Tous les résultats
Publicité

Trump en Jésus: une sortie qui pourrait lui coûter cher politiquement

Photo portrait de Mina Collin

Mina Collin

2026-04-13T23:57:31Z

Partager

Après s’en être pris au pape Léon XIV dans des publications sur ses réseaux sociaux dimanche, Donald Trump a poursuivi sur sa lancée en diffusant une image de lui incarnant Jésus. La photo, générée par intelligence artificielle, a été retirée lundi matin, mais elle avait déjà provoqué un tollé. Selon des experts, il aurait ainsi heurté une partie importante de sa base électorale.

• À lire aussi : Trump dit qu’il ne s’excusera pas auprès du pape, qu’il qualifie de « très faible »

• À lire aussi : Donald Trump publie puis retire une image IA dans laquelle il incarne Jésus

• À lire aussi : Donald Trump s’en prend au pape : « C’est vraiment spécial de voir ça », dit Antoine Robitaille

Face à la controverse, Donald Trump a tenté de se justifier, lundi, affirmant qu’il croyait que l’image le représentait comme un « docteur ». Le spécialiste en politique américaine Luc Laliberté dit toutefois douter de cette explication. Selon lui, il ne s’agit pas d’un cas isolé, rappelant que Trump s’est déjà associé à une figure « sainte » par le passé.

Image générée par intelligence artificielle tirée de Truth Social | @realdonaldtrump
Image générée par intelligence artificielle tirée de Truth Social | @realdonaldtrump

Publicité

« Il n’y a pas longtemps, on a retiré une vidéo de la Maison-Blanche où sa guide spirituelle le comparait elle-même à Jésus », a souligné M. Laliberté en entrevue au micro de Richard Martineau, à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, lundi.

L’analyste estime que Donald Trump adopte ici une stratégie risquée vis-à-vis de son électorat.

« Stratégiquement, je ne vois pas où il gagne, a-t-il déclaré. En confrontant le pape, puis en personnifiant le Christ, quel catholique peut être derrière ça ? Et chez les chrétiens, le groupe le plus important démographiquement en nombre, ce sont les catholiques », a-t-il ajouté.

Des évangéliques outrés

Le directeur du Département d’études théologiques à l’Université Concordia et auteur du livre « Ces évangéliques derrière Trump », André Gagné, estime pour sa part que le président américain a dû se « démener un peu » pour défendre sa publication.

Publicité

« Cette image a plutôt heurté les évangéliques que les catholiques. Et c’est les évangéliques qui ont vraiment vraiment été outrés, les évangéliques même qui l’ont appuyé depuis le début, qui ont dit tout simplement que ça, c’était blasphématoire, que le président devrait retirer cette publication », a-t-il expliqué aux ondes de LCN.

M. Gagné rappelle que Donald Trump bénéficie d’un appui important au sein d’un électorat religieux composé à la fois d’évangéliques blancs et de catholiques.

AFP
AFP

« Ils ont été quand même à 59 % de catholiques blancs qui ont voté pour Trump aux dernières élections en 2024. [...] Lorsqu’on regarde le paysage religieux aux États sur une population de 350 millions, il y a environ 250 millions de personnes qui se réclament de la religion chrétienne et dont environ 70 millions qui sont catholiques », a-t-il fait valoir.

Dans ce contexte, s’aliéner à la fois des évangéliques et des catholiques pourrait nuire politiquement à Donald Trump, estime André Gagné.

« C’est certain qu’il s’est mis un peu les pieds dans les plats », a résumé M. Gagné.

Pour voir les entrevues intégrales, cliquez sur les vidéos ci-haut.

Publicité
Publicité