La Maison-Blanche se fait démolir.
Ce n’est pas une image pour qualifier la présidence de Donald Trump.
Elle se fait littéralement démolir.
Pour cause de travaux désirés et décrétés par le président. D’abord pour ériger une nouvelle salle de bal à l’esthétique dorée, symbolique de son goût kitsch, ensuite pour y édifier une arène pour des combats d’arts martiaux sur la pelouse même de la Maison-Blanche.
Des combats de l’UFC qui auront lieu le 14 juin... le jour de sa fête.
De Rome à Washington
Imaginez-vous la scène qui vient.
Des dizaines de milliers de personnes rassemblées dans le cœur battant du pouvoir américain, dans ce lieu sacralisé, pour fêter le nouvel octogénaire et assister à des combats d’un sport où les poings règnent et le sang gicle.
Et au centre, Trump.
C’est une évidence : le président américain, plus que quiconque, sait imposer un récit imagé de lui-même. Là-dessus, et peut-être uniquement là-dessus, il sait ce qu’il fait.
Comment ne pas y voir une mise en scène directement inspirée par la principale image de notre imaginaire de l’Empire romain, dont Hollywood s’est d’ailleurs emparé, soit celle de gladiateurs au Colisée de Rome se battant sous les yeux de l’empereur ?
Et qui servait, là aussi, à divertir les foules et l’empereur.
Les images de la construction de l’arène-Colisée parlent d’elles-mêmes : elle dépasse la grosseur de la Maison-Blanche.
Le décor en dit long. Métaphoriquement parlant.
C’est le spectacle et le divertissement qui dépassent l’institution de la Maison-Blanche.
C’est le combat qui devient plus important que la démocratie.
C’est la célébration de la force brute, comme roi et maître.
Du Christ à l’empereur
Trump s’est souvent mis en scène en Christ rédempteur.
Pour sa fête, à la Maison-Blanche, ce sera plutôt en néo-empereur romain.

