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Trump savait que les insurgés du Capitole étaient armés

Cassidy Hutchinson témoignait mardi devant la commission d'enquête contre l'attaque du Capitole.
Cassidy Hutchinson témoignait mardi devant la commission d'enquête contre l'attaque du Capitole. Photo AFP
Photo portrait de Pierre Martin

Pierre Martin

2022-06-30T09:00:00Z

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Un témoignage surprise à la commission sur l’affaire du 6 janvier 2021 expose clairement Trump et son entourage à des accusations criminelles.

Dix-huit mois après l’assaut sur le Capitole, c’est la parole d’une jeune femme de 26 ans qui pourrait faire pencher la balance vers des accusations criminelles contre Trump.

On croyait tout savoir sur ces événements, mais ce témoignage est venu en rajouter plusieurs couches, y compris une couche de ketchup sur un mur de la Maison-Blanche où Trump, hors de contrôle, avait lancé son repas.

Trump voulait mener l’assaut

On savait déjà que Trump avait un tempérament colérique qui aurait dû le disqualifier de la présidence dès le départ et qui en a incité plusieurs à songer au 25e amendement pour le neutraliser dans ses dernières semaines. Ce dernier témoignage ajoute des éléments de preuve qui démontrent que l’ex-président savait qu’il y avait des manifestants armés parmi la foule qu’il a encouragée à prendre d’assaut le Capitole et qu’il tenait à mener lui-même la charge.

La défense de Trump reposait sur la thèse d’une manifestation spontanée d’honnêtes citoyens où se seraient glissés quelques partisans échaudés et des « antifas » déguisés en trumpistes. Le témoignage de Cassidy Hutchinson vient anéantir ce scénario. L’assaut du Capitole était l’aboutissement d’un complot séditieux dont il est devenu pratiquement impossible de prétendre que Trump n’était pas un acteur central.

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D’autres révélations-chocs

Cassidy Hutchinson était l’assistante du chef de cabinet Mark Meadows et elle était tout près de Trump à plusieurs moments clés. Son témoignage assermenté pèsera beaucoup plus lourd que les déclarations contraires de ceux qui refusent de témoigner sous serment.

Par exemple, elle affirme avoir entendu de la bouche de Meadows et de Rudy Giuliani qu’ils ont demandé d’être graciés par le président, ce qui en droit constitue une forte présomption de « conscience de culpabilité ».

On a aussi appris mardi que plusieurs personnes entendues par la commission ont subi des pressions par des responsables républicains qui cherchaient à les faire taire. L’intimidation de témoins est un crime.

Les réactions de Trump indiquent qu’il semble désemparé et qu’il ne pourra pas s’empêcher de continuer à creuser son propre trou dans les prochains mois.

Et alors ?

Normalement, un tel déluge de révélations incriminantes devrait avoir des conséquences électorales catastrophiques pour les républicains, mais ceux-ci continuent à voguer allègrement vers une reprise du contrôle du Congrès en novembre, en surfant sur la vague d’une inflation galopante.

Le coup de barre radical de la Cour suprême contre le droit à l’avortement devrait leur faire perdre quelques points, mais l’impact d’éventuelles poursuites criminelles contre Trump et son entourage reste difficile à évaluer.

Les élus républicains doivent désormais manœuvrer délicatement entre deux pièges. S’ils demeurent solidaires d’un Trump embourbé dans ses crimes, ils risquent de perdre des appuis au centre, mais s’ils admettent l’évidence de la criminalité de l’ex-président, ils s’aliéneront les partisans enfermés dans le culte de Trump.

Il ne faudra pas s’étonner si les démocrates cherchent à garder la commission du 6 janvier au-devant de la scène... et si les républicains prient tout bas pour que le prix de l’essence continue à grimper.

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