Trump, le pape et Jésus: «Un avertissement sérieux de sa base religieuse», selon un spécialiste
Agence QMI
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En attaquant le pape Léon XIV et en diffusant une image de lui dans la peau de Jésus, le président américain Donald Trump a suscité des tensions au sein de sa base électorale chrétienne.
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La semaine dernière, le pape Léon XIV a réaffirmé la position traditionnelle de l’Église catholique en appelant à la paix dans les conflits à travers le monde. Pour Sébastien Doane, professeur en étude biblique à l’Université Laval, même si le message du pape s’adressait à « tout le monde », ses paroles ont un effet politique en raison de son influence sur plus d’un milliard de fidèles.
« Le pape est un office public et quand il tweete quelque chose, il y a un effet politique de sa parole. Je pense qu’il en est bien conscient », a -t-il dit à QUB radio et télé, diffusé simultanément sur les ondes du 99,5 FM Montréal, mardi.
Rappelons que le président américain a accusé le pape d’être « faible » sur les guerres et l’immigration, allant jusqu’à suggérer que son élection visait à s’opposer à lui.
Dans la foulée, il a publié une image générée par intelligence artificielle le représentant en Jésus, provoquant un tollé chez les croyants.
« C’est particulièrement choquant chez les protestants, alors que chez les catholiques, ça l’est un peu moins peut-être », estime M. Doane, rappelant que Donald Trump a ensuite affirmé qu’il n’était pas en Jésus, mais en médecin.
« Il préfère [nous dire] qu’il semble un peu imbécile ou ne pas trop comprendre le monde religieux et médical que de garder cette image-là, puis dire oui : ‘’J’ai essayé de me représenter comme Jésus’’. C’est dire à quel point c’est important pour lui il a compris que ça a choqué sa base. »
Le professeur rappelle que lorsqu’il a été élu la première fois, certains de ses partisans l’avaient comparé à Cyrus dans le livre d’Isaiah : « Cyrus, un roi perse étranger, mais qui a permis au peuple de Jérusalem de revenir et rebâtir son temple. Donc, roi étranger qui ne vit pas nos valeurs, mais qui est un messie quand même ».
Pour M. Doane, la controverse va sans doute s’estomper, mais elle révèle une fracture avec une bonne partie de son électorat.
« On va éventuellement penser à d’autres choses [...] mais je crois que quand même, il y a un avertissement sérieux de sa base religieuse. Il y a une ligne qui l’a franchie qu’il ne doit plus franchir. Donc peut-être un péché avoué à moitié pardonné. [...] S’ils perdent les chrétiens évangéliques, ça serait impossible de gagner au mi-mandat. »
Écoutez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus.