Trump se déplace en Iowa en pleine tempête autour de sa politique anti-immigration
AFP
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Donald Trump, en perte de vitesse accélérée dans les sondages, se rend mardi en Iowa pour parler d'économie, mais son message est d'ores et déjà brouillé par la tempête politique autour de la police de l'immigration (ICE).
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Le président américain «fera une visite dans une entreprise locale et donnera un discours sur l'économie et le coût de la vie», a dit lundi sa porte-parole Karoline Leavitt pendant une conférence de presse.
Mais le sujet n'a été évoqué que brièvement et la quasi-totalité des questions ont porté sur la mort à Minneapolis (Minnesota, nord) d'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans abattu par des agents fédéraux pendant une manifestation contre ICE. Son décès a suscité une vive indignation.
L'Iowa (centre), désormais un fief conservateur, est célèbre aux États-Unis pour être l'État qui lance les primaires. Pendant la présidentielle de 2024, Donald Trump s'y est largement imposé face à la démocrate Kamala Harris.
Mais depuis cette victoire, le vent a tourné.
Les producteurs de maïs et de biocarburant de l'Iowa, deux secteurs économiques essentiels pour cet État rural, ont demandé dans une lettre ouverte à Donald Trump d'agir «immédiatement» pour relancer la demande, assurant être arrivés à un «point de rupture».
À l'échelle du pays entier, les sondages défavorables se succèdent pour le républicain de 79 ans.
Il a fait campagne sur deux grandes promesses: relancer le pouvoir d'achat et expulser en masse des immigrés clandestins.
Sur ces deux aspects, une majorité des Américains se disent désormais mécontents de son action - même si, dans le cas de l’immigration, ce sont davantage les méthodes que l'objectif affiché par le gouvernement qui sont critiquées.
«Shutdown»
Sentant le vent tourner contre ICE, la Maison-Blanche tente depuis lundi de jouer l'apaisement tout en défendant, sur le fond, sa politique d'expulsions massives.
Karoline Leavitt a qualifié le décès de l'infirmier à Minneapolis de «tragédie», une tonalité bien différente des attaques portées par l'administration Trump contre Renee Good, cette Américaine tuée par balles par un policier de l'immigration début janvier, déjà à Minneapolis.
Certains des milliers d'agents déployés par le président américain dans cette ville démocrate doivent commencer à quitter les lieux dès mardi et les spéculations vont bon train sur un limogeage de la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
Les démocrates sont désormais déterminés à empêcher le président de financer sa lutte contre l'immigration, ce qui fait courir le risque d'une nouvelle paralysie budgétaire, cela après que Donald Trump a déjà été confronté en octobre à la paralysie budgétaire la plus longue de l'histoire des États-Unis.
Les républicains voient donc approcher avec inquiétude les élections de mi-mandat de l'autonome, les «midterms», qui pourraient coûter au président le contrôle du Congrès.
Ce qui sera crucial pendant ce scrutin, traditionnellement difficile pour le parti qui contrôle la Maison-Blanche, «c'est la motivation» des électeurs, explique à l'AFP Lonna Atkeson, politologue à la Florida State University.
«Les républicains ne seront pas très motivés pour sortir de chez eux et soutenir des candidats républicains (...). Mais les démocrates sont motivés à l'idée de montrer leur colère», explique-t-elle.