’est pour ça qu’il reste. Je ne suis pas surpris qu’il soit encore là parce que c’est un vrai gars de hockey et il le sera jusqu’à la fin.
« Avec les Flyers, il devait rebâtir une organisation. Ce n’était pas la même chose qu’à ses précédentes opportunités et qu’avec la situation à Vegas » a plaidé son ancien gardien pendant trois saisons avec les Rangers, Martin Biron.
Une succulente anecdote
L’ex-cerbère devenu analyste est très bien placé pour commenter la dualité entre le bourru caractère de l’entraîneur et son côté attachant.
Il n’a jamais oublié une anecdote survenue lors des séries au printemps de 2012, qui illustre bien la nature complexe du personnage.
« On était rendu en finale de conférence et mon garçon Jacob, qui avait 7 ans, s’amusait dans le gymnase à botter des ballons dans le mur avec des joueurs. Torts était sorti de son bureau pour aller engueuler tout le monde en disant qu’avant une finale de conférence, il fallait être plus sérieux.
« Mon fils avait les larmes aux yeux. Vers 16 h, le téléphone a sonné chez moi et Torts a demandé de parler à Jacob. Il s’est excusé et lui a dit qu’il regrettait... mais il lui a quand même expliqué qu’en séries, ce n’était pas le temps de botter des ballons ! Il est donc resté tough, mais il a aussi été très humain », a-t-il raconté.
Situation difficile
Tout cela étant dit, au-delà de son caractère intempestif ou de son côté plus tendre, Tortorella s’amène dans une situation où il lui sera difficile de faire des miracles.
Depuis la saison 2005-2006, il y a eu 83 changements d’entraîneurs en cours de saison. Sachez que les équipes qui ont choisi cette voie ont atteint les séries à seulement 33 occasions.
Les Golden Knights sont toutefois bien placés pour y arriver, avec seulement huit matchs à jouer.
Il est tout de même arrivé à sept occasions dans l’histoire de la LNH qu’une équipe remporte la Coupe Stanley après avoir congédié un entraîneur-chef en pleine campagne, dont en 2018-2019, quand Craig Berube a transporté les Blues jusqu’à leur conquête inattendue.
Berube avait toutefois eu le temps de mettre l’équipe à sa main en dirigeant 63 matchs cette saison-là.
L’unique cas auquel Tortorella et les Golden Knights peuvent se raccrocher est celui de Larry Robinson, en 2000. Avec seulement huit matchs à écouler, le directeur général Lou Lamoriello avait viré Robbie Ftorek pour le remplacer par Robinson, et les Devils avaient remporté la Coupe Stanley quelques semaines plus tard.
« C’est très rare que ça marche », a concédé Biron. « Les Knights sont déjà très bons défensivement, mais ils n’ont pas de gardien. Est-ce que Tortorella va changer la manière de jouer pour aider les gardiens de but ? C’est difficile à dire. »
Quoi qu’il en soit, le carrousel des entraîneurs tourne plus vite que jamais dans la LNH. Difficile à croire, mais Martin St-Louis, embauché à Montréal le 9 février 2022, loge maintenant au cinquième rang en termes d’ancienneté à la barre d’une équipe.
LES ÉQUIPES QUI ONT GAGNÉ LA COUPE STANLEY APRÈS UN CHANGEMENT D’ENTRAÎNEUR EN COURS DE SAISON
Maple Leafs de Toronto
1931-1932
Dick Irvin en remplacement d’Art Duncan après 5 matchs
Canadien de Montréal
1970-1971
Al MacNeil en remplacement de Claude Ruel après 23 matchs
Devils du New Jersey
1999-2000
Larry Robinson en remplacement de Robbie Ftorek après 74 matchs
Penguins de Pittsburgh
2008-2009
Dan Bylsma en remplacement de Michel Therrien après 57 matchs
Kings de Los Angeles
2011-2012
Darryl Sutter en remplacement de Terry Murray et John Stevens après 33 matchs
Penguins de Pittsburgh
2015-2016
Mike Sullivan en remplacement de Mike Johnston
Blues de St. Louis
Craig Berube en remplacement de Mike Yeo après 19 matchs