Trump veut empêcher toute immigration issue «du tiers-monde»
AFP
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Le gouvernement américain a annoncé vendredi le gel de toute décision portant sur l’octroi de l’asile aux États-Unis, ainsi que d’autres mesures visant à durcir sa politique migratoire, conséquence directe de l’attaque à Washington deux jours plus tôt qui a tué une militaire et grièvement blessé un second.
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Le suspect, Rahmanullah Lakanwal, un ressortissant afghan de 29 ans arrivé dans le pays en 2021, va être inculpé d’assassinat et la justice fédérale compte requérir la peine de mort contre lui.
Son acte a été directement invoqué par Donald Trump et nombre de républicains pour durcir, plus encore qu’ils ne le font depuis janvier, divers aspects de la politique migratoire américaine.
Les services de l’immigration ont suspendu «toutes les décisions» portant sur l’octroi de l’asile aux États-Unis «jusqu’à ce que chaque étranger soit passé au crible le plus strictement possible», a annoncé son directeur, Joseph Edlow, dans X.
Ce gel intervient moins d’un mois après l’annonce, par le gouvernement américain, de sa volonté de réduire à quelque 7500 par an le nombre de statuts de réfugiés accordés par les États-Unis, contre quelque 100 000 sous le président démocrate Joe Biden.
Vendredi, le département d’État a également annoncé la suspension de la délivrance de visa pour toute personne qui ferait sa demande avec un passeport afghan.
«Les États-Unis n’ont pas de plus grande priorité que la protection de notre nation et de notre peuple», a écrit dans X le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio pour justifier sa décision.
«Tiers-monde»
Le mobile du suspect reste à ce stade inconnu.
Rahmanullah Lakanwal est arrivé aux États-Unis en 2021 après avoir servi aux côtés de l’armée américaine en Afghanistan, selon la CIA. Il vivait avec sa famille dans l’État de Washington (nord-ouest), avant de se rendre dans la capitale fédérale.
Là, il a mené mercredi une attaque «ciblée» contre des militaires de la Garde nationale, ouvrant le feu sur deux d’entre eux âgés d’une vingtaine d’années, avec un revolver «comme dans une embuscade», selon les autorités, avant d’être arrêté.
«Ce monstre n’aurait jamais dû être dans notre pays», a déclaré jeudi la ministre de la Justice Pam Bondi.
L’une des deux victimes, Sarah Beckstrom, 20 ans, est décédée, tandis que l’autre, Andrew Wolfe, 24 ans, se trouvait toujours dans un état critique vendredi.
Peu après l’annonce du décès de la militaire, Donald Trump a affirmé dans son réseau Truth Social qu’il empêcherait «l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde».
Jeudi, l’administration américaine avait déjà annoncé «un réexamen complet et rigoureux» des permis de résidence permanente (les cartes vertes) délivrés aux ressortissants de 19 pays «jugés préoccupants», dont l’Afghanistan, Haïti, l’Iran ou le Venezuela.
Sollicités vendredi par l’AFP pour savoir quels «pays du tiers-monde» étaient concernés par la dernière annonce de Donald Trump, les services d’immigration ont renvoyé à cette même liste de 19 pays.
«Santé mentale»
Selon des données officielles, plus de 1,6 million d’étrangers détenteurs de la carte verte (soit 12% des résidents permanents) sont originaires d’un de ces pays. L’Afghanistan en compte plus de 116 000.
Rahmanullah Lakanwal était arrivé aux États-Unis un mois après le retrait précipité des forces américaines d’Afghanistan sous la présidence du démocrate Joe Biden, en août 2021, dans le cadre d’une vaste opération d’évacuation des Afghans ayant collaboré avec les Américains contre les talibans.
Des médias américains affirmaient vendredi qu’il avait rejoint les «unités zéro» des services afghans, responsables de missions commandos contre les talibans, Al-Qaïda ou le groupe État islamique (EI).
«Ses antécédents ont été vérifiés à de multiples reprises», a souligné vendredi à CNN Shawn VanDiver, un ancien militaire américain qui dirige l’ONG AfghanEvac.
Le suspect a demandé l’asile sous l’administration Biden, mais cette demande a été approuvée par l’administration Trump, rappelle AfghanEvac.
Selon le département d’État, plus de 190 000 Afghans sont arrivés aux États-Unis depuis la prise de pouvoir des talibans.