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Trump refuse d’envisager une défaite

Il multiplie les accusations de fraude sans fondement et les recours judiciaires

Se contentant de quelques tweets, Donald Trump s’est fait plus discret vendredi que lors de son discours enflammé la veille, à la Maison-Blanche.
Se contentant de quelques tweets, Donald Trump s’est fait plus discret vendredi que lors de son discours enflammé la veille, à la Maison-Blanche. Photo AFP

AFP, Le Journal

2020-11-06T18:10:57Z
2020-11-07T04:51:06Z

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De plus en plus isolé au sein de son parti, Donald Trump martelait toujours vendredi que la bataille pour la présidence n’était « pas finie » dans une tentative désespérée de s’accrocher au pouvoir alors que sa défaite semble presque inévitable.

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« Joe Biden ne devrait pas revendiquer la présidence de manière illégitime. Moi aussi, je pourrais la revendiquer. Les recours en justice ne font que commencer », a menacé le président sortant dans un tweet publié vendredi en soirée.

L’écart n’a cessé de se creuser à l’avantage de son adversaire tout au long d’une journée où les résultats ont été dévoilés au compte-gouttes.

« Cette élection n’est pas finie. Les projections erronées proclamant la victoire de Joe Biden sont basées sur des résultats loin d’être définitifs dans quatre États », pouvait-on lire dans un communiqué manifestement optimiste publié par l’équipe du président sortant en mi-journée.

À l’heure de mettre sous presse, Joe Biden le devançait dans tous les États-clés qui lui permettraient de devenir le 46e président américain alors qu’il ne restait qu’une fraction des bulletins de vote à dépouiller.

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L’entourage du candidat démocrate se préparait même à devoir expulser le président sortant dans l’éventualité où il refuserait de reconnaître sa défaite.

Des accusations à la tonne

Depuis mardi, Donald Trump n’a cessé de reprocher aux démocrates de lui « voler » l’élection et a crié à la fraude électorale à large échelle, sans pour autant fournir de preuves.  

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Ses avocats ont lancé de multiples actions judiciaires, que les démocrates estiment sans fondement, mais qui pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’officialisation des résultats.

Le malaise concernant ces accusations infondées était d’ailleurs palpable vendredi au sein même du clan républicain, alors que plusieurs élus ont dénoncé une « dangereuse » stratégie de désinformation.

Le discours accusateur de Trump a notamment profondément dérangé le sénateur de la Pennsylvanie, Pat Toomey. « Il a formulé des allégations très, très graves, sans aucune preuve », a-t-il reconnu en ondes à CBS.

Romney s’en mêle

« Le président est dans son droit quand il demande un recomptage » des votes et « quand il appelle à une enquête sur des irrégularités présumées là où il y a des preuves », mais « il a tort de dire que l’élection a été truquée, corrompue et volée », a tweeté Mitt Romney. Le sénateur républicain de l’Utah avait concédé la victoire à Barack Obama en 2012 sans en faire tout un spectacle.

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Dans un élan de solidarité, les plus proches collaborateurs du président ont toutefois soutenu ses dires sans hésiter.

« Je peux vous dire que le président est en colère et je suis en colère, et les électeurs devraient être en colère », a déclaré le sénateur du Texas Ted Cruz à l’antenne de Fox News, chaîne d’information sympathique à l’administration Trump.

Ses deux fils, Eric et Donald Jr., ont aussi allègrement propagé de fausses informations sur la prétendue falsification de votes sur Twitter.

Une petite gêne

Toutefois, la plupart des élus républicains ont gardé une certaine réserve pour ne pas risquer de s’aliéner celui qui sera président au moins jusqu’au 20 janvier prochain, et qui pourrait garder sur le mouvement conservateur une influence considérable même en cas de défaite.

Le leader du Sénat Mitch McConnell s’en est sorti en rappelant une évidence : « Chaque suffrage légal doit être compté. Tout bulletin soumis illégalement ne doit pas l’être. [...] Et les tribunaux sont là pour appliquer la loi et résoudre les différends ».

- Avec Nora T. Lamontagne

La course vers 270 grands électeurs  

Résultats à 23h (vendredi)

Biden : 253

Trump : 213

Pennsylvanie

(20 grands électeurs)

Le vote était très serré vendredi soir dans cet État qui pourrait être déterminant dans la course à la présidence tandis que Biden devançait tout juste Trump avec environ 28 833 voix de plus (49,6 % contre 49,2 % pour le républicain). Avec 96 % des bulletins comptabilisés et 95 000 encore à faire, ce sont les votes reçus par courrier qui ont fait tourner le vent vendredi.

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Géorgie 

(16 grands électeurs)

Comme en Pennsylvanie, l’avance de Donald Trump a fondu entre jeudi et vendredi dans cet État du sud-est, lors du dépouillement des votes postaux.

Avec seulement 4 395 voix de plus que son rival et un recomptage en vue, le démocrate se trouvait vendredi soir en tête dans cet État avec 25 000 bulletins à cumuler. Depuis 1992, la Géorgie a toujours voté républicain.

Nevada 

(6 grands électeurs)

Avec 49,8 % des suffrages, contre 48 % pour Donald Trump, Joe Biden pointait en tête vendredi soir dans cet État désertique de l’ouest, ce qui représente un écart de plus de 22 657 bulletins de vote.

Vendredi soir, 93 % des votes avaient été comptabilisés et 130 000 restaient toujours à compter dans cet État.

Arizona 

(11 grands électeurs)

Bien qu’il ait perdu une certaine avance lors du dépouillement des bulletins reçus par la poste, Joe Biden menait toujours en Arizona vendredi soir avec un écart de 29 861 voix, selon un décompte partiel de 97 % des bulletins.

Si certains médias ont jugé mardi soir que le démocrate l’avait emporté, estimant impossible que Trump rattrape son retard, d’autres préfèrent attendre pour attribuer la victoire dans cet État traditionnellement républicain qui a toujours 137 000 bulletins à  compter. 

Vendredi, il restait deux autres États dont l’issue n’était pas encore scellée. Les républicains sont toutefois en tête avec une avance significative en Caroline du Nord et en Alaska. À eux seuls, ces États ne permettent pas à Trump de conserver la présidence.

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