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Trump et la paix qu’on n’attendait plus

Photo AFP
Photo portrait de Yasmine Abdelfadel

Yasmine Abdelfadel

2025-10-09T15:30:00Z

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On peut détester Donald Trump, mépriser sa grossièreté, rire de son narcissisme, critiquer son populisme. Mais il faut aussi avoir l’honnêteté de reconnaître une vérité dérangeante: c’est lui et personne d’autre qui a forcé la main à Israël pour envisager enfin une paix durable au Proche-Orient. Il a réussi là où des générations de présidents, de diplomates et de prix Nobel ont échoué: imposer le réalisme dans une région où l’idéalisme a toujours coûté du sang.

Pendant que les chancelleries s’enlisaient dans des communiqués tièdes, Trump, lui, a utilisé l’arme la plus redoutable du XXIe siècle: la pression. Une pression sans détour, brutale, mais efficace. Sur Benjamin Nétanyahou d’abord, à qui il a fait comprendre que la survie politique ne valait rien si elle se faisait sur des ruines et des cercueils. Sur les dirigeants du Hamas ensuite, en leur signifiant que le monde arabe n’était plus prêt à les défendre. C’est sous cette double contrainte que le cessez-le-feu d’octobre 2025 est né.

Ce n’est pas une victoire de style; c’est une victoire de substance. Et elle pourrait marquer un tournant historique.

Larmes et colère

J’ai une pensée profonde et sincère pour les otages et leurs familles qui ont vécu deux années d’angoisse et de désespoir depuis ce terrible 7 octobre. Une pensée pour ceux dont la vie s’est arrêtée brutalement et pour ceux qui attendent encore un retour qui ne viendra pas. Leur douleur transcende les camps; elle nous rappelle ce que l’humanité a de plus fragile.

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Mais j’ai aussi une pensée pour les civils de Gaza: pour les enfants qui ont vu mourir leurs parents, pour les parents qui ont dû ramasser les restes de leurs enfants, victimes des représailles aveugles d’une armée persuadée de se défendre alors qu’elle semait la mort. Ces visages mutilés de la guerre ne sont pas des statistiques; ce sont des drames humains que l’Histoire oublie trop vite.

Ce cessez-le-feu ne ressuscitera personne. Mais il sauvera peut-être ceux qui, sans cela, en auraient été les prochaines victimes. Et cela, en soi, vaut déjà d’être salué.

Les ennemis de la paix

Ne nous faisons pas d’illusions: des ennemis de la paix, il y en aura toujours. Des milices financées par l’Iran qui refuseront tout compromis tant qu’Israël existera. Des factions israéliennes qui rêvent encore d’annexer Jérusalem-Est, Gaza et la Cisjordanie jusqu’à la mer. Des extrémistes des deux bords qui préfèrent l’éternité des martyrs à la banalité du dialogue.

Mais les peuples, eux, sont fatigués. Fatigués de pleurer, d’enterrer, de se venger. Fatigués de voir leurs enfants mourir au nom d’un Dieu qui, depuis longtemps, s’est détourné de leurs canons.

Et maintenant?

Si cette paix fragile doit s’imposer, ce ne sera pas grâce à des tables rondes, mais parce qu’un homme honni, controversé, moqué aura imposé une vérité simple: la guerre ne mène plus nulle part.

Israël a le droit d’exister dans la sécurité et la sérénité, il faut le dire et le redire et ne jamais l’oublier. Les Palestiniens ont le droit de vivre dans la dignité et l’espoir réel d’un État libre. Reconnaître ces deux vérités à la fois, c’est admettre que la paix ne naîtra ni d’une morale à sens unique ni d’une vengeance permanente et cyclique, mais d’un rapport de forces transformé en pacte de survie.

Donald Trump n’est pas un saint. Il ne le sera jamais. Mais il se pourrait qu’il soit, malgré lui, l’homme par qui la paix s’est invitée, là où nul n’osait plus y croire.

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