Un beau risque pour les Bills avec un intrigant joueur défensif


Stéphane Cadorette
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Pour passer au prochain niveau que les Bills semblent incapables d’atteindre, il est clair qu’ils doivent chasser les quarts-arrières adverses avec plus de constance. Ont-ils répondu à cette lacune évidente en embauchant l’ailier défensif Joey Bosa?
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La réponse est complexe, mais chose certaine, l’équipe a pris un risque raisonnable qui a le potentiel de rapporter gros.
Bosa, le grand frère de Nick avec les 49ers, a été le troisième choix au total des Chargers en 2016. Après neuf saisons, ces derniers ont décidé qu’il valait mieux passer à autre chose.
Pas parce que Bosa n’a pas répondu aux attentes sur le plan de la production et du talent. Sur cet aspect, les choses sont claires. Le problème avec lui en est plutôt un de disponibilité. Les blessures répétées font en sorte qu’il devient difficile de le voir comme un joueur fiable.
Il aura 30 ans cet automne au début de la saison, un âge qui représente souvent la croisée des chemins. Plusieurs joueurs évoluant à cette position ont eu la trentaine heureuse, tandis que d’autres ont tranquillement disparu.
Lors des trois dernières saisons, il a été contraint de rater 23 matchs en raison de diverses blessures. Les partisans des Bills sont tout à fait en droit de lire ceci et de se dire que ça fait peur.
Pas un gros engagement

Là où les Bills ont le potentiel de réaliser un grand coup, c’est que Bosa leur coûtera seulement 12,6 millions pour une saison. Enfin, seulement est un grand mot, mais 26 chasseurs de quarts-arrières dans la ligue gagnent un meilleur salaire annuel que Bosa.
Ce n’est pas comme lorsqu’ils ont consenti un énorme contrat au vétéran Von Miller il y a quelques années. Cette fois-ci, ils pigent beaucoup moins profondément dans leur poche et ils ne s’engagent pas à long terme.
Pour relancer sa carrière et décrocher un contrat plus lucratif dans un an, Bosa sera motivé comme jamais.
Quand il est en santé, sa productivité ne fait aucun doute. En 107 matchs, il a réussi 72 sacs du quart. Il a connu quatre saisons de plus de 10 sacs, mais sa dernière remonte à 2021.
Belle profondeur
Bosa ne représente donc clairement pas une valeur sûre, mais avec Greg Rousseau, A.J. Epenesa et Michael Hoecht, sa santé devrait être mieux préservée, dans le cadre d’une rotation de personnel.
L’espoir est que Bosa fasse ressortir le plein potentiel du jeune Rousseau, à qui les Bills viennent de consentir une prolongation de contrat de 80 millions sur quatre ans, même s’il n’a jamais réussi plus de huit sacs du quart en une saison.
Il aurait certainement été plus spectaculaire pour les Bills d’aller chercher un Myles Garrett à Cleveland ou un Maxx Crosby à Las Vegas, mais les deux se sont finalement entendus à long terme avec leur équipe.
Dans les circonstances, ils ont su bien jongler entre les effectifs et le budget disponibles, tout en embauchant aussi le plaqueur des Steelers Larry Ogunjobi (1 an, 10 millions). La profondeur sur leur front défensif sera notable et c’est une formule qui a bien servi des équipes de tête dans les dernières années, dont les Eagles.
Entre Bosa, Ogunjobi, Hoecht et le receveur Josh Palmer, les Bills n’ont rien fait pour générer des manchettes spectaculaires, mais ils ont clairement amélioré leur équipe.
C’est sans parler des prolongations de contrat très raisonnables et justifiées au quart-arrière Josh Allen, à l’ailier défensif Greg Rousseau, au receveur Khalil Shakir et au secondeur Terrel Bernard, tous des rouages importants de l’équipe.
Les Bills misent aussi sur 11 choix au prochain repêchage, dont trois lors des deux premiers tours. Ils ont l’arsenal pour se montrer agressifs.
Et si le beau risque Bosa fonctionne, ils figureront clairement parmi les plus sérieux prétendants.