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Ancien partisan de Donald Trump: ce Québécois d’origine tente de rassembler les Floridiens autour de la poutine

Eric Primeau, fier fabriquant du seul fromage en grains disponible en Floride et propriétaire d’un «food truck» de poutine, Florida Poutine.
Eric Primeau, fier fabriquant du seul fromage en grains disponible en Floride et propriétaire d’un «food truck» de poutine, Florida Poutine. Photo Clara Loiseau
Photo portrait de Clara Loiseau

Clara Loiseau

2024-10-29T04:00:00Z

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FLORIDE | Un Québécois qui sillonne la Floride avec son foodtruck pour rassembler Américains et Québécois autour de la poutine regrette d’avoir jadis cru à une présidence Trump et craint de voir son pays adoptif sombrer dans la violence.

«En 2016, j’ai cru que c’était Donald Trump qui allait aider les États-Unis. Mais j’ai réalisé qu’il avait plutôt été une énorme erreur, peut-être celle dont les Américains avaient besoin pour se réveiller», raconte Eric Primeau en préparant une poutine à l’arrière de son camion-restaurant stationné au milieu de la campagne floridienne, à Myakka City.

Cet ancien informaticien de plus de 25 ans de carrière a élu domicile dans le sud des États-Unis il y a un peu plus de 13 ans. Avec sa femme et leur fils, il vit dans une petite ville d’agriculteurs située à une cinquantaine de kilomètres de Sarasota, au bord du golfe du Mexique. Il n'a pas le droit de vote. 

«On est loin de la ville, ici, des belles plages. On est vraiment dans la campagne. Pour beaucoup de gens ici, Donald Trump, c’est quelqu’un qui a de la prestance, qui est loin des vieux politiciens sérieux. Quand il parle, les gens se reconnaissent, alors ça attire», explique l’homme de 53 ans traversant son camion où la température avoisinait les 37 degrés Celsius.

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Sujet tabou

Mais celui qui a ouvert Florida Poutine il y a maintenant deux ans a rapidement déchanté lorsqu’il a vu la division qu’a amenée le milliardaire dans son pays adoptif.

«Si Mme Harris gagne, je pense qu’il va y avoir des émeutes [des pro-Trump], peut-être pendant plusieurs semaines avant que ça se calme», estime-t-il. Selon lui, les fanatiques de l’ex-président risquent de ne pas accepter une défaite et il s’attend à ce que le milliardaire mette en plus de l’huile sur le feu comme il l’avait fait lors de l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

Et si Trump remporte l’élection? «Je pense aussi que ça risque d’être catastrophique», anticipe déjà M. Primeau, qui craint un gouvernement Trump.

Un sentiment partagé par de nombreux Québécois installés en Floride, et des Américains qui se préparent aussi, pour certains, à quitter le pays en cas de victoire de l’ex-président.

D’autant plus que depuis que Trump a remporté l’élection en 2016, il voit bien qu’il est de plus en plus difficile de réussir à débattre sainement et à partager ses idées.

«On ne peut plus discuter de politique», déplore-t-il.

Pour la plupart des États-Uniens et des Québécois rencontrés par Le Journal, l’élection est un sujet très chaud, duquel beaucoup préfèrent ne pas s’approcher.

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«C’est comme marcher sur des œufs, on ne sait jamais comment l’autre personne va réagir», poursuit celui qui rêve de rassembler les gens autour de la nourriture.

Photo Clara Loiseau
Photo Clara Loiseau

Gabrielle Cataford-Sauvé, une Québécoise du coin qui passait s’acheter une poutine lors du passage du Journal, abonde dans le même sens.

«Ici, je ne parle jamais de religion ou de politique. Ce sont des sujets qui sont trop sensibles, ici», explique la vétérinaire de carrière.

«L’un de mes voisins est pro-Trump, l’autre est pro-démocrate et ils ne font que s’engueuler, alors je préfère ne juste pas aborder le sujet», explique celle qui a 35 ans, en salivant devant son plat typiquement québécois.

Les dégâts des ouragans «Hélène» et «Milton» qui ont frappé Sarasota étaient encore bien visibles, même si le premier ouragan a balayé la côte le 21 septembre. La plupart des commerces du quartier St. Armands, particulièrement ravagé, n’avaient pas encore rouvert leurs portes ou même commencé les travaux.
Les dégâts des ouragans «Hélène» et «Milton» qui ont frappé Sarasota étaient encore bien visibles, même si le premier ouragan a balayé la côte le 21 septembre. La plupart des commerces du quartier St. Armands, particulièrement ravagé, n’avaient pas encore rouvert leurs portes ou même commencé les travaux. Photo Clara Loiseau
Poutine rassembleuse

Dernièrement, avec les ouragans Hélène et Milton qui ont frappé avec force cette partie de la Floride, la politique n’est plus au cœur des discussions.

«Avant oui, on échangeait un peu sur les candidats, l’élection, mais maintenant, tout tourne autour des ouragans», explique M. Primeau en offrant une poutine classique à un employé de l’État.

En attendant les résultats de l’élection, M. Primeau espère juste qu’il pourra continuer de réunir Québécois et États-Uniens autour d’une bonne poutine avec du vrai fromage en grains.

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