Un an après la controverse des Kings à Québec: Luc Robitaille a de la fierté et aucun regret


Jean-Nicolas Blanchet
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LOS ANGELES | Luc Robitaille s’est réveillé au matin du 14 novembre 2023 et il croyait que ça allait être une journée merveilleuse. Il était à Québec, une ville qu’il a toujours adorée, pour annoncer que ses Kings allaient tenir leur camp d’entraînement l’automne suivant au Centre Vidéotron.
Mais la journée ne s’est pas passée comme il le croyait. En peu de temps, une bonne partie du Québec s’est déchaîné pour dénoncer une subvention publique pour son équipe.
Je l’ai rencontré récemment dans son bureau au centre d’entraînement des Kings, à El Segundo, à Los Angeles. C’est situé entre les mythiques Venice et Manhattan Beach.
Je lui demande s’il avait vu venir cette controverse.
«Ben non!» a-t-il réagi, promptement. Aussi, ça l’a plutôt étonné quand des élus lui écrivaient pour refuser la subvention.
L’enfant chéri qui mange une volée
Luc Robitaille fait partie des enfants chéris du Québec. On connaît tous son parcours. C’est un choix de neuvième ronde dans la LNH. Il n’était pas si gros. Plusieurs ne croyaient pas qu’il allait être capable de jouer dans la grande ligue. Il a finalement été le meilleur ailier gauche de tous les temps.
Son après-carrière est aussi impressionnante. Brillant gestionnaire, il a gravi les échelons jusqu’à la présidence des Kings, un poste qu’il occupe toujours.
«Mais l’enfant chéri a reçu une méchante taloche en arrière de la tête avec cette controverse», lui ai-je lancé.
Il se met à rire.
«Je suis très fier qu’on soit allé à Québec. Ça ne me dérange pas du tout d’avoir été dans cette controverse. Car cette année, c’est Ottawa qui y va. Il y aura aussi les championnats mondiaux. Ottawa voudra sûrement y retourner. Et peut-être que dans quatre ou cinq ans, on ne sait pas, le monde de la télévision va changer. Il va se passer quelque chose et boum, une équipe de la LNH débarque à Québec», expose celui qui était visiblement plus confiant que l’auteur de ces lignes, qui le regardait un peu incrédule.
Ça en prend de l’argent
Celui qu’on surnommait «Lucky Luke» comprend la grogne que la subvention a pu soulever. Mais il est clair sur une chose.
«Le monde du sport grossit chaque année.»

Et si tout le monde se plaint concernant l’argent, il n’y aura pas d’équipe ou d’événements, à son avis.
«Moi, je me cherchais un endroit pour faire les mêmes revenus que si on avait fait nos matchs présaison chez nous. Pour Québec, on a dit qu’on était prêt à venir. Mais il faut couvrir nos dépenses, comme lorsqu’on joue en Europe par exemple [...] Il fallait aussi payer les déplacements des autres équipes [Boston et Floride]. Et je me disais que ça allait permettre de montrer à tout le monde comment Québec est une ville de hockey extraordinaire.»
Luc Robitaille est revenu souvent dans la discussion sur le retour des Nordiques. Je vous le jure, il m’en parlait plus que vice-versa. Je commence à être écœuré de parler de ça. Mais il est convaincu. Pour l’argent, pour les commandites, Québec pourrait avoir une équipe, selon lui.
«Je suis grand porte-parole de la ville de Québec. Mais on peut bien dire que ça prendrait une équipe et tout, ce que ça prend, c’est un acheteur. Quelqu’un qui va dire qu’il veut acheter pour Québec et qui va payer 1,5G$, 1,7G$ ou même 2G$».
Bref, ça prend juste ça. Mais ce «juste ça» est quand même compliqué à trouver. Je peux vendre mon SodaStream pour aider. Je ne m’en sers jamais.