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Trump brandit la doctrine «Donroe» pour justifier la capture de Maduro

AFP

2026-01-04T13:27:25Z
2026-01-04T13:29:23Z

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Le président Donald Trump a justifié samedi l’opération de capture de son homologue vénézuélien Nicolás Maduro par la nécessité de restaurer la suprématie incontestée des États-Unis sur l’ensemble des Amériques, un signal qui pourrait inspirer la Chine et la Russie.

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Il a présenté cette opération nocturne à Caracas, la capitale du Venezuela, comme une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, il y a plus d’un siècle, considérant que l’Amérique latine est la chasse gardée des États-Unis.

«On l’appelle maintenant le document “Donroe”», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse, accolant son prénom au patronyme de son lointain prédécesseur, James Monroe. «La doctrine Monroe est très importante, mais nous l’avons dépassée de très loin», s’est targué Donald Trump.

«Dans le cadre de notre nouvelle stratégie de sécurité nationale, la domination américaine dans l’hémisphère occidental ne sera plus jamais remise en question», a-t-il dit.

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Il faisait référence au document publié il y a près d’un mois par l’administration Trump redéfinissant la «Stratégie de sécurité nationale» des États-Unis dans un sens ouvertement nationaliste.

Au sujet de l’Amérique latine, elle affirme notamment que les États-Unis doivent chercher à accéder aux ressources et aux emplacements stratégiques et veiller à ce que les gouvernements de la région soient «suffisamment stables et bien gouvernés pour prévenir et décourager les migrations massives vers les États-Unis».

Les États-Unis «refuseront aux concurrents non hémisphériques la possibilité de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes, ou de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques» dans la région, selon le document, en allusion à la Chine, principal acheteur du pétrole vénézuélien.

Mais cette posture agressive pourrait encourager des rivaux des États-Unis, Chine et Russie en tête, à adopter une attitude similaire dans leur zone d’influence, en particulier vis-à-vis respectivement de Taïwan et de l’Ukraine.

À peine quelques jours avant l’opération visant Nicolás Maduro, initialement programmée pour la toute fin de l’année 2025, la Chine, qui revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire, a conduit autour de l’île des simulations de blocus et d’attaques contre des cibles maritimes.

«Dangereux précédent»

L’opération au Venezuela pourrait également servir d’avertissement aux alliés des États-Unis inquiets des menaces de Donald Trump, qui veut accaparer des ressources stratégiques, à commencer par sa volonté déclarée d’annexer le Groenland, territoire autonome danois.

Jennifer Kavanagh, directrice de l’analyse militaire Defense Priorities, un groupe de réflexion qui prône une politique internationale américaine moins interventionniste, longtemps sceptique sur la réalité des intentions de Donald Trump quant au Groenland, dit maintenant s’interroger.

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«Il ne serait pas très difficile pour les États-Unis d’envoyer quelques centaines ou quelques milliers de militaires au Groenland et je ne vois pas bien qui pourrait s’y opposer», dit-elle.

L’opération au Venezuela «soulève la question [...]: si les États-Unis peuvent proclamer qu’un dirigeant est illégitime, le destituer et gouverner le pays, pourquoi d’autres ne pourraient-ils pas en faire autant?» explique Jennifer Kavanagh.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est ainsi inquiété du «dangereux précédent» que constitue l’intervention américaine.

D’autant plus que sous Donald Trump, Washington semble être revenu sur sa politique de fermeté envers Pékin et Moscou.

La nouvelle stratégie de sécurité nationale prône un recentrage des États-Unis sur leur environnement proche tout en restant sobre au sujet de la Chine et de la Russie, amenant certains de ses détracteurs à en déduire que Donald Trump leur reconnaît une suprématie dans leurs sphères d’influence.

A minima, cette opération annonce une ligne américaine plus dure en Amérique latine, estime Alexander Gray, chercheur à l’Atlantic Council qui a siégé au Conseil de sécurité nationale sous le premier mandat du président républicain.

Selon lui, «il est très clair qu’il n’y aura plus aucune tolérance pour le type même de faible influence de la Chine, de la Russie ou de l’Iran que nous avons connue lors des deux dernières décennies».

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