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Un actif extraordinaire pour la LNAH

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-05-02T22:26:43Z

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Je ne réussirai pas, parce que je suis rarement objectif lorsqu’il est question de nos Québécois qui œuvrent dans le hockey. Je le suis encore moins s’il s’agit de gars que je connais, ou mieux, que je considère comme des amis.

C’est exactement le cas de Guillaume Latendresse et Maxim Lapierre.

Les deux fiers ex-porte-couleurs du Canadien font partie du quotidien sportif au Québec. Ils sont imprégnés dans l’imaginaire collectif. Le projet «la Poche bleue», d’abord un simple podcast avec Ti-Guy à Candiac et Max en Allemagne, est rapidement devenu le projet-école par excellence en nouveaux médias sportifs au Québec.

La Poche bleue a fait la barbe à tous les blogues de hockey québécois en quelques mois à peine. Les gars ont trimé dur, ils ont travaillé fort, ils ont eu l’intelligence de s’entourer et le résultat est éloquent : leur podcast a été vendu à des intérêts ontariens qui ont versé la totale pour s’assurer de mettre à leur catalogue le meilleur podcast au Québec.

Max et Guillaume ne sont pas, contrairement à ce que l’on puisse croire, multimillionnaires.

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Max a joué 614 matchs dans la Ligue nationale entre 2005 et 2015 et il a cumulé autour de huit millions de gains bruts en salaire. Heureusement, il a prospéré en Europe par la suite durant cinq saisons, dont trois et quart à Lugano, en Suisse, où les joueurs sont traités comme des rois.

Mais encore, son plus gros contrat en a été un de 2,2 millions pour deux ans à St. Louis, son dernier arrêt dans le «show» avant Pittsburgh en 2015.

«Tender» a engrangé à peine plus que son partenaire et meilleur chum, tout en disputant presque 50% moins de matchs.

Ce que je veux expliquer, ici, c’est que souvent, on généralise. Quand on pense à «joueur de hockey de la Ligue nationale» on est convaincus qu’il a 40 millions dans son compte de banque.

Dans les faits, Latendresse et Lapierre, même économes et excellents pour gérer leurs affaires, ont tout intérêt à continuer de travailler.

Ils le font à merveille avec la Poche bleue. Bien entendu, ils sont arrivés et ils demeurent un vent de fraicheur exceptionnel ici à TVA Sports, sur ce plateau ou lors des soirées du hockey.

Et voilà qu’ils se lancent dans l’aventure du hockey semi-pro à Saint-Hyacinthe!

Un projet pour lequel ils avaient poliment décliné toute implication, avant de se laisser prendre au jeu. Le jeu du hockey, ce sport qui continue de leur couler dans les veines.

Cette passion intrinsèque dont ils sont incapables de se priver... ils ont donc cédé et dit oui. Ils investissent de leur bien gagné dans le projet et ils le font en bonne âme et conscience, après mure réflexion et avec un plan.

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Au cœur de leur plan, le message. Le message d’une avenue intéressante pour les «kids» qui ont tout donné au hockey et qui, hélas, ne reçoivent pas assez en retour, n’ont pas droit aux avions nolisés, aux grands hôtels et aux salaires enviables de la Ligue nationale.

Ils sont parmi les beaucoup plus nombreux non élus au milieu de milliers d’appelés. La plupart de ces jeunes-là continueraient de jouer s’ils en avaient la chance. Plusieurs le font, en Europe ou ailleurs dans les circuits professionnels mineurs en Amérique.

Pour Max et Guillaume, l’idée est d’ajouter à l’offre pour ces joueurs-là. Leur permettre de jouer dans un cadre sécuritaire au sein d’une organisation solide, gagner une quelques dollars tout en poursuivant leurs études ou leur travail régulier de jour en semaine.

La cause est noble et la mission qu’ils se donnent de porter le message d’une ligue nord-américaine très loin de l’époque des purs «goons» qui vendaient les tickets à eux seuls l’est tout autant.

Le bureau de direction de la ligue vient de sortir la balle du stade en ajoutant Maxim Lapierre et Guillaume Latendresse autour de la table des propriétaires. Les gars de la Poche bleue deviennent un actif extraordinaire pour assurer encore de superbes années au circuit, même si la confrérie des bagarreurs se meurt, faute de relève.

Latendresse et Lapierre ne sont pas à plaindre. Ils s’occupent de leurs affaires, ils prospèrent. C’est leur plein droit et ils le font dans le respect des règles de l’art et des individus.

Ils sont le modèle à suivre en médias alternatifs sportifs au Québec, et je suis convaincu que Saint-Hyacinthe sera sous peu le modèle à suivre dans la Ligue nord-américaine de hockey qui subitement, devient une ligue «mainstream» très attrayante!

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