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Un «assassin silencieux» chez les Alouettes

Cole Spieker, à l’entraînement, avec les Alouettes.
Cole Spieker, à l’entraînement, avec les Alouettes. Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2024-10-11T23:30:00Z

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Ses coéquipiers le diront: le receveur de passes Cole Spieker n’est pas le plus bavard chez les Alouettes. Meneur de l’équipe avec sept touchés depuis le début de la saison, il mérite plutôt le surnom d'«assassin silencieux».

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«Même s’il est très bon, Cole n’est pas le joueur qui attire le plus d’attention», reconnaît d’emblée le quart-arrière Cody Fajardo. «Je l’adore et j’ai bâti une relation incroyable avec lui, autant sur le terrain qu’à l’extérieur.»

En toute discrétion, l’Américain de 28 ans représente un rouage très important dans la formation montréalaise, cette saison. Les Alouettes l’ont d’ailleurs récompensé au début du mois en lui offrant un nouveau contrat qui le lie à la formation montréalaise jusqu’en 2026.

Cole Spieker, durant le match du 11 juillet 2024, au stade Percival-Molson, contre les Argonauts de Toronto.
Cole Spieker, durant le match du 11 juillet 2024, au stade Percival-Molson, contre les Argonauts de Toronto. Photo Martin Chevalier

«Un joueur comme Cole Spieker a une grande valeur pour une équipe de football», vient vanter à son tour l’entraîneur-chef Jason Maas. «Il est un gars que les autres joueurs auraient intérêt à imiter, dans le sens où il est une bonne personne et un bon coéquipier. Il fait tous les sacrifices possibles pour les autres gars à ses côtés.»

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«Peu importe les obstacles qui se dressent devant Cole, il fonce tête première», ajoute Maas, à propos du receveur de passes. «Il a eu ses hauts et ses bas avec nous. Depuis qu’il est avec les Alouettes, Cole a fait partie de la formation partante, mais parfois non. Il a connu des matchs où il était très productif et d’autres où il l’était peut-être moins.»

«Je continue de pousser»

Dans une saison marquée par les blessures chez les Alouettes, particulièrement chez les receveurs, Spieker totalise actuellement 710 verges de gains par la voie des airs. Lors du plus récent match de l’équipe, dans une défaite de 37 à 31 contre les Argonauts à Toronto, il a encore inscrit un touché, captant trois passes pour 99 verges.

«Si mes coéquipiers reconnaissent ma résilience, je le prends comme un énorme signe de respect», vient commenter Spieker. «Je sens le soutien de mes coéquipiers. Ils reconnaissent ma patience et le fait que je travaille fort. Je continue de pousser et j’essaie de contrôler ce que je peux contrôler.»

À un niveau supérieur

En finale de la Coupe Grey, l’an dernier, avant le touché grandiose de Tyson Philpot avec 13 secondes à écouler au cadran, c’est justement Spieker qui avait été la cible de Fajardo lors d’un troisième essai avec cinq verges à franchir. Le fait demeure: sans cet attrapé de l’assassin silencieux, les Alouettes n’auraient pas gagné le championnat.

«Il continue à construire là-dessus», témoigne son coéquipier Alexandre Gagné. «Beaucoup de gars peuvent regarder Cole Spieker et dire qu’il est résilient à un niveau supérieur.»

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Le prochain match de Spieker et des Alouettes, déjà assurés de participer à la prochaine finale de l’Est, aura lieu ce lundi 14 octobre, alors que le Rouge et Noir d’Ottawa sera en visite à Montréal.

De la livraison à la réception 

Originaire du Minnesota, Cole Spieker a longtemps grandi en rêvant de jouer dans la NFL, idéalement chez les Vikings. Son chemin le menant chez les Alouettes de Montréal fut autrement plus complexe.

«J’ai grandi en étant un partisan des Vikings alors que mon père [Chris] a toujours aimé le football», vient raconter Spieker, dans une entrevue accordée au Journal. «On a même eu un abonnement pour les Vikings et on faisait deux heures de route en voiture pour se rendre en ville lors des jours de match. Ce sont de beaux souvenirs.»

Après un séjour de trois ans à l’Université Wisconsin-La Crosse, de 2017 à 2019, c’est là où les obstacles ont commencé à se dresser sur sa route. Déterminé à participer à certains essais pour la NFL, Spieker n’a pas eu cette chance à cause de la pandémie de COVID-19. Tout en gardant la forme, il a même été dans l’obligation de se dénicher un emploi à United Parcel Service (UPS).

«Je chargeais les camions très tôt le matin, de 3 h à 9 h, j’allais m’entraîner par la suite», s’est rappelé le receveur de passes «J’essayais de rester prêt, mais en même temps je devais gagner un peu d’argent pour payer les factures.»

«Cette expérience m’a appris la discipline, le travail d’équipe et l’importance de faire des sacrifices, alors que je dois préciser que je n’avais jamais été un lève-tôt», d’ajouter l’Américain.

Payer pour se faire voir

Spieker a finalement été remarqué à un camp d’essai tenu à Dallas, en mai 2022, devant le directeur général Danny Maciocia, mais aussi devant Jean-Marc Edmé, qui occupe pour sa part le poste de directeur exécutif du personnel des joueurs chez les Alouettes.

«Son cheminement l’ayant mené jusque chez les Alouettes n’a pas été un parcours de rêve», a résumé son coéquipier Alexandre Gagné, bien au fait du passé de Spieker. «Ce gars-là travaillait pour UPS, il a payé pour participer à un camp et il est ensuite passé à quelques reprises par l’équipe d’entraînement avant de devenir régulier avec nous. J’ai énormément de respect pour lui.»

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