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Trump en difficulté sur l'immigration, axe majeur de sa campagne

AFP

2026-01-27T13:43:32Z

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Après la mort depuis début janvier de deux Américains sous les balles d'agents fédéraux responsables d'appliquer sa politique d'expulsions, Donald Trump se retrouve en difficulté sur l'immigration, un thème qui lui a toujours été favorable politiquement.

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À quelques mois des élections législatives de mi-mandat, lors desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès, certains républicains osent même de prudentes critiques.

Sans s'en prendre directement au président, John Curtis, sénateur de l'Utah, a qualifié de «prématurée» la réponse de la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, après la mort d'Alex Pretti samedi à Minneapolis.

La ministre s'est hâtée de défendre les agents fédéraux qui ont tiré sur cet infirmier de 37 ans pendant une manifestation, sans attendre une quelconque enquête.

Le très conservateur gouverneur du Texas, Greg Abbott, a lui demandé à la Maison-Blanche de «recalibrer» l'action de la police fédérale de l'immigration (ICE) de manière à ce qu'elle soit à nouveau «respectée».

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Plus véhément, le podcasteur conservateur Joe Rogan avait lui comparé ICE à la Gestapo peu après la mort le 7 janvier de Renee Good, une autre citoyenne américaine tuée à Minneapolis, dans sa voiture, par un policier de l'immigration.

La Maison-Blanche avait réagi à ce premier décès en défendant le tireur avec énergie et en attaquant la victime avec virulence.

- «Tragédie» -

L'émotion suscitée par la mort d'Alex Pretti a conduit l'exécutif américain à changer un peu de ton, si ce n'est de politique. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a parlé lundi d'une «tragédie».

«L'idée d'une politique d'immigration plus dure est populaire, mais il y a un réel rejet sur les méthodes employées, la brutalité, la violence», commente auprès de l'AFP Garret Martin, professeur de relations internationales à l'American University.

«C'est un problème pour le président parce que cela signifie que le débat tourne autour d'ICE et la manière dont ICE agit», poursuit l'expert.

Les tentatives de Donald Trump pour réorienter la discussion en sa faveur ont jusqu'ici échoué, ainsi quand il est venu devant la presse le 20 janvier exhiber des photographies de criminels étrangers arrêtés et expulsés.

Mais ces clichés n'ont pas l'impact des vidéos ou photos venues presque quotidiennement de Minneapolis, où des milliers de policiers de l'immigration masqués et lourdement armés sont déployés, dans une opération d'une ampleur inédite menée contre l'avis des autorités locales démocrates.

Il y a quelques jours, c'est par exemple une photo de Liam Ramos, petit garçon de 5 ans coiffé d'un gros bonnet aux oreilles de lapin, qui a fait le tour des réseaux sociaux.

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Les opposants à Donald Trump ont martelé que l'arrestation du garçonnet par ICE contredisait l'objectif affiché de n'expulser que «les pires des pires» criminels.

- Sondages -

Depuis plusieurs mois déjà, les Américains font part d'un mécontentement croissant face au coût toujours élevé de la vie, jugeant que les grandes promesses de campagne de Donald Trump sur le pouvoir d'achat n'ont pas été tenues.

C'est donc désormais sur l'immigration, un autre axe majeur de sa campagne, développé en employant une rhétorique violente voire ouvertement raciste, que le président républicain perd du terrain.

Dans une enquête de l'institut Quinnipiac, menée avant la mort d'Alex Pretti samedi, 57% des électeurs condamnent les méthodes d'ICE - 94% des électeurs démocrates et 64% des indépendants, tandis que les républicains les soutiennent au contraire à 84%.

Dans un autre sondage Economist/YouGov, lui aussi conduit avant que cet infirmier ne soit tué, la proportion de personnes interrogées favorables à la suppression d'ICE (46%) dépassait pour la première fois le pourcentage de celles s'y opposant (43%).

Une enquête d'opinion de l'institut Siena pour le New York Times montre elle que 61% des électeurs estiment que les méthodes d'ICE vont «trop loin», avec là aussi de très profondes divergences selon les affiliations partisanes, 94% des démocrates exprimant cette opinion et 71% des indépendants, mais seulement 19% des républicains.

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