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Un aplomb qu’on n’avait jamais vu chez David Reinbacher

Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2026-03-04T05:00:00Z

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LAVAL | Le contraste est fascinant. Alors que de nombreux partisans ont démissionné sur lui et l’incluent dans la moindre transaction fictive à l’approche de la date limite du 6 mars, David Reinbacher, lui, file le parfait bonheur.

On ne ressent plus chez lui la même gêne, la même réserve. Comme s’il avait guéri son mal du pays. 

« Je me sens vraiment bien, a-t-il lancé avec un sourire rayonnant, mardi matin après l’entraînement du Rocket. Je joue plein de matchs. C’est cool d’être revenu à quelque chose de normal. Ça me fait sourire chaque jour. C’est un privilège de voir les gars. »

Quelque chose de « normal » pour Reinbacher, c’était seulement jouer des matchs.

Depuis son arrivée en sol nord-américain en 2024, jamais Reinbacher n’avait joué plus de 11 matchs en une saison dans la Ligue américaine. On retient notamment une blessure très sérieuse à un genou subie lors d’un match préparatoire contre les Maple Leafs qui lui a presque fait rater toute la saison 2024-2025.

« Moi ou toi, on ne sait pas ce qu’il a vécu, a lancé l’entraîneur-chef du Rocket, Pascal Vincent. La pression d’être ce joueur pour le Canadien, d’être repêché cinquième... les blessures... Tout ce qu’on peut faire, c’est l’aider. »

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Enfin du millage

Pour Reinbacher, le compteur est maintenant à 43 matchs cette saison. Et récemment, il reçoit du temps de jeu en quantité industrielle dans le rôle de numéro un, en l’absence d’Adam Engström.

C’est considérable pour lui. C’est assez de millage pour qu’il sorte enfin de sa coquille, pour qu’il se sente enfin lui-même, loin du cocon familial.

« Il commence à trouver ses repères sur la patinoire dans le style qu’on joue ici en Amérique du Nord, a noté un Vincent très loquace. En Europe, tu reviens souvent sur tes pas avec la rondelle. Il a vécu la possession et, nous autres, c’est nord-sud, on attaque le filet, on est très agressifs avec la rondelle.

 « Imagine-toi, on prend un jeune homme de 18, 19 ou 20 ans... on l’amène dans un autre pays où le langage du hockey est différent, le style de vie est différent, la nourriture aussi. Je pense qu’il commence à prendre ses aises en Amérique du Nord. Il s’habitue à notre style d’entraînement, intense, toujours sur le gun.

« Ça lui enlève un peu la charge de devoir s’ajuster tous les jours parce que ça devient une seconde nature pour lui. Et ça lui permet de relaxer. Résultat : on voit un peu plus l’individu. »

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À des fins de rédaction, le propos de Vincent a dû être abrégé. Mais sachez qu’en l’espace de deux questions, à peine, il s’est lancé pendant cinq minutes sur Reinbacher. On le sent très investi dans le projet de développement qu’il a mis sur pied pour l’Autrichien.

« Quand on considère tous les facteurs que j’ai mentionnés... on est capables de voir le joueur qu’on a repêché à l’époque », a insisté l’homme de hockey.

« Il commence à montrer son vrai visage. C’est fantastique à voir », a constaté Owen Beck.

« Je suis sur la bonne voie, s’est réjoui Reinbacher. Chaque match, je me rapproche de l’objectif. Je neutralise les joueurs, je fais des jeux, je patine avec la rondelle. »

L’illusion des statistiques

Si on sépare en deux temps la saison de Reinbacher, on fait un constat plutôt ironique.

Quand il a effectué son retour au jeu, les partisans étaient rassurés de le voir obtenir 12 points en 21 matchs du 31 octobre au 27 décembre. Production respectable pour un jeune défenseur dans un calibre très relevé.

Or, durant cette séquence, nous avions parlé à Vincent et il n’était pas prêt à dire que Reinbacher s’était tout à fait acclimaté à la Ligue américaine.

Il voyait encore certaines lacunes dans l’écart que Reinbacher concédait au porteur. C’était pourtant la force de l’Autrichien à son année de repêchage et l’une des raisons pour lesquelles le Canadien l’avait repêché cinquième.

Ensuite, du 28 décembre au 25 février, Reinbacher a été limité à 4 points en 20 matchs, et c’est à ce moment que les partisans ont réellement déchanté et ont commencé à le voir comme monnaie d’échange.

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Or, c’est dans cette séquence qu’on a vu la plus grande croissance dans son jeu. Ce n’était pas un passage à vide, dixit Vincent.

« Non, zéro, a affirmé l’entraîneur. Mais je comprends que les gens regardent les statistiques. Ils ne peuvent pas tout suivre. »

D’ailleurs, le fameux écart avec le porteur (gap control) de Reinbacher, il est « beaucoup mieux », a poursuivi Vincent.

Il faut juste espérer, maintenant, que les blessures soient de l’histoire ancienne. Parce que le temps commencera à manquer.

« Quand j’entends des gens dire qu’il est fragile... écoute, ce sont des blessures subies parce qu’il s’est mis dans des positions où il avait la rondelle et il voulait faire des jeux, a justifié Vincent. Parce qu’il a cette confiance-là ! »

Vincent fait allusion à la plus récente blessure de Reinbacher, subie fin janvier. Le longiligne droitier a été lourdement frappé par Martin Frk des Wranglers de Calgary en voulant faire un jeu derrière son filet. Plus de peur que de mal, il a raté deux semaines.

« C’était juste de la malchance, a plaidé Vincent. On va voir avec les années un joueur de hockey qui va continuer à grandir. Moi, j’ai très confiance qu’il va devenir un joueur important. »

Et d’ici là, ce ne sont pas les rumeurs ou l’angoisse engendrée par la date limite des échanges qui vont perturber le principal intéressé.

« Il n’y a pas raison de s’inquiéter, a minimisé Reinbacher, qui dit ne pas avoir parlé avec la direction récemment. Tu te concentres sur toi et tu donnes ton meilleur chaque jour. »

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