Trump veut reprendre l’Amérique latine


Loïc Tassé
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Les manœuvres de l’armée américaine en Amérique latine, officiellement pour y lutter contre le trafic de drogue, ainsi que la suggestion de Donald Trump de ne plus voler au-dessus du Venezuela, montrent que les États-Unis amorcent un retour en force dans la région.
C’est que la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie pourraient menacer la domination des États-Unis en Amérique latine.
D’autre part, le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde.
Les États-Unis supplantent encore la Chine dans le commerce international régional. Les pays d’Amérique latine exportent 50% de leurs marchandises vers les États-Unis et un maigre 14% de celles-ci vers la Chine.
Les importations des pays latino-américains proviennent des États-Unis à 31% et de la Chine pour 20% d’entre-elles.
Diable dans les détails
Mais le diable se cache dans les détails.
En examinant le commerce extérieur des sept plus grandes économies de l’Amérique latine, il est facile de constater que le Mexique fait largement pencher la balance en faveur des États-Unis.
Ces derniers reçoivent 70% des exportations du Mexique et sont derrière 46% de ses importations.
Ailleurs, la situation est plus préoccupante pour les États-Unis.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Ainsi au Brésil, au Chili et au Pérou, la Chine domine nettement les États-Unis en termes d’imports-exports. Le commerce chinois domine aussi le commerce extérieur en Argentine, mais dans une moindre mesure. En Colombie, les importations chinoises sont sur le point de dépasser celles des États-Unis.
Étonnamment, jusqu’à récemment, le Venezuela dirigeait 50% de ses exportations vers les États-Unis et il importait 31% de ses biens de ceux-ci.
Le commerce international russe dans la région est marginal.
Liens militaires
Cependant, la Russie a développé des liens militaires forts avec Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Moscou tente aussi de maintenir en place des régimes amis, notamment au Honduras et au Salvador.
La coopération militaire de la Chine est plus discrète. Néanmoins, Pékin a pris le contrôle ou acquis une influence significative dans 37 ports d’Amérique latine.
La Chine a aussi tissé à travers la région un réseau d’installations d’observation spatiale qui pourrait être utilisé pour de l’espionnage. D’autre part l’armée chinoise mène des opérations militaires conjointes avec le Brésil et l’Argentine.
Idées reçues
Contrairement aux idées reçues, les États-Unis n’opèrent pas de grandes bases militaires en Amérique latine, sauf à Guantanamo.
Mais ils possèdent de petites bases dans les Antilles, au Salvador et au Honduras. Ils ont aussi implanté des radars, principalement en Colombie et au Pérou.
Les États-Unis comptent beaucoup sur la coopération avec plusieurs pays de la région. Ils organisent régulièrement des opérations militaires conjointes avec leurs armées.
La menace sino-russe dans la région est donc encore assez faible pour les États-Unis. Elle est cependant suffisamment inquiétante pour commander des actions préventives.
Seront-elles judicieuses? Malheureusement, comme le montrent les politiques de Trump, les États-Unis sont eux-mêmes leur pire ennemi.