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«Plus qu'une rencontre»: Trump reçoit en grande pompe le prince héritier saoudien

AFP

2025-11-18T11:55:44Z

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Donald Trump reçoit mardi en grande pompe le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qu'il espère convaincre de normaliser les relations avec Israël, pour sa première visite à Washington depuis l'assassinat retentissant en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi. 

• À lire aussi: La veuve de Khashoggi trouve «très douloureuse» la rencontre entre Trump et le prince héritier saoudien

Loin de la froideur de son prédécesseur Joe Biden qui promettait de traiter le prince en « paria », Donald Trump affiche avec lui une franche complicité et lui offre un spectaculaire retour en grâce.

Outre la signature d'un accord-cadre sur le nucléaire civil, Donald Trump a promis d'accéder à sa très sensible demande d'avions de combat. « Nous vendrons des F-35 » à Ryad, a déclaré lundi le président américain.

Mohammed ben Salmane (« MBS ») gouverne de facto le royaume, même si son père, le roi Salmane, reste le souverain en titre. La Maison-Blanche prévoit pour autant un accueil digne d'un chef d'État, avec coups de canon et dîner de gala.

« Honneur »

C'est « plus qu'une rencontre », a insisté Donald Trump, souhaitant « faire honneur » à cet allié incontournable dans la région.

En octobre 2018, les liens bilatéraux étaient en lambeaux après la mort de Jamal Khashoggi. Ce journaliste résidant aux États-Unis, critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, avait été assassiné dans le consulat saoudien à Istanbul par des agents venus d'Arabie saoudite.

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Son corps, démembré, n'a jamais été retrouvé. Directement mis en cause par les services américains, MBS n'a jamais été visé par les sanctions de Washington.

La veuve du journaliste a jugé la rencontre de mardi « très douloureuse ». Dans une interview à CNN, Hanan Elatr Khashoggi a indiqué avoir demandé à Donald Trump qu'il l'aide à obtenir un règlement financier avec Ryad dans ce dossier. « Pour le moment, je n'ai pas reçu de réponse ».

De fait, la raison d'État a relégué le dossier à l'arrière-plan. En mai déjà, MBS avait reçu le chef d'État américain avec faste, promettant des investissements de 600 milliards de dollars aux États-Unis.

Mais il n'a pas accédé jusqu'ici à la priorité absolue de Donald Trump: signer les accords d'Abraham, par lequel des pays arabes ont reconnu Israël pendant son premier mandat.

Le président américain répète que le royaume est proche de s'y joindre. Mais la guerre dans la bande de Gaza rend la perspective incertaine.

Ryad exige d'abord des progrès vers la création d'un État palestinien, dont Israël ne veut pas. Lundi, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté une résolution mentionnant « un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d'État ».

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Garanties de défense

Mohammed ben Salmane vient pour sa part chercher des garanties américaines de défense, encouragé par l'exemple du Qatar : Doha, après avoir subi des frappes israéliennes, a obtenu un engagement américain à le protéger en cas de nouvelle attaque.

Outre les F-35, dont seul Israël dispose au Moyen-Orient, le royaume veut se procurer des puces américaines sophistiquées et dont l'exportation est sévèrement encadrée. Très dépendant du pétrole, il en a besoin pour développer ses projets d'intelligence artificielle dans le cadre d'un ambitieux programme de transformation économique.

Pour les chasseurs comme pour les puces, Washington devrait réclamer que la Chine, dont les Saoudiens sont proches, ne mette pas la main sur ces technologies sensibles.

Les deux hommes devraient par ailleurs partager la volonté de créer un environnement régional propice aux affaires.

L'Arabie saoudite s'emploie à calmer les tensions avec l'Iran. Le président a de son côté récemment affirmé que Téhéran entendait dialoguer sur une levée des sanctions américaines.

Le prince saoudien a déjà joué un rôle clé dans la décision de Donald Trump de suspendre les sanctions contre la Syrie, et dans le rapprochement historique avec son nouveau dirigeant, l'ex-jihadiste Ahmad al-Chareh.

Enfin, les relations bilatérales se doublent de contacts familiaux. Le gendre du président, Jared Kushner, médiateur aussi actif qu'informel au Moyen-Orient, a des liens avec Ryad via sa société d'investissement.

Et le promoteur saoudien Dar Global vient d'annoncer un nouveau partenariat avec la Trump Organization, gérée par les fils du président.

Voix isolée dans un concert de louanges réciproques, Mme Kashoggi a émis l'espoir que les États-Unis respectent leurs « valeurs » au moment de développer « les liens économiques » avec Ryad et de lui « vendre des armes ».

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