Trump ne peut se passer du sirop d’érable du Québec


Louis Deschênes
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Contrairement à ce qu’il claironne sur plusieurs produits canadiens, Donald Trump ne pourra pas se passer du sirop d’érable du Québec, soutient le Conseil de l’industrie de l’érable (CIE).
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Selon les données obtenues par Le Journal, les Américains consomment de 150 à 160 millions de livres de sirop d’érable par année et ils en produisent seulement entre 40 et 50 millions.
«Ils ont besoin des 100 millions de livres qui proviennent du Québec et du Canada pour rencontrer la demande [...]. Les Américains ne peuvent tripler leur volume de production», affirme Louis Turenne, vice-président et directeur général d’une des plus grosses entreprises d’exportation de sirop d’érable au Québec, The Maple Treat Corporation.
Présentement, le Québec produit 165 millions de livres de sirop par année et en expédie 90 millions vers les voisins du Sud.
Pas plus tard que jeudi, lors d’un rassemblement, Donald Trump affirmait: «Nous n’avons besoin de rien de ce qu’ils ont», faisant référence au bois d’œuvre et au pétrole en provenance du Canada.

Menaces sérieuses
M. Turenne, qui est également le président du CIE, ne prend pas pour autant les menaces du président américain à la légère, puisque 62% des exportations des entreprises québécoises prennent la route des États-Unis.
Les conséquences pourraient donc être néfastes pour la filière acéricole québécoise, qui génère un milliard de dollars.
Même si les marchés européens et asiatiques se sont beaucoup développés depuis une quinzaine d’années, reste que ce n’est rien de comparable avec le marché américain, puisque le Québec envoie 7% de son sirop en Allemagne, 5% en France et au Royaume-Uni ainsi que 4% au Japon.
«L’industrie du sirop d’érable est principalement axée vers l’exportation. Sur 165 millions de livres produits au Québec, 80% sont exportés», souligne-t-il.
Hausse des coûts
Louis Turenne explique que l’implantation d’une taxe de 25% ferait assurément augmenter le coût des produits de l’érable pour les consommateurs américains.
«L’industrie ne peut absorber 25% de tarifs, c’est impossible, déclare-t-il. Si les prix montent, le volume [de ventes] baisse. C’est une règle économique de base, donc il va avoir un impact sur les volumes exportés.»
Selon une étude commandée par le CIE, une augmentation de 10% du prix sur les produits de l’érable génère une baisse de volume de ventes de 11%.
«Pour 25%, on peut s’attendre à avoir une baisse significative de volume, donc un impact sur les 10 000 emplois», conclut M. Turenne.
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