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Un an depuis l'éclosion du CHSLD Laflèche

2021-03-24T00:48:43Z

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Il y a un an, le Centre d’hébergement Laflèche à Shawinigan devenait le premier CHSLD de la Mauricie à être touché de plein fouet par le coronavirus, marquant le point de départ d'une lutte de trois mois pour maitriser la COVID-19 au sein de l'établissement.

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Le 22 mars 2020, alors que la région compte une trentaine de cas de COVID-19, le virus se pointe au CHSLD. Les jours suivants, il se répand dans plusieurs unités, entrainant un premier décès une semaine plus tard. 

Au mois d’avril, la crise est hors de contrôle. Le coronavirus a infecté 70 % des résidents, tandis que le personnel, malade et épuisé, tombe au combat. Deux préposées luttent pour leur vie aux soins intensifs. La dévastation est telle qu'une morgue temporaire est installée.
Il faudra attendre le 8 juin pour que l'avis d'éclosion soit enfin levé. 

Un an plus tard, les souvenirs sont encore douloureux pour ceux qui ont vécu la crise. La plupart tentent aujourd’hui de tourner la page. 

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La PDG adjointe du CIUSSS, Nathalie Boisvert, a coordonné le travail des équipes sur le terrain. «Ce que je voyais, c'est des gens qui mouraient seuls. J'étais totalement impuissante. Je ne pouvais pas revenir en arrière. Le virus, il était là. Je devais trouver des moyens pour soutenir les familles, les résidents, les intervenants pour qu'on traverse cette crise-là. J'étais hantée par l'idée que tous les patients étaient pour mourir», a confié Nathalie Boisvert, qui est infirmière de formation. 

Un poste de commandement a été mis en place pour aider le personnel. «Dans une même journée, c'était des dizaines d'ajustements que l'on amenait», a-t-elle poursuivi. 

«Le 22 avril, on m'a appelé pour me dire qu'on avait 13 résidents de guéris. C'était inespéré. C'est venu mettre un baume. Et entre temps, on savait qu'il y avait d'autres éclosions qui survenaient et je me disais "okay, on reprend la même recette, on tente de corriger les choses"», a expliqué Nathalie Boisvert. 

Pascal Bastarache, président du syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, recevait des appels, jours et nuits, provenant de travailleurs en larmes qui étaient confrontés à des choix déchirants. 

«Ils devaient choisir entre accompagner quelqu'un en fin de vie ou aller donner des soins à un autre patient. Ils me demandaient quoi faire. Et en direct, on me disait "laisse tomber, la personne est décédée"», a raconté Pascal Bastarache. 

Paul Lavergne, président du Conseil central du Cœur-du-Québec–CSN, a travaillé cinq semaines dans l'établissement. L'image de la morgue le bouleverse encore aujourd'hui, mais il garde aussi en souvenirs le dévouement et l’entraide du personnel. 

«L'entraide était instantanée sur le terrain. Lorsque quelqu’un ne filait pas, les autres accouraient rapidement pour donner un coup de main», a-t-il confié. 

«Ce qui est toujours très spectaculaire dans les crises, c'est la capacité de l'humain, sa résilience, l'engagement des gens qui sont sur le terrain. Laflèche va demeurer, malheureusement, un symbole. Ces gens-là, on les a beaucoup accompagnés, mais on ne pourra jamais enlever ce qui s'est passé. On ne pourra jamais effacer ça de leur mémoire, c'est imprégné», a souligné Nathalie Boisvert.

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